Côte d'Ivoire

Dans la Côte d'Ivoire de l'après-crise politique, l'UNICEF permet d'assurer une aide psychosociale aux écoliers

Par Edward Bally

ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 18 Mai 2011 – L'actuelle crise politique en Côte d'Ivoire a eu d’énormes conséquences sur les adolescents et les enfants du pays. Depuis le début de la crise, en novembre dernier, plus de 300 000 Ivoiriens ont fui leurs foyers. 

VIDÉO : 18 mai 2011 - Le reportage du correspondant de l'UNICEF Patrice Brizard sur l'aide psychosociale apportée avec l'appui de l'UNICEF aux écoliers qui regagnent la Côte d'Ivoire de l'après-crise.  Regarder dans RealPlayer

 

Environ 60 pour cent d'entre eux sont des femmes et des enfants. Les habitations ont été incendiées et, pendant plusieurs mois, plus de 800 000 enfants ont été incapables d'aller à l'école. Bien que la crise se soit apaisée, beaucoup sont encore porteurs de blessures psychologiques et de traumatismes.

Après avoir été fermée pendant quatre mois, l'école de Bloleu, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, a finalement rouvert et pas seulement pour les enfants du secteur. Aux côtés des autres élèves, 22 enfants déplacés dans la région y vont en cours pour échapper aux violences actuelles dans leurs villages. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2011-0551/Asselin
Edes Poe Jr, 13 ans, habite dans une tente de la Mission catholique dans la localité de Duékoué, à l'ouest du pays. Edes et sa famille se sont enfuis après que son père eut été tué lors des violences post-électorales.

Ashkenaze Gouli Ouaigue, 12 ans, est l'un de ces nouveaux élèves. Il vient de Duékoué, une localité située à 20 kilomètres de là. Il a été obligé de quitter sa maison après une agression contre sa famille. « Les gens étaient en train de se faire tuer. Mon père et ma mère m'ont dit que je devais m'enfuir, » se souvient-il. « Mon père est médecin, il a tout juste eu le temps de prendre ses papiers d'identité et nous sommes partis. J'ai laissé dans ma chambre tout ce qui m'appartenait ».

Enfants dans la crise

Après s'être enfuie, la famille a dû marcher dans la forêt et dans la brousse pendant deux jours avant d'atteindre finalement un secteur suffisamment sûr pour poursuivre son périple en autobus.

Ashkenaze ne sait pas du tout quand il pourra retourner à Duékoué ou ce qu'il y trouvera lorsqu'il le fera. Il y a aussi beaucoup d'autres enfants dans son cas. Environ 1,2 million d'enfants ont besoin d'aide. Jusqu'à présent, environ 700 ont été reconnus comme ayant été privés de soins parentaux et près de 500 enfants ont été victimes de violences sexuelles.  

Image de l'UNICEF
© UNICEF Côte d'Ivoire/2011/Asselin
Des enfants dessinent dans un espace ami des enfants parrainé par l'UNICEF dans le village de Logoualé, en Côte d'Ivoire. De telles activités aident les enfants à se réadapter à la vie quotidienne.

Pour aider ces enfants à reconstruire leurs vies, l'UNICEF travaille d'arrache-pied et essaie de guérir les blessures psychologiques consécutives à la crise.

À Logoualé, l'UNICEF a mis en place un espace ami des enfants dans un ancien hôtel où, chaque jour, on s'occupe d'environ 200 enfants. L'ONG Métissage, un partenaire de l'UNICEF, a mis à disposition trois conseillères psychosociales pour travailler avec les enfants, avant que ceux-ci n’[aillent à l'école.

Surmonter les traumatismes

Beaucoup d'enfants éprouvent le besoin de parler de ce dont ils ont été témoins. Les conseillers ont pour but d'écouter, de rassurer et d'aider les enfants à se réadapter à la vie quotidienne. « Nous essayons de les distraire des problèmes issus de la crise, de la guerre », dit Sandrine Dion, une des conseillères psychosociales. « Certains enfants se trouvaient à Duékoué et ils ont vu beaucoup de choses. Nous tentons donc de les placer dans une ambiance qui leur fasse oublier ce qu'ils ont vu et ce qui les a traumatisés ».


 

 

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