Éducation de base et égalité des sexes

Au Sénégal, l'Ambassadrice itinérante Angélique Kidjo s'attelle au problème de la violence dans les écoles

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L'Ambassadrice itinérante de l'UNICEF Angélique Kidjo assise au premier rang dans une classe de l'école primaire Liberté VI A de Dakar, au Sénégal.

Par Rouxanna Lokhat et Anne Look

DAKAR, Sénégal, 20 décembre 2010 – L'Ambassadrice itinérante de l'UNICEF Angélique Kidjo, connue dans toute l'Afrique de l'Ouest et dans le monde entier pour ses talents de chanteuse, a appelé les élèves d'une école primaire de Dakar à s'exprimer sur ce qui est souvent une forme de criminalité que l'on occulte : la violence dans les écoles.

« Garder le silence fait deux fois de vous des victimes. Les filles et les garçons doivent parler », a-t-elle expliqué à une classe d'élèves de sixième année.

Il s'agissait de la troisième visite depuis 2006 d'Angélique Kidjo dans cette école de Liberté VI, un quartier pauvre de Dakar. « Oh ! Comme les enfants ont grandi », s'est-elle exclamée alors que les élèves l'accueillaient à la porte de l'école. L'énergique chanteuse béninoise a fait le tour du monde avec l'UNICEF pour défendre l'éducation des filles.

La violence reste une réalité

Bien qu'aujourd'hui plus de la moitié des élèves de l'école Liberté VI A soient des filles, Angélique Kidjo a dit que beaucoup de travail restait encore à faire. La violence à l'école reste une réalité pour de nombreux enfants sénégalais, particulièrement pour les filles.

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A Dakar, au Sénégal, Angélique Kidjo, chanteuse lauréate des «Grammy Awards» et Ambassadrice itinérante de l'UNICEF danse avec des élèves dans la cour de récréation de l'école primaire Liberté VI A.

Aida Yacine Sy, une élève âgée de 8 ans, a dit que les filles devaient faire attention. « Ma mère m'a dit de ne pas porter de vêtements courts. Je ne dois pas entrer dans une pièce seule avec un enseignant ou un groupe de garçons. Ce n'est pas prudent », a-t-elle dit alors que ses camarades faisaient un signe de tête en marque d'approbation.

Les autres élèves de l'école ont dit que la violence pouvait signifier n'importe quoi - des brimades au viol. Assise aux côtés des élèves à un petit bureau en bois, Angélique Kidjo a écouté leurs histoires. « La violence », a-t-elle dit, « n'est jamais la réponse ».

« Quand j'étais jeune, des gosses me persécutaient parce que j'étais petite. Mon père m'avait dit que mon cerveau était ma meilleure arme », dit-elle. « Vous devez avoir une stratégie. Vous devez parler à vos professeurs et à vos parents ».

Un environnement scolaire sûr

Angélique Kidjo a appelé les responsables des écoles à intervenir rapidement face à la violence, ce qui peut être difficile au Sénégal où il n'y a pas de procédures formelles pour permettre aux enseignants de signaler les mauvais traitements.

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L'Ambassadrice itinérante de l'UNICEF Angélique Kidjo joue au basketball avec des élèves de l'école primaire Liberté VI A.

« Les gosses ont confiance dans les adultes pour qu'ils les protègent », a-t-elle expliqué. « Le traumatisme dure pour toute la vie ».

Un environnement scolaire sûr est indispensable au maintien scolaire des filles. Au Sénégal, la violence dans les écoles, le mariage précoce, les violences sexuelles, la discrimination sexuelle et la pauvreté peuvent compromettre les capacités d'apprentissage d'une fille.

Améliorer la parité des sexes

L'Afrique de l'Ouest possède par rapport au monde entier une des parités des sexes les plus faibles et, pour les filles, un des taux de scolarisation dans l'enseignement primaire les plus bas. Au Sénégal, à peine une fille sur cinq pourra aller dans une école secondaire et, plus tard dans la vie, on ne trouve que 6 femmes alphabétisées pour 10 hommes alphabétisés.

« J'ai quelque chose à dire aux garçons », a annoncé Angélique Kidjo dans la cours de l'école. « Je vous encourage à être la prochaine génération d'hommes forts du Sénégal pour lutter contre des coutumes contre la mutilation génitale féminine et le mariage précoce. Je veux que vous vous rappeliez que les femmes ne sont pas des objets ».

Au cours de sa visite matinale, la lauréate des « Grammy Awards » a dansé, frappé des rythmes sur les bureaux et chanté avec les élèves. Elle les a quittés avec, comme devoirs à faire, ceux de s'exprimer en faveur de leurs droits. Les élèves ont dit qu'elle était devenue la marraine de l'école et qu'ils savaient qu'elle reviendrait.  


 

 

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
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