Éducation de base et égalité des sexes

Une école multiculturelle en Bosnie-Herzégovine fait ressortir le meilleur chez les enfants

Par Jay LaMonica

SARAJEVO, Bosnie-Herzégovine, 4 août 2010 – Eldina Ismailij, 11 ans, adore danser. Les rythmes effrénés des danses roms lui donnent un sentiment de liberté. L’année dernière, elle a gagné une compétition de danse et sa photo était dans le journal. Elle rougit lorsqu’on lui demande de raconter ses exploits, et sa mère, Dzemila Bostandzija, rayonne de fierté. Ce que j’ai préféré, dit Eldina, c’était le gâteau de récompense.

VIDÉO (en anglais) : l’UNICEF présente une école multiethnique et amie des enfants à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine.

Eldina et les neufs membres de sa famille vivent dans le sous-sol d’un immeuble de trois étages à flanc de coteau, à Sarajevo, la capitale de la Bosnie-Herzégovine. Eldina se rend à l’école primaire Džemaludin Cauševic, dans la zone de Svarkino Selo, un long trajet en tram depuis chez elle.

Elle raconte que parfois elle a peur pendant l’hiver, lorsqu’elle doit faire le chemin du retour dans le noir. À cette époque de l’année, Eldina appelle son père pour qu’il la retrouve à la station de tram.

L’école accessible à tous

Même s’il y a des écoles plus proches de chez elle, Eldina préfère aller à cette école-ci. L’école a été reconstruite avec l’aide de l’UNICEF et le gouvernement danois après la fin de la guerre dans la région. Elle a fait des efforts remarquables pour atteindre les familles roms comme celle d’Eldina.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2009/Campbell
Les élèves participent en classe, à l’école primaire Džemaludin Cauševic de Sarajevo, un établissement multiethnique et multiculturel ouvert à tous les enfants.

Les Roms sont une minorité ethnique dans le pays. Répartis dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, ils ont développé leur propre langue et leurs propres coutumes. Les membres de la communauté rom sont souvent victimes de discrimination en Bosnie et les pays avoisinants.

« Cela a été extrêmement difficile, justement parce que de nombreux Roms ne vont pas à l’école. Ils n’ont aucune éducation et aucune compétence, et la seule chose qu’ils peuvent faire c’est errer dans les rues et ramasser les poubelles, » explique la mère d’Eldina. « Peu d’enfants roms vont à l’école, et c’est la raison pour laquelle ils ont moins d’opportunités. »

Lieu d’apprentissage sûr

Beaucoup d’écoles en Bosnie reflètent encore les tensions ethniques qui ont déclenché le siège de 43 mois à Sarajevo, au milieu des années 90. Pendant cette période, les écoles ont été détruites et les cours avaient lieu dans les sous-sols et les abris. Aujourd’hui, certaines écoles bosniaques accueillent « deux écoles sous  un même toit » et prévoient des programmes séparés pour les différents groupes ethniques.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Eldina, 11 ans, marche dans son quartier à Sarajevo, où elle et les neuf membres de sa famille vivent dans le sous-sol d’un immeuble de trois étages.

L’école primaire Džemaludin Cauševic  est un établissement hors du commun qui offre un environnement multiethnique et multiculturel ouvert à tous les enfants.

L’une des classes préférée d’Eldina est le bosniaque. Mais elle est également extrêmement fière de son propre héritage. Son école offre des classes de langue et de culture rom que les élèves de tous les origines peuvent fréquenter.

« Je suis les cours de langue bosniaque parce que je veux apprendre ma langue, » dit-elle. « Si je vais quelque part un jour et que je rencontre des Roms qui ne parlent pas bosniaque, je serais capable de leur parler. »


 

 

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