Éducation de base et égalité des sexes

Podcast n°30 : faire naître l'espoir pour les adolescents dans l'Haïti de l'après-tremblement de terre.

« Au-delà des livres d’école » - une série de podcasts sur l'enseignement dans les situations d'urgence

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-1206/LeMoyne
Une fille en train de sourire pendant un cours sous une tente à l'école primaire Célie Lilavois, à Port-au-Prince, en Haïti.

Par Anna Azaryeva

NEW YORK, États-Unis, 20 octobre 2010 – Alors que les écoles ouvrent en Haïti à l'occasion de la nouvelle année scolaire, l'espoir est d'y envoyer tous les garçons et toutes les filles, à la fois ceux qui y allaient avant que le tremblement de terre se produise en janvier et ceux qui sont les plus difficiles à atteindre et qui iront à l'école pour la première fois. 

 AUDIO : écouter

Apporter aux filles et aux garçons un environnement éducatif sûr et stimulant est une priorité en Haïti. Environ 1,3 millions d'Haïtiens sont toujours déplacés 10 mois après le séisme et les adolescentes restent un des groupes les plus défavorisés. Des facteurs incluant les disparités, la pauvreté et les défis structurels plaçaient les filles et les jeunes femmes haïtiennes en situation de risque avant le tremblement de terre et, à présent, en vivant dans des camps de déplacés, elles sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle et aux différentes formes d'agressions.  

Les filles en situation de risque
« La situation pour les adolescentes en Haïti a été de plus en plus difficile, » raconte Michelle Trombley, Chargée à l'UNICEF de la question de la violence sexiste en Haïti et qui dirige l'action de l'organisation contre la violence commise contre les femmes et les filles en Haïti. « Les écoles ont seulement ouvert. Pour beaucoup d'enfants, cela va être la première fois qu'ils retournent dans un véritable bâtiment depuis le tremblement de terre et il y a donc différents niveaux de stress auxquels sont confrontées les filles. » 

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-1282/Ramoneda
Rachel [nom modifié], 9 ans, été enlevée près de la tente du camp où elle vivait avec ses sœurs après le tremblement de terre.

Judith Bruce, Directrice adjointe du Programme pour la lutte contre la pauvreté, pour l'appartenance sexuelle et pour la jeunesse du Conseil pour la population où elle est aussi analyste politique, est de cet avis. « Le travail que nous avons réalisé montre que la plupart des programmes pour la jeunesse sont en fait dominés par les jeunes de sexe masculin plus âgés. » Elle a ajouté que ceci peut être ressenti comme une menace par les élèves de sexe féminin.

« Très tôt, les filles commencent à abandonner l'école et les filles qui disposent le moins de moyens d'action ne viennent tout simplement pas, » a-t-elle dit.
« Il n'y a pas d'endroit où se cacher dans les camps, » explique Michelle Trombley. « Il n'y a vraiment pas d'espace où les filles peuvent trouver protection personnelle et sécurité ou même pour parler des problèmes qu'elles ont. »

Espaces destinés aux filles
Pour donner des moyens d'action aux filles haïtiennes et les protéger, le Conseil pour la population et l'organisation humanitaire d'aide et d'intervention AmeriCares a conjointement créé le Réseau des adolescentes d'Haïti. Cette alliance d'organisations humanitaires a pour but de réduire les risques de pauvreté, de violence et de viol et chez les filles en appuyant la création d'espaces sécurisés destinés aux adolescentes.

« Les filles ont besoin d'un espace où elles peuvent aller régulièrement et en toute confiance, au moins chaque semaine, au moins deux heures, où elles peuvent être elles-mêmes, essentiellement un endroit où elles peuvent parler de leurs préoccupations et du stress auquel elles sont soumises, » affirme Judith Bruce. « Explicitement, la théorie est que, avec de bonnes preuves aujourd'hui, les filles qui disposent de puissants réseaux de camaraderie sont bien mieux protégées. »

Le début d'une année scolaire présente de nouveaux défis relatifs à la sécurité des filles dans les écoles mais aussi de nouvelles voies pour les doter de moyens d'action personnelle.

« Il existe beaucoup de possibilités pour travailler dans les écoles avec les filles et les garçons, pour mieux les sensibiliser aux problèmes, et pouvoir davantage travailler avec eux du point de vue de la prévention, » explique Michelle Trombley.

Pour les adolescentes, avoir davantage d'opportunités au sein de la communauté est particulièrement important. « Quand vous réservez des espaces aux filles, elles peuvent progresser directement vers l'alphabétisation – c’est ce qui manque, le plus souvent » dit Judith Bruce. « Je pense que nous pouvons faire beaucoup avec l’existant dans le cadre de la non-mixité et avec les programmes intégrés à la communauté, » continue-t-elle.


 

 

Audio (en anglais)

L'animatrice de radio Podcast Amy Costello s'entretient avec Judith Bruce du  Conseil pour la population et Michelle Trombley de l'UNICEF Haiti, à propos de la situation des adolescentes en Haïti, à la fois dans les camps et à l'école.
AUDIO écouter

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
Recherche