Éducation de base et égalité des sexes

Au Soudan du Sud, l'enseignement des principes d’hygiène et d’assainissement dans les écoles permet de combattre les maladies

Par Kun Li

TORIT, Soudan du Sud, 25 avril 2012 – Après avoir balayé la cour, nettoyé la latrine et sorti les poubelles, Klementina Arakajilo, 12 ans, rejoint le reste de sa famille pour une pause. Pendant la discussion, Klementina fait passer des informations importantes sur l'hygiène et la santé.

VIDÉO (en anglais) : le reportage de la correspondante de l'UNICEF Kun Li sur l'enseignement des principes d’hygiène dans les écoles du Soudan du Sud.  Regarder dans RealPlayer

« Maman, tu dois te couper les ongles sinon ils vont être trop longs et devenir sales », dit la fille qui parle d'une voix douce. « Après être allée à la latrine, tu dois te laver les mains avec du savon. Mais ce n'est pas suffisant. Avant de manger, lave-toi de nouveau les mains avec du savon. Sinon, cela te causera des problèmes d'estomac et tu seras malade ».

Il s'agit de leçons que Klementina a apprises dans le club d'assainissement de son école, une structure qui donne aux enfants les moyens de devenir « vecteurs de changement », d'encourager des habitudes bénéfiques – et même nécessaires à la survie - en matière de santé au sein de leur famille et de leur communauté.

Protection des enfants contre la maladie
L'école de Klementina, l'école primaire Airport View de Torit, dans l'État d'Équatoria-Est, a été créée il y a quelques années, après la signature de l'accord de paix destiné à mettre fin à la guerre civile soudanaise, lorsque les familles, en provenance des pays voisins, ont commencé à rentrer chez elles.

La plupart des cours de l'école sont effectués dans une enceinte poussiéreuse entourée de bambou. Mais, malgré ses possibilités limitées, les enseignants et les parents se sont assurés que l'école disposait d'eau potable et de toilettes séparées pour les garçons et les filles. En outre, le club d'assainissement de l'école veille à ce que les élèves soient pourvus de connaissances et de compétences leur permettant de se protéger eux-mêmes des maladies. Le club propose des activités telles que des mises en scène, des discussions en public, du  chant, tout cela pour préparer les élèves à la diffusion d'informations sur l'hygiène et l'assainissement dans leurs communautés.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ Soudan du Sud/2012/Li
Des élèves se rendant à l'école primaire Airport View de Torit, au Soudan du Sud. L'école dispose d'eau potable, de sanitaires et d'un club d'assainissement.

Au Soudan du Sud, dont les indicateurs en matière d’eau et d'assainissement comptent parmi les plus faibles du monde, ces informations sont essentielles. Selon des données nationales, 65 pour cent de la population doit se déplacer à pied sur une distance de plus d'un kilomètre pour accéder à de l'eau potable et près de 90 pour cent d'entre elle ne dispose pas d'un assainissement correct. «Le Soudan du Sud est un pays où les maladies d'origine hydrique sont trop fréquentes à cause d'une mauvaise situation en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène », dit Bismarck Swangin, Responsable de la communication pour l'UNICEF au Soudan du Sud. « En ce qui concerne les écoles où les enfants sont rassemblés, il est particulièrement important que l'eau soit disponible en même temps que des dispositifs pour le lavage des mains ainsi que du savon. Associé à de bonnes habitudes d'hygiène, cela aidera les enfants à devenir des vecteurs de changement afin de transmettre à leurs amis et à leurs familles des informations favorables à une bonne hygiène ».

Les besoins restent immenses
L'UNICEF est à pied d'oeuvre avec ses partenaires et le gouvernement pour veiller à ce que les services d'eau, d'hygiène et d'assainissement ainsi que l'enseignement des principes d’hygiène soient disponibles dans les écoles. Des clubs d'assainissement comme celui de l'école primaire Airport View ont été créés et  épaulés dans plus de 76 écoles depuis 2010.

Mais les besoins restent immenses.

« Nous avons plus de 1500 élèves à l'école et ces latrines ne sont pas suffisantes pour eux », explique la directrice de l'école, Odera Charles Opoka. « Nous avons des gens qui reviennent dans leur pays du nord, de l'Ouganda et d'autres parties du monde et leurs enfants ont besoin d'aller à l'école. Mais nous n'avons pas les fonds pour construire davantage de salles de classes et employer plus d'enseignants ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ Soudan du Sud/2012/Li
Klementina Arakajilo, 12 ans, chez elle avec sa famille à Torit, au Soudan du Sud. Elle est membre du club d'assainissement de son école.

« Nous avons besoin de plus de latrines dans notre école mais aussi de poubelles, de puits de forage et de bâtiments », dit Manuela Morko Koktto, 15 ans, une des filles membres du club d'assainissement.
 
Et ces besoins représentent les besoins plus généraux de l'ensemble de la communauté. « J'aimerais que nous ayons une latrine à la maison », dit Jane Isaac, 12 ans, un autre membre du club d'assainissement, « afin que nous n'ayons pas à aller dans la maison de la tante chaque fois que nous avons besoin d'en utiliser une ».

Dans les années à venir, l'UNICEF continuera à soutenir les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène dans les écoles grâce aux clubs d'assainissement et à la construction de latrines et de dispositifs pour le lavage des mains dans les écoles où celles-ci sont absentes. L'UNICEF aide aussi les écoles afin que ces services fonctionnent de façon autonome et durable.
 
Quant à Klementina, elle comprend que la possibilité d'aller à l'école ne va pas de soi, de même que la possibilité de recevoir et de diffuser des informations sur l'hygiène qui permettront à elle et à sa famille de rester en bonne santé.


 

 

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