Côte d'Ivoire

En Côte d'Ivoire, l'UNICEF intensifie ses efforts pour vacciner les femmes et les enfants déplacés

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© UNICEF Côte d’Ivoire/2011/Langue
Jean Jaurès Kouamé, 3 ans, s’apprète à recevoir sa première vaccination contre la rougeole de Yao Kra, un infirmier, alors qu'un de ses collègues, Koné Inza, observe le quartier de Faboukro, à Tiébissou, en Côte d'Ivoire.

Par Gisèle Langue Menye

TIÉBISSOU, Côte d’Ivoire, 3 mars 2011 – Depuis les élections présidentielles contestées de novembre dernier, la crise politique en Côte d'Ivoire a sombré dans une situation d'urgence.

Avec des tensions qui montent entre les forces loyales au président sortant Laurent Gbagbo et son rival, Alassane Ouattara, des dizaines de milliers de civils ont été obligés de fuir leurs foyers. Il est à présent sérieusement redouté que la violence puisse encore s'aggraver, pouvant entraîner une nouvelle guerre civile. 

Face à ces risques et à cette incertitude, la vulnérabilité des femmes et des enfants s'accroît ainsi que la menace d'épidémies. On observe déjà des flambées de fièvre jaune dans le nord, de rougeole dans l'ouest et de choléra à Abidjan.

Des programmes efficaces de vaccination sont essentiels pour empêcher la propagation des maladies. L'UNICEF est en train d'intensifier ses opérations humanitaires à Tiébissou, situé dans la région des lacs de Côte d'Ivoire, pour vacciner les enfants et les femmes enceintes, fournir de l'eau potable et aider les enfants déplacés à aller à l'école. 

Prévention des maladies

« Dans des circonstances difficiles, les enfants sont particulièrement vulnérables et il est indispensable de tous les vacciner pour les protéger des maladies évitables », déclare le représentant de l'UNICEF en Côte d’Ivoire, le Dr Agostino Paganini.

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Jean Jaures Kouamé, 3 ans, étreint son père après avoir été vacciné dans le quartier de Faboukro, à Tiébissou, en Côte d'Ivoire.

Dans l'ensemble du pays, presque 40 000 personnes se sont soit réfugiées dans des camps à l'ouest ou restent avec des proches, dont celles se trouvant ici à Tiébissou.

Les familles du quartier de Faboukro ont accueilli une grande partie des quelque 1300 déplacés qui ont été obligés de fuir Yakroo, un village situé à deux kilomètres de Tiébissou qui a souffert le mois dernier d'accrochages entre forces rivales.

Kouamé Iya, un producteur d'ignames et de cacao de Tiébissou, se tient debout alors qu'il regarde son fils, Jean Jaurés Kouamé, 3 ans, en train de devenir l'un des premiers enfants du quartier à se faire vacciner contre la fièvre jaune et la rougeole.

« La raison pour laquelle j'ai accepté de faire vacciner mon enfant, c'est parce que je sais qu'il sera protégé contre plusieurs maladies qui font arriver dans le coin », dit-il.

Vaccinations à domicile

Les vaccinations sont administrées par un infirmier certifié, Yao Kra, 48 ans, qui a coordonné le Programme élargi de vaccination (PEV) à l'hôpital du district de Tiébissou depuis 2001. Il dit qu'offrir des vaccinations à domicile est l'une des raisons pour lesquelles la campagne de vaccination a connu une telle réussite.    

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Yao Kra, 48 ans, infirmier et coordinateur du Programme élargi de vaccination à l'hôpital du district de Tiébissou, tient un vaccin contre la rougeole.

« Habituellement, quand nous demandons aux mères de venir à l'hôpital pour les vaccinations, elles ne venaient pas », dit Yao Kra. « Mais si le processus prend du temps, elles repartent bien que la vaccination des enfants de moins de cinq ans soit gratuite ».

 Dans ce secteur, la campagne de vaccination appuyée par l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé, vise, comme priorité, plus de 180 enfants déplacés âgés de moins de cinq ans.

Selon leur âge, ils seront vaccinés contre la fièvre jaune, la rougeole et la polio ainsi que contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l'hépatite B et la pneumonie. Des suppléments en vitamine A et des comprimés vermifuges leur seront également administrés.

Dans le cadre de cette campagne, les femmes âgées de 15 à 49 ans seront également visées. Elles recevront des vaccins contre le tétanos maternel et néo-natal.


 

 

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