Éducation de base et égalité des sexes

Dans les districts du Yémen ciblés par l'UNICEF, les écoles amies des enfants créent des chances pour tous

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© UNICEF Yémen/2010/Lopez
Des élèves de l'école amie des enfants Bent Khowailed dans le district d'Al-Mokha du gouvernorat de Taiz, au Yémen.

Par Sveinn H. Gudmarsson

SANA’A, Yémen, 2 décembre 2010 – Les écoles des pays développés prennent peut-être certains éléments de base pour acquis, la présence d’enseignants qualifiés, par exemple, ou une atmosphère favorable au bien-être des enfants. Mais au Yémen, le pays le plus pauvre de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord, rares étaient les écoles où ces questions avaient de l’importance. 

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Les temps ont cependant changé, au moins dans 11 districts ciblés par l'UNICEF. Parmi les moyens d'intervention introduits dans ces districts figure le concept d' « écoles amies des enfants », dont 90 existent aujourd'hui dans cinq gouvernorats du pays.

Les principes d'une école amie des enfants sont simples : l'environnement pédagogique doit être sûr et sain. Les droits des enfants doivent être protégés et leurs voix doivent pouvoir être entendues. Et les écoles doivent avoir pour personnel des enseignants qualifiés et dotés de moyens convenables comme des tableaux noirs, des cahiers, des crayons et des manuels scolaires.

Écoles plus propres, élèves plus heureux

Dans ces districts ciblés du Yémen, l'UNICEF aide les responsables locaux à garder les écoles amies des enfants propres et sûres, forme les enseignants et s'assure qu'ils disposent des moyens nécessaires pour apporter aux enfants une éducation de qualité.

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La cour de récréation de l'école Bent Khowailed, dans le district d'Al-Mokha, au Yémen.

L'école Khadeeja Bent Khowailed du district d'Al-Mokha, situé dans le gouvernorat de Taiz, est une école amie des enfants à la réussite exemplaire. Sa cour de récréation et ses salles de classe sont remarquablement propres et les murs de l'école sont décorés d'images gaies. Plus important encore, ses élèves sont heureux et en bonne santé. 

« J'aime l'école, » dit Haditha, une élève de sixième année pleine d'entrain. «  J'apprends quelque chose de nouveau chaque jour où j'y vais. »

Assainissement et hygiène

En donnant de l'importance à des environnements et des équipements sanitaires propres, les écoles amies des enfants sont particulièrement favorables à l'éducation des filles. En fait, des toilettes séparées peuvent être un facteur important dans la décision des adolescentes d'aller à l'école. 

La plupart des écoles amies des enfants parrainent des clubs d'élèves pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène (WASH). Les membres du club veillent à ce que leurs écoles restent propres et font la promotion de l'hygiène et de l'assainissement à l'intérieur de la classe mais aussi à l'extérieur. Ils encouragent leurs camarades à se laver les mains avec du savon après être allés aux toilettes et avant les repas et conseillent à leurs familles de nettoyer les ustensiles qui servent à la préparation des repas. 

« C'est très important car cela protège notre santé et nous met à l'abri des maladies, » dit Gina, 16 ans et membre du club WASH de l'école Amer bin-Alas du district d'Al-Sabrah dans le gouvernorat d'Ibb.   

Amélioration de la scolarisation des filles

Soucieux d’améliorer la scolarisation des filles – qui reste plus faible au Yémen que dans les autres pays de la région – l'UNICEF a permis de recruter et d'embaucher des enseignantes dans de nombreuses écoles amies des enfants. Les résultats ont été importants.

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Dans le district d'Al-Mokha, au Yémen, des enseignantes parlent des cours à l'école amie des enfants Bent Khowailed.

Par exemple, en 2006, 70 enseignantes ont été embauchées dans des écoles amies des enfants dans le district de Bait Al-Faqueeh, dans le gouvernorat d'Hodeidah. Trois années plus tard, la scolarisation des filles a doublé, passant de 24 pour cent à 48 pour cent. Des tendances similaires ont été observées dans les autres gouvernorats ciblés.

« Auparavant, les filles se trouvaient au fond de la classe et les garçons étaient devant. A présent, les rangées sont mixtes, » dit Qassim Al-Shathli, Directeur du service de l'éducation du district d' Al-Mokha. « Aujourd'hui, nous avons de bons échanges avec les familles et nous avons observé un changement en ce qui concerne les enfants. Ils ont la possibilité d'apprendre et de jouer et les abandons ont baissé. »

Effet positif

Qassim Al-Shathli fait remarquer que la présence d'enseignantes a aussi amélioré les relations entre les mères et les écoles.

« Auparavant, les mères venaient à peine à l'école parce qu'il n'y avait ici que des hommes, » dit-il. « Aujourd'hui, les choses sont différentes. Les mères viennent à l'école avec leurs enfants et assistent aux cérémonies et aux différents évènements. Mes mères sont fières que leurs filles aillent à l'école. »

Mais ce qui compte vraiment est l'effet positif sur les enfants eux-mêmes. Qassim Al-Shathli dit que les élèves des écoles amies des enfants – les filles en particulier – sont généralement plus enthousiastes en ce qui concerne l'éducation que leurs camarades des autres écoles. 

Gina est d'accord. « Nous avons commencé à penser à l'avenir, » dit-elle, « parce que nous croyons que des femmes instruites élèveront mieux leurs enfants. »


 

 

Audio (en anglais)

1er décembre 2010 : Le reportage de la correspondante de l'UNICEF Anja Baron sur les écoles amies des enfants appuyées par l'UNICEF au Yémen.
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Écoles « amies des enfants »

Apprendre plus sur Ecoles amies des enfants et une éducation de qualité (site web en anglais)

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
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