Cameroun

Le Cameroun forme les enseignants à l’éducation relative au VIH dans les écoles primaires

Image de l'UNICEF
© UNICEF Cameroon/2009/Zulfiqar
Le Cameroun a un ratio, en moyenne nationale, d’un enseignant pour 53 élèves en école primaire et, dans certaines zones urbaines, ce ratio atteint 1 pour 100. Ici, un enseignant discute en toute confiance avec ses élèves à l’école primaire Essos 2, à Yaoundé.

Des diplômes d’excellence ont été décernés à 150 enseignants, hier, au Cameroun, pour la Journée mondiale des enseignants. Les éducateurs ainsi distingués avaient choisi les meilleures méthodes d’enseignement et obtenu des résultats exceptionnels dans leur classe. Voici une histoire à ce sujet.

NEW YORK, États-Unis, 6 octobre 2009 – Selon l’ONUSIDA, quelque 500 000 personnes vivent avec le VIH au Cameroun. Afin d’aider à prévenir et à enrayer la propagation de l’infection, le gouvernement a entrepris d’intégrer l’enseignement du VIH/SIDA dans le programme scolaire du primaire au Cameroun, rendant cet enseignement obligatoire pour les enfants de 6 à 12 ans.

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Lors d’une récente journée d’école, dans l’école primaire Essos, à Yaoundé, Cameroun, l’enseignante, Sarah Hyoba, a aidé ses élèves de 10 et 11 ans à se préparer à un test. Elle les a interrogés sur le VIH et le SIDA et ils étaient ravis de répondre à ses questions.

Certains élèves connaissaient déjà des personnes mortes du SIDA et au moins l’un d’entre eux avait perdu un parent, victime de cette maladie. Mais Mme Hyoba a indiqué qu’ils étaient nombreux parmi ses élèves à n’avoir jamais rien appris sur le virus. C’est un sujet tabou dans la communauté et certains préfèrent ne pas en parler.

« Certaines familles ne vont pas reconnaître qu’une personne a été contaminée par le VIH/SIDA. Elles vont prétendre qu’il s’agit d’autre chose, du paludisme ou d’une autre maladie, » a observé l’enseignante. « Je dois m’assurer de donner des explications claires afin d’éviter les malentendus ».

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En collaboration avec le Ministère de l’éducation de base, quelque 15 000 manuels pédagogiques ont été distribués dans les écoles, au Cameroun. L’UNICEF apporte son aide à 300 écoles, d’un bout à l’autre du pays, pour la mise en place d’un modèle d’école « amie des enfants ».

Mme Hyoba espère que ses élèves vont contribuer à « tordre le cou » aux rumeurs sur la façon dont le virus se communique. Les enfants peuvent aider à ce que les faits se diffusent, a-t-elle dit.

La formation à l’éducation relative au VIH

Avec l’appui de l’UNICEF, le Ministère de l’éducation de base du Cameroun a mis en place un programme spécial de formation. Des groupes d’environ 30 enseignants ont été formés dans le cadre d’ateliers d’une durée de deux jours, qui ont commencé cette année. Jusqu’à présent, 750 enseignants de tout le pays ont bénéficié de ce programme, l’objectif étant de toucher 900 enseignants d’ici fin octobre 2009.

Selon ce programme, les enfants reçoivent un enseignement adapté à leur âge sur les façons dont on contracte le virus et aussi sur les questions liées à l’opprobre et à la discrimination. 

L’importance des enseignants

Jacqueline Bahida forme les enseignants aux stratégies éducatives relatives au VIH. Elle aide les enseignants à préparer les leçons et leur apprend la manière d’intégrer l’éducation liée au VIH dans les matières qu’ils enseignent.

« Les enseignants doivent utiliser les mots qu’il faut et donner l’information exacte concernant la transmission du virus, dans la mesure où beaucoup de rumeurs ont circulé, engendrant une information erronée et la discrimination », dit Mme Bahida.

« Le programme de formation indique que le gouvernement s’engage à s’attaquer à un problème clé », a déclaré le Responsable de l’éducation de l’UNICEF au Cameroun, M. Vijitha M. Eyango.

La lutte contre l’opprobre

L’opprobre lié au VIH/SIDA a empêché un bon nombre de gouvernements d’autres pays à incorporer l’éducation relative au VIH dans les programmes scolaires. 

« Le gouvernement s’engageant à intégrer cet enseignement dans le système éducatif officiel, il s’agit d’un enseignement durable, qui devient immédiatement national », a dit le Dr Eyango.

« Le message ne s’adresse pas seulement aux enfants. Il revient aux parents et au reste de la communauté. »


 

 

Audio (en anglais)

2 octobre 2009:
Le responsable du secteur de l’éducation de l’UNICEF au Cameroun, le Dr  Vijitha Eyango parle de l’éducation relative au VIH.

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Campagne contre le SIDA

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