Bangladesh

Femmes et enfants souffrent encore des conséquences des inondations causées par la mousson

Image de l'UNICEF: Bangladesh, flood, monsoon
© UNICEF Bangladesh/2007/ Sharmin
Amena (deuxième à partir de la gauche), en compagnie de sa famille, se tient devant l’abri minuscule où ils vivent depuis le mois dernier.

Par Arifa S. Sharmin

DISTRICT DE SIRAJGANJ, Bangladesh, 4 septembre 2007 – Le mois dernier, Amena, âgée de 45 ans, a découvert en se réveillant que l’eau de l’inondation causée par la mousson s’engouffrait dans son logement. Comme dans un rêve, elle a senti qu’une main la tirait fortement et la mettait à l’abri sur un talus voisin.

Lorsqu’Amena et les cinq membres de sa famille sont parvenus sur le talus avec leurs affaires, ils ne voyaient plus que le sommet de leur maison. Le fils d’Amena lui avait sauvé la vie.

« Cela fait un mois que nous vivons sur ce talus », dit Amena, se tenant devant son abri minuscule. « Dans ma maison, l’eau arrive encore jusqu’aux genoux. Il n’y a pas de travail et un bon nombre d’entre nous n’ont qu’un seul repas par jour. »

De la nourriture en quantité limitée et pas de revenus

Sirajganj est l’un des districts les plus gravement touchés du Bangladesh. Les inondations dues à la mousson ont entraîné cette année le déplacement de milliers de personnes, qui ont quitté leur maison endommagée ou devenue complètement inhabitable. Environ 900 familles ont été forcées de trouver refuge sur ce talus où se trouve Amena.

Alors que certaines personnes déplacées ont pu rentrer chez elles, beaucoup d’autres attendent encore que l’eau se retire. Il n’y a pas de travail et, par conséquent, la plupart des familles sont sous-alimentées.

« J’avais une chèvre et trois poules, qui sont mortes lors des inondations. Je vis avec ma famille et je n’ai aucun revenu », déplore Amena.

Satisfaire les besoins de base

Les écoles du secteur ont été fermées depuis le début de la montée des eaux. À présent, l’UNICEF coopère avec BRAC, une ONG nationale, pour la distribution de colis éducatifs destinés à 36 000 enfants touchés par les inondations. L’UNICEF apporte également son appui à la fourniture d’autres matériels pédagogiques et scolaires.

En outre, l’UNICEF s’efforce avec diverses ONG d’atténuer le traumatisme subi par les enfants déplacés. Par exemple, des trousses de loisirs sont fournies à environ 30 000 enfants.

Depuis que les enfants ne vont plus en classe, ils passent leur temps à jouer dans l’eau et la boue avec pour conséquence des maladies de peau, des fièvres et d’autres infections d’origine hydrique. Arifa, qui est âgée de deux ans, a été, elle aussi, victime des inondations et se trouve sur le talus. Elle souffre d’une grave maladie de peau. Son père n’a pas les moyens de l’amener chez le médecin.

Soucieux d’enrayer la propagation de ces maladies d’origine hydrique, l’UNICEF distribue des comprimés pour la purification de l’eau, du chlorure de chaux et des bidons. Il répare et construit aussi puits et des latrines.

Les conséquences sur les femmes enceintes

Ici, les femmes enceintes accèdent difficilement aux soins médicaux et beaucoup d’entre elles souffrent de malnutrition. Rashida, 23 ans, est enceinte de cinq mois. Elle a quitté récemment le talus pour retourner chez elle. « J’ai mangé hier soir du riz cuit assaisonné de sel. Depuis lors, je n’ai rien mangé », a-t-elle dit.

Mosammat, âgée de 25 ans et mère de trois enfants, est enceinte de sept mois. Elle essaye actuellement de retaper sa maison. Elle a pris pour son petit déjeuner du riz trempé dans l’eau froide. « Je suis allée chez le médecin. Il était très occupé avec d’autres malades et il m’a demandé de revenir le lendemain », raconte Mosammat. « J’ai dépensé 20 taka [la monnaie du Bangladesh] pour me rendre dans son cabinet. Il m’est impossible de faire à nouveau cette dépense. Je dois acheter de quoi nourrir mes enfants. »

Face à cette situation, l’UNICEF, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial, fournit des biscuits nutritifs à haute teneur en énergie, destinés à 40 000 enfants, ainsi qu’à 20 000 femmes enceintes ou allaitantes. Une troisième distribution de biscuits est prévue très prochainement, de telle sorte que les mères et les enfants déplacés n’aient pas à choisir entre se nourrir et bénéficier de soins médicaux. 


 

 

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