Éducation de base et égalité des sexes

Les camps d'été aident les enfants syriens réfugiés à se remettre de leurs épreuves, à rattraper leur retard scolaire

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordanie/2012/Samir
Yasmine Al-Wahsh, une enseignante, s'occupe d'un cours d'anglais pour enfants réfugiés syriens dans un camp d'été appuyé par l'UNICEF, à Amman, en Jordanie.

Par David Youngmeyer

AMMAN, Jordanie, 5 juillet 2012 – Dans une vaste école primaire située à la périphérie de la capitale, Amman, Basma*, 11 ans, et sa soeur, âgée de 7 ans, se trouvent parmi 180 enfants, pour la plupart des réfugiés syriens participant à un camp d'été.

« Le camp est très sympa et amusant et je m'y suis fait de nouveaux amis », dit Basma, qui a un emploi du temps très chargé avec des cours d'anglais, d'arabe, de maths, de sciences et d'éducation physique.
 
Environ 3500 enfants réfugiés syriens et 500 enfants jordaniens participent à des camps d'été dans 40 écoles de Jordanie en vue de rattraper les cours perdus et pour participer à des activités de loisirs.
 
Le Ministère de l'éducation, l'UNICEF et Save the Children, avec l'appui de l'Union européenne, oeuvrent de concert pour gérer ces camps de vacances qui comprennent des cours de rattrapage et des activités de loisirs qui améliorent le bien-être psychologique des enfants réfugiés. Des enfants âgés de 6 à 18 ans participent aux cours de rattrapage qui ont lieu cinq jours par semaine.

Davantage en sécurité et plus heureux
Basma a fui la Syrie en février avec ses parents et sa soeur. « Nous voulions échapper à la violence. Mon cousin a été tué. J'avais très peur et je pleurais pour les gens qui ont souffert », dit-elle.

« Parfois, je ne pouvais pas aller à l'école parce qu'elle était fermée », dit-elle. « D'autres fois, ce n'était pas sûr du tout de sortir. J'avais l'impression que j'allais mourir quand je voyais des hommes avec des armes à feu ».

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© UNICEF Jordanie/2012/Samir
Basma (son nom a été modifié), 11 ans, en train d'écrire sur un tableau lors d'un camp d'été appuyé par l'UNICEF, à Amman, en Jordanie.

La famille a réussi à emporter quelques effets et a effectué en voiture la longue route qui mène à la frontière jordanienne. Au début, tous sont restés avec une tante qui les aidés à trouver un endroit à Amman où vivre.

« J'ai pu poursuivre ma scolarité deux semaines après notre arrivée en Jordanie », dit-elle. Bien qu'elle ait été une très bonne élève en Syrie, Basma a l'impression qu'elle a pris du retard et veut le combler. « Je suis triste d'avoir abandonné ma famille et mes amis mais, en Jordanie, je sens davantage en sécurité et plus heureuse ».

Saleem*, 8 ans, participe au camp d'été tout comme son frère, âgé de 6 ans. L'arabe et le football font partie des activités préférées de Saleem et il s'est déjà fait de nouveaux amis. « En étant ici [en Jordanie], je me sens plus heureux et davantage en sécurité ».

Saleem a quitté la Syrie voici trois ou quatre mois avec sa mère et deux jeunes frères après la destruction de leur maison. Par chance, ils rendaient visite à leur grand-mère quand leur maison a été détruite mais ils ont jugé qu'il était temps de partir pour une destination plus sûre.

« Il y avait des tirs et ce n'était pas sûr », dit Saleem dont la scolarité a été perturbée pendant des semaines.

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Des enfants en train de faire une pause dans un camp d'été qui aide les enfants réfugiés syriens à rattraper les cours qu'ils ont manqués, à Amman, en Jordanie.

Emportant quelques sacs, ils ont traversé la frontière à pied, arrivant au centre principal de transit pour personnes déplacées de Ramtha, au nord de la Jordanie. Au bout d'une semaine, un parent qui se trouvait en Jordanie les a aidés à trouver un appartement à Amman, près de leurs proches.

Un élément capital pour se remettre de leurs épreuves
« Certains enfants ont pris du retard par rapport où ils devraient en être dans leurs études », dit Yasmine Al-Wahsh, une enseignante qui donne des cours d'anglais pendant le camp d'été. « Mais ils sont heureux d'être retournés en classe et les enfants s'aident aussi les uns les autres ».

« Il est absolument essentiel que les enfants réfugiés aient l’occasion de rattraper le temps perdu dans leurs études », dit la représentante de l'UNICEF en Jordanie, Dominique Hyde. « Cela permet non seulement aux enfants d'être plus facilement intégrés dans le système scolaire jordanien mais cela établit aussi un sentiment de retour à la normale dans leurs vies, ce qui est capital pour les aider à se remettre de leurs épreuves ». 

« Les fonds de l'Union européenne couvrent, par exemple, les dépenses liées à l'enseignement, au matériel pédagogique pour les enfants comme « l'école en boîte », une participation pour le transport scolaire et des collations équilibrées comme des fruits avec de l’eau », poursuit-elle. Les kits « l'école en boîte » sont du matériel pédagogique fourni par l'UNICEF.

Parmi les composantes additionnelles du programme de ce camp d'été figurent la formation des enseignants et l'amélioration de l'environnement physique de 40 écoles pour encourager un environnement plus sûr et mieux adapté aux enfants.

*Les noms ont été modifiés pour protéger les identités des enfants


 

 

Partenariat UNICEF-Union européenne

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