Éducation de base et égalité des sexes

En République centrafricaine, les parents-enseignants apportent une éducation de base dans les régions touchées par les conflits et au-delà

Image de l'UNICEF
© UNICEF RCA/2012/C Boughton
Juliette Ume Djamobi, parent-enseignant, avec sa classe de l’école du Centre 1 à Obo, en République centrafricaine. Les parents-enseignants sont nommés par les communautés locales pour assurer une éducation de base dans les régions touchées par les conflits.

Par Colette Boughton

OBO, République centrafricaine, 3 octobre 2012 - Depuis 2009, lorsque les attaques de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) ont commencé dans la région, le nombre de personnes qui ont fui leur foyer au sein et autour de la ville rurale d’Obo, en République centrafricaine, a considérablement augmenté.

Plus de 6700 personnes déplacées et plus de 2000 refugiés se trouvent désormais dans un périmètre de sécurité de 5 km établi autour de la ville.

Les parents-enseignants comblent les lacunes majeures

L’UNICEF et ses partenaires soutiennent les écoles locales et temporaires afin d’aider la vague d’enfants déplacés à continuer à aller à l’école.

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Elei Mboligbe, parent-enseignant, et sa classe d’enfants de 6 à 8 ans à l’École Gougbere, une école temporaire pour enfants déplacés à Obo. « Les enfants doivent faire quelque chose de leur vie, c’est pourquoi j’ai décidé de devenir parent-enseignant », affirme Elei Mboligbe.

Il est difficile de placer des enseignants qualifiés dans cette région isolée et dangereuse où les civils sont la cible de la LRA. La plupart des enseignants d’Obo sont donc des « parents-professeurs » qui ont été nommés par les communautés locales afin de fournir une éducation de base dans les zones touchées par les conflits.

Juliette Ume Djamobi fait partie des seulement cinq femmes parents-enseignants à Obo. Elle est mère de cinq enfants. Son aîné à 15 ans et le plus jeune a un an. « Je suis devenue parent-enseignante parce qu’il n’y avait personne pour enseigner aux enfants. J’estime que l’éducation est importante, je me suis donc présentée comme volontaire auprès de l’association de parents d'élèves afin de devenir parent-enseignante ».

Avec l’appui de l’Office of United States Foreign Disaster Assistance de l’USAID et du fonds humanitaire commun, les partenaires de l’UNICEF à Obo ont apporté à Juliette Ume Djamobi une formation de professeur afin que les enfants reçoivent la meilleure éducation possible. « Nous sommes ici dans un lieu peu sûr, et j’espère que l’appui en matière de formation et de fournitures scolaires continuera ».

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Benoit Benapa, le président de l’association de parents d'élèves, et Ambroise Rassa, secrétaire de l’association de parents, à École Gougbere, à Obo. Benoit Benapa explique que les parents sont encouragés à envoyer leurs enfants à l’école plutôt qu’aux champs ou dans la forêt.

Elei Mboligbe est venu à Obo pour fuir la menace de la LRA. Il enseigne dans l’une des écoles temporaires pour enfants déplacés mises en place par l’UNICEF et ses partenaires. « Les enfants doivent faire quelque chose de leur vie, c’est pourquoi j’ai décidé de devenir parent-enseignant. J’ai suivi trois formations qui m’aident à enseigner et gérer 27 enfants. Je n’ai pas vraiment de temps à consacrer à un autre travail, mais je reçois 2000 francs CFA [4 dollars des É.-U.] de l’association des parents d'élèves », explique-t-il.

Benoit Benapa, parent, bénévole communautaire et président de l’association des parents d'élèves, participe au soutien et à la gestion de l’école. « Nous encourageons aussi les parents à envoyeur leurs enfants à l’école plutôt qu’aux champs ou dans la forêt », explique-t-il.

Les écoles fonctionnent, grâce à la communauté

Non seulement les parents-enseignants sont utiles dans les régions affectées par les conflits et les situations d’urgence, mais ils compensent également le manque d’enseignants qualifiés dans la capitale et dans d’autres communautés.

Farid Boubekeur, responsable de l’Éducation à l’UNICEF, commente la situation à Obo :  « il faut reconnaître que dans de nombreuses communautés, l’éducation de base n’est possible que grâce aux parents-enseignants, et que sans eux, des milliers d’enfants seraient illettrés. Les parents-enseignants sont également essentiels dans la mesure où ils permettent une éducation pour les enfants dans d’autres régions de République centrafricaine touchées par sept autres groupes armés. Ces écoles ne sont capables de fonctionner que grâce aux efforts et à l’engagement de la communauté, et elles ont besoin de notre appui constant. Il y a encore du chemin à faire pour renforcer les capacités des parents-enseignants afin que les enfants d’Obo et d’autres régions affectées puissent recevoir une éducation de meilleure qualité ».


 

 

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