Éducation de base et égalité des sexes

Donner une éducation aux enfants handicapés du Niger

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2011/Bivigou
Kadiadou (à dr.), un adolescent malentendant, raconte que malgré des progrès, « nous sommes toujours considérés comme des exclus par les autres et ce n’est pas facile ».

Par Yvette Bivigou

NIAMEY, Niger, 19 décembre 2011 – « "Ne rêvez pas". C'est la réponse que tous donnaient à nos idées à l’époque », raconte Fatou Sidibé, la responsable de la Division pour l'enseignement spécialisé au Ministère de l'éducation nationale au Niger. « Personne ne comprenait comment créer des services éducatifs spécialisés pour enfants handicapés ».

Encore aujourd’hui, le handicap est souvent considéré comme une punition de Dieu et est sujet à préjudices qui contribuent à la marginalisation des enfants handicapés.

Certains parents cachent leurs enfants handicapés, et d’autres ne voient pas l’intérêt de les inscrire à l’école », explique Fatou Sidibé. « Et même si nous parvenons à les faire inscrire, il y a beaucoup d’abandons. Ils sont poussés à la mendicité ou bien sont abandonnés. Il nous faut sensibiliser les parents ».

Un franc succès

Mais la prise de conscience et la sensibilisation aux besoins des enfants handicapés croissent à une allure significative au Niger. La division de Fatou. Sidibé au Ministère de l'éducation nationale joue aussi un rôle plus important, préconisant un accès scolaire accru pour les enfants handicapés.

Et les enfants eux-mêmes obtiennent des résultats extraordinaires.

« Pour la première fois dans l’histoire de notre système éducatif, nous avons réussi à présenter quatre enfants malentendants à l’examen de fin d’études primaires, et nous sommes parvenus à un taux de réussite de 100 pour cent ! », affirme Fatou Sidibé.

Et selon l’Analyse de situation des enfants et des femmes 2008, le taux de réussite à l’examen de fin d’études primaires chez les enfants handicapés était de 90 pour cent, bien au-dessus de la moyenne nationale qui est de 52 pour cent.

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Ambarka Katouma, Présidente de l’ONG Éducation, formation et intégration, examine un manuel pour l’apprentissage des parents d’enfants handicapés, à Niamey au Niger.

Élaborer des strategies générales

Des obstacles existent toujours.

« Malheureusement, nous manquons d’enseignants spécialisés dans l’éducation des enfants handicapés », explique Fatou Sidibé. « Nous disposons pour s’occuper de ces élèves d'un millier d’enseignants qui n’ont jamais reçu de formation initiale. Ils ont seulement reçu une formation sur le tas ou ont participé aux cours de formation offerts par l'UNICEF et d'autres partenaires ».

La Division pour l'enseignement spécialisé s’emploie à corriger  cette situation. En 2010, avec l’aide de l’UNICEF, de Handicap international, des responsables gouvernementaux et d’autres partenaires, la Division a développé une stratégie nationale destinée à élargir l’accès des enfants handicapés à une éducation de qualité.

L’UNICEF et ses partenaires ont également appuyé le développement par la Division d’un manuel destiné aux enfants atteints de troubles de la parole. Le manuel permettra à ces enfants d’améliorer leur communication avec les professeurs, les parents et  les autres personnes qui prennent soin d’eux.

« Les parents communiquent presque jamais avec leurs enfants qui souffrent d'une diminution de leur acuité auditive, car ils ne connaissent pas le langage des signes »,explique Ambarka Katouma, la Présidente d’Éducation, formation et intégration, une ONG qui vient en aide aux enfants malentendants. « Une fois que ce manuel sera produit et que les parents auront appris le langage des signes, ils pourront mieux instruire leurs enfants, auront plus de plaisir à prendre soin d’eux, à jouer avec eux et à les conduire à l'école ».

Une approche de l’éducation fondée sur l'équité

Ces efforts pour accroître la qualité de l'enseignement pour les enfants handicapés sont conformes à l'approche d'équité de l'UNICEF pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Cette approche appelle à consacrer des ressources permettant d'atteindre durablement et efficacement les enfants les plus pauvres et les plus vulnérables, à faire progresser le respect de leurs droits fondamentaux à la survie, la bonne santé et à l'éducation, en réduisant les inégalités sous toutes ses formes.


 

 

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