Éducation de base et égalité des sexes

Le directeur des urgences de l’UNICEF met en lumière les réussites et les défis en RD du Congo.

GOMA, République démocratique du Congo, 19 octobre 2010 – Le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF Louis-Georges Arsenault vient d’effectuer un voyage de six jours en RD du Congo afin de faire le point sur les défis rencontrés par les enfants et les familles.

VIDÉO (en anglais) : 16 octobre 2010 – La correspondante de l’UNICEF Priyanka Pruthi présente le voyage du Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF Louis-Georges Arsenault en République démocratique du Congo.  Regarder dans RealPlayer

Lors d’un examen des programmes sur le terrain, M. Arsenault a rappelé qu’il était important de donner un rang de priorité élevé au positionnement de l’aide humanitaire. « La planification de secours durables commence avant qu’une catastrophe ne frappe, » a-t-il expliqué. « Elle doit être intégrée à la stratégie de développement d’un pays come la RDC, sujet à un cycle chronique de situations d’urgence. »


La visite de M. Arsenault à Goma, la région Est du pays rongée par le conflit, a confirmé l’importance de la préparation. En réponse à la récente déclaration d’environ 20 cas de choléra à Goma, par exemple, l’UNICEF a installé 26 points d’eau chlorée le long du lac Kivu. Ce dispositif garantit un accès à l’eau salubre à 1000 personnes par jour pour seulement 2000 dollars E-U par mois. Il s’agit d’un prix bas comparé aux dépenses massives impliquées par une épidémie de choléra à grande échelle.

Une progression lente

Malgré les turbulences de la décennie passée en RD du Congo, certains indicateurs montrent une amélioration de la situation des enfants et des femmes dans le pays. Toutefois la progression générale est insuffisante et de fortes inégalités existent au niveau de la couverture de vaccination, de la nutrition et d’autres indicateurs entre les foyers bien situés et les plus démunis.

La situation est encore aggravée par des conflits et des déplacements continus. L’inégalité des sexes constitue aussi un problème majeur.

Image de l'UNICEF
© UNICEF RD du Congo/2010/Walther
Une jeune mère se rend au marché de Bukombo, en RD du Congo.

La situation est encore aggravée par des conflits et des déplacements continus. L’inégalité des sexes constitue aussi un problème majeur.

« Les femmes congolaises jouent un rôle clé pour leur famille en termes de nourriture, d’eau et de santé. Pourtant c’est la soumission qui caractérise leur statut social, » remarque M. Arsenault. « Le conflit constitue un facteur de perpétration des violences sexuelles. L’autre facteur est le contexte culturel. Pour construire une société ouverte au progrès, les garçons et les filles doivent être familiarisés avec le principe du respect mutuel. »

Les secours et le développement

L’UNICEF envisage de plus en plus les secours en situation d’urgence et le développement des pays comme la RD du Congo comme un continuum, permettant à l’organisation d’intervenir de manière flexible dans des circonstances changeantes.

« Tout en respectant des thèmes intersectoriels comme la problématique homme-femme, le relèvement rapide et la protection, le but général est de garantir une réponse holistique à une situation complexe, » a expliqué la représentante de l’UNICEF en RD du Congo, Mme Pierrette Vu Thi. « Tout particulièrement dans les zones à risques élevés et difficiles à atteindre, l’UNICEF promeut des projets communautaires. »

  Par exemple, Mlle Vu Thi a remarqué que les « marchés » où les familles effectuent des transferts en espèces pour acheter les nécessités de base peuvent aider à niveler les inégalités entre les familles affectées par le conflit, déplacées ou sur le retour et les populations locales.

Image de l'UNICEF
© UNICEF DR Congo/2010/Walther
At a water-treatment station, a volunteer disinfects water that a woman has fetched from Lake Kivu, DR Congo.

« Il est difficile d’entendre l’histoire de familles pleines d’énergie et de motivation pour faire bouger les choses mais contraintes de vivre comme des assistées en raison de la situation de leur pays, » a ajouté M. Arsenault après avoir visité le marché de Bukombo. « Pour aider les familles à reconstruire leur avenir, il faut commencer par leur donner l’occasion de faire des choix. »

L’impact sur les enfants

En plus de freiner le développement général du pays, le conflit actuel en RD du Congo a un impact direct sur les enfants. Parmi les pires conséquences pour eux, on compte les déplacements, le recrutement forcé dans les groupes armés et les violences sexuelles.

Depuis 2004, 36 000 enfants soldats ont été relâchés, et l’UNICEF et ses partenaires les ont accompagnés sur la longue route du retour à une vie normale. Ils leur ont apporté un soutien psychologique, une aide médicale et d’autres soutiens. Mais le recrutement forcé d’enfants dans les groupes armés continue. 

 Aujourd’hui, plus de 1,9 million de personnes sont encore déplacées en RD du Congo. Et les conflits en cours avec les groupes armés étrangers représentent de sérieux obstacles pour la sécurité et perturbent la dynamique actuelle d’instauration de la paix.

« Nous sommes préoccupés par la place de l’UNICEF dans un environnement toujours plus complexe, » a expliqué M. Arsenault. « L’appui humanitaire est nécessaire à la base. Le développement du pays viendra des citoyens congolais. Notre responsabilité commune est de faire du droit à la survie et au développement une réalité pour chaque enfant congolais. Ne rien faire aujourd’hui aura un coût demain, en termes de vies et de ressources. »


 

 

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