Éducation de base et égalité des sexes

Au Cambodge, les écoles amies des enfants sont à l'origine d'importants progrès

Par Jay LaMonica

PROVINCE DE STUNG TRENG, Cambodge, 25 août 2010 – Long Kan Buthom, 11 ans, exécute une danse traditionnelle khmère avec aisance. Son sourire radieux, les mouvements expressifs de ses mains et la précision de la chorégraphie sont le résultat de longues heures d'exercices.

VIDÉO (en anglais) : Le reportage de l'UNICEF sur les écoles amies des enfants dans une province isolée du Cambodge, celle de Stung Treng.

Buthom dit que son professeur de danse est très strict et ne permet pas aux filles de bavarder pendant les exercices de flexion des mains et des genoux qui sont importants pour cette forme ancienne d'expression artistique.

Bien que Buthom apprécie la danse, sa vraie passion, cependant, est le dessin. Elle adore dessiner des personnages de dessins animés et aimerait être peintre ou avocat quand elle sera grande.

Prise d'initiative par les enfants

Buthom fait partie du Conseil des élèves de l'école primaire Reachea Nukol dans une province isolée du Cambodge qui se trouve à l'extrémité nord-ouest du pays le long de la frontière du Laos, celle de Stung Treng. Bien qu'elle soit seulement âgée de 11 ans, elle a une mission importante au sein du Conseil des élèves : diffuser les informations qui sont importantes auprès des autres élèves.

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Des garçons et des filles en train d'étudier dans une école amie des enfants de la province de Stung Treng, au Cambodge.

Chaque matin, l'ensemble des élèves se rassemblent à l'extérieur de l'école pour chanter l'hymne national et lever le drapeau, une opportunité pour Buthom d'effectuer son travail. Récemment, un matin, elle a dit ses camarades qu'il était nécessaire de mettre les déchets dans les nouvelles poubelles qui se trouvent autour de l'école. Elle a aussi insisté sur le fait qu'il était important de se laver les mains après avoir manipulé des déchets.

Reachea Nukol a spectaculairement changé pendant les six années pendant lesquelles Buthom y a été élève. Il y a juste un an, l'établissement est devenu une école « amie des enfants » appuyée par l'UNICEF.

Une voix pour les élèves

Le programme « Ecoles amies des enfants » de l'UNICEF a pour but d'offrir des chances égales à tous les enfants dans un environnement sûr et protecteur. Les enseignants et les personnes qui les élèvent sont formés pour identifier les besoins émotionnels des enfants et les encourager à s'exprimer sans crainte. Les élèves trouvent une meilleure compréhension auprès des enseignants  en ce qui concerne leurs besoins et peuvent accéder à l'enseignement d'une façon positive.

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Souk Lek, 6 ans, fréquente une école amie des enfants dans une province isolée du Cambodge, celle de Stung Treng.

Dotés d'une forte influence, les élèves de Reachea Nukol peuvent aussi contribuer l'apport de changements concrets qui améliorent leur qualité de vie à l'école.

« Avant, il n'y avait pas de bibliothèque, » dit Buthom. « Nous apprenions individuellement et il n'y avait pas de groupe de discussion du tout. Nous ne disposions pas assez de matériaux. » Elle ajoute que la création du Conseil d'élèves a abouti à une meilleure discipline et à une plus grande initiative parmi les élèves de l'école.

Egalité des sexes

Chaque matin, Buthom se rend en vélo à Reachea Nukol où ses matières préférées sont les sciences sociales et les sciences. Après l'école, elle prend des cours d'anglais avec son père qui dirige un petit établissement de cours complémentaires pour les enfants du secteur. Son père a insisté auprès de Buthom sur l'importance de l'enseignement.

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Des élèves cambodgiens d'une école primaire applaudissent pendant qu'ils écoutent une chanson.

Au Cambodge, il y a eu une époque où les filles n'avaient pas le droit d'aller à l'école. Mais aujourd'hui, tous les enfants ont une chance égale de pouvoir faire des études.

Buthom dit que son exemple était son grand-père qui a été exécuté par les Khmers rouges quand son père était un jeune garçon. Deux ses oncles avaient aussi été tués parce qu'ils fréquentaient l'université. Pour tenter de détruire la culture traditionnelle, le régime avait même pris pour cible les danseurs classiques. 

Les changements actuels permettent aussi au Cambodge d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies concernant l'enseignement primaire universel et la promotion de l'égalité des sexes. Les OMD, un ensemble d'objectifs internationalement reconnus pour réduire la pauvreté dans le monde, demandent l'élimination de la disparité entre les sexes à tous les niveaux de l'enseignement d'ici l'année 2015.

Espoir pour l'avenir

Depuis l'époque des Khmers rouges, cependant, la vie s'est améliorée dans le pays et les enfants – les filles comme les garçons – peuvent avoir espoir en l'avenir.

« Il y a eu de nombreux changements au Cambodge, » dit Buthom. « À présent, il y a des ponts, des routes, des écoles et des hôpitaux. Notre gouvernement a reconstruit une grande partie des choses qui avaient été détruites. »

L'an prochain, Buthom ira à l'école secondaire. Elle prévoit de poursuivre ses études et espère développer sa passion pour le dessin. Elle et ses amies continueront d'étudier la danse traditionnelle, célébrant ainsi l'art culturel traditionnel qui est si particulier au Cambodge.

Buthom espère aussi qu'un jour aller à Phnom Penh ou dans une autre grande ville pour obtenir un diplôme de droit.


 

 

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