Éducation de base et égalité des sexes

Améliorer l’approvisionnement en eau et l’assainissement dans les écoles haïtiennes

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© UNICEF Haïti/2011/Nybo
Yves Nolly Lindor, 18 ans, fait une présentation sur les moyens de se protéger contre le choléra et les maladies, au Lycée National de Pétion-Ville, à Port-au-Prince, Haïti.

Par Benjamin Steinlechner

PORT-AU –PRINCE, Haïti, 7 février 2012 – Yves Nolly Lindor, 18 ans, apprend aux élèves du Lycée Nationale de Pétion-Ville l’importance d’un meilleur système d’assainissement.

Devant les nouvelles installations sanitaires de l’école construites par l’UNICEF, elle explique qu’il est indispensable de se laver les mains afin de prévenir la propagation des maladies.

« Nous travaillons en groupes, nous parlons du choléra et des risques pour la santé dans le contexte de l’école », explique Yves Nolly, une fois la formation terminée.

Ses messages font partie d’un programme mené par Plan International, l’un des partenaires de l’UNICEF. Il est extrêmement important de faire passer ces messages aux élèves car les enfants sont les agents du changement : ils ramènent à la maison des messages sur la santé et les partagent avec leur communauté au sens large.

Une question de vie ou de mort

L’une des actions les plus importantes de l’UNICEF en Haïti consiste à améliorer l’Eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH). Il s’agit bel et bien d’une question de vie ou de mort.

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© UNICEF Haïti/2011/Nybo
Plan International, l’un des partenaires de l’UNICEF, enseigne à un groupe de jeunes formateurs de Port-au-Prince l’importance du lavage des mains et de l’élimination appropriée des déchets.

Plus d’un million de personnes ont été déplacées à la suite du tremblement de terre de 2010 ; beaucoup d’entres elles ont dû aller vivre dans des camps avec un accès limité à l’eau salubre et à l’assainissement. Un nombre effrayant d’écoles (5000) ont été endommagées ou détruites par la catastrophe. Pourtant, même avant cela, l’assainissement dans les écoles était souvent restreint, ce qui exposait les enfants aux maladies d’origine hydrique.

Après le tremblement de terre, une épidémie dévastatrice de choléra a rendu plus que jamais nécessaire la mise en place d’un système d’assainissement adéquat. Depuis le début de l’épidémie en octobre 2010, des centaines de milliers de personnes ont été infectées par le choléra et plus de 7000 en sont mortes.

L’UNICEF a fourni des services WASH dans les camps de déplacés à la suite de la catastrophe. Entre 2010 et 2011, l’UNICEF a apporté des améliorations dans 198 écoles, telles que des nouvelles latrines et des stands pour le lavage des mains. Avec l’aide de ses partenaires, l’UNICEF a aussi distribué aux écoles des tablettes de chlore, des affiches sur la prévention du choléra, et du savon.

« Certains pensent que la mise en place d’installations WASH est suffisante, explique Mark Henderson, responsable des programmes WASH de l’UNICEF en Haïti. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Nous passons la plupart de notre temps à former les gens sur l’utilisation des installations. Il faut notamment apprendre aux élèves comment se laver les mains correctement, mais aussi former ceux qui sont en charge des écoles et leur montrer comment gérer les installations que nos partenaires et nous-mêmes avons fournies ».

Ce dernier point est essentiel : afin que les améliorations soient durables, les écoles et les communautés doivent gérer elles-mêmes leurs installations WASH. L’UNICEF travaille avec le gouvernement haïtien pour créer une série de normes minimales permettant de garantir un assainissement adéquat et de l’eau salubre dans les écoles.

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© UNICEF Haïti/2011/Dormino
Des élèves se lavent les mains au Lycée de Bois-Greffin à Port-au-Prince, en Haïti. L’école s’est effondrée lors du tremblement de terre de 2010 et a été reconstruite par l’UNICEF.

Faire le suivi

Une fois terminée la session de formation animée par Yves Nolly et ses collègues, un groupe de 20 élèves et enseignants ont procédé à un état des lieux de l’assainissement à l’école.

Ils ont trouvé des déchets dans la cour de l’école ; à l’intérieur des installations sanitaires (construites quelques semaines auparavant), ils ont constaté qu’il n’y avait pas d’eau courante.

Il s’est avéré que le directeur avait coupé l’eau parce que les élèves ne l’utilisaient pas de manière adéquate.

« Malheureusement, ce n’est pas la seule école où nous et nos partenaires avons rencontré cette situation », explique Mark Henderson.

Après une brève discussion, le directeur a promis de rétablir l’eau et Plan International a accepté de faire le suivi de la situation. Les responsables de l’école ont également promis de mettre des poubelles à la disposition des élèves.

En poursuivant ses efforts, l’école offrira un environnement plus convivial et plus salubre à ses 2000 élèves. Ces derniers pourront ainsi expliquer à leurs familles et communautés comment rester en bonne santé et comment se protéger contre les maladies.


 

 

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