Timor-Leste

Le chant et les sports permettent aux enfants timorais de mieux supporter leur vie dans les camps

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Le responsable de la protection des enfants Aniseto (à gauche) encourage les enfants à chanter au camp des Filles de la charité canossiennes de Becora.

Par Tani Ruiz

DILI, Timor-Leste, 27 juin 2006 -  Les troubles récents du Timor-Leste ravivent les blessures de nombreux habitants. Forcés de quitter leurs foyers, des dizaines de milliers de Timorais ont dû chercher refuge dans des camps surpeuplés. Confrontés à des conditions de vie difficiles et à une peur omniprésente, les enfants et les adolescents risquent de subir les conséquences physiques et psychologiques de la crise.

Il y a aujourd'hui plus de cinquante camps à  Dili, la capitale, et ceux-ci abritent près de 70 000 personnes. Parmi ces déplacés, presque la moitié sont des enfants.

« Les enfants de ces camps se heurtent à de nombreux problèmes, explique Filomena Babo, un membre de l'équipe d'aide à la protection des enfants dans un des camps. On observe des cas de violences physiques et je pense que beaucoup de jeunes sont victimes d’abus sexuels ».

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© UNICEF Timor-Leste/2006/Ruiz
Du personnel de l'UNICEF font entrer des kits de loisirs de l'UNICEF dans l'enceinte du camp.

Volontaires pour la protection des enfants

De nombreuses écoles restent fermées et les activités normales sont interrompues. Les jeunes Timorais ont beaucoup de temps libre à leur disposition. Beaucoup d'entre eux se dirigent vers des distractions peu recommandables comme boire et fumer. « Certains d'entre eux jouent et parient de l'argent jusqu'à minuit. Ils font du bruit, leurs parents se mettent en colère et les battent », ajoute Filomena Babo.

Procurer un environnement protecteur aux enfants et aux adolescents dans les camps est un des aspects cruciaux de l'effort humanitaire mené par le gouvernement et soutenu par l'UNICEF, d’autres institutions de l'ONU, des ONG ainsi que divers partenaires.

«Une de premières mesures que nous avons prises a été de chercher des volontaires dans les camps pour aider à la mise en place d'activités pour les enfants, explique Johanna Eriksson-Takyo, responsable du programme de protection des enfants à l'UNICEF. Une activité structurée permet de surmonter le stress émotionnel et à donner aux enfants des échappatoires pour rire.... mais aussi pour pleurer.»

Des douzaines de personnes ont été choisis dans vingt-deux camps pour faire l'objet d'une formation et devenir les spécialistes de la question. Ils rassemblent les enfants, utilisant toutes les ressources dont ils disposent pour monter des spectacles, chanter, danser et dessiner.

« Nous contribuons à rassembler les enfants tous les jours et nous chantons ensemble », explique un volontaire du camp des Sœurs canossiennes de Becora.

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Un enfant, blessé à une jambe durant les troubles récents du Timor-Leste joue avec un ballon du kit de récréations de l'UNICEF.

Concentrer les esprits sur le ballon rond

Pour les adolescents, le sport constitue souvent la meilleure protection contre les comportements destructeurs et, avec la Coupe du monde qui a lieu en ce moment en Allemagne, le football est omniprésent. L'UNICEF a distribué cinquante kits de récréations dans vingt camps de Dili.  Chaque boîte de métal argenté contient des accessoires comme des ballons de football, de basket-ball, de volley-ball ainsi qu'un tableau noir, de la craie et une corde à sauter.

«Le foot est mon sport préféré, affirme Pedro Pinto, 10 ans, en tapant dans un ballon qu'il vient de prendre dans le kit. Je suis très triste d'avoir eu à quitter ma maison et mes amis. Ils me manquent beaucoup mais au moins ici je me sens en sécurité.»

Concentrer l'esprit des enfants sur le ballon et leur faire oublier leurs problèmes  est essentiel dans les camps surpeuplés. Et pour ceux qui ont été blessés durant les flambées de violence, le sport contribue aussi à la récupération physique, faisait observer un chirurgien australien associé au programme, le Dr Glenn Guest.

« Ce qui les aide à récupérer, explique le Dr Guest, c’est justement d’avoir la motivation pour se redresser et vraiment redémarrer.»


 

 

Vidéo (en anglais)

27 juin 2006 :
le reportage du correspondant de l'UNICEF, Kun Li, sur l'aide qu'apporte le sport pour permettre aux enfants timorais de mieux supporter leur vie dans les camps.
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