Éducation de base et égalité des sexes

L’auteur à succès explique que l’inégalité des sexes est le « défi moral majeur » de ce siècle

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 Nicholas Kristof, auteur à succès, chroniqueur au New York Times et lauréat du Prix Pulitzer, prend la parole lors d’une conférence sponsorisée par l’UNICEF à New York le 28 avril 2010.

A l'approche du 10ème anniversaire de l'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles (UNGEI) et de la conférence mondiale intitulée « Education pour l'égalité des sexes : engagement pour l'équité (4E) » qui doit se dérouler à Dakar, au Sénégal, du 17 au 20 mai, l'UNICEF présente une série de reportages sur les filles, l'enseignement et l'égalité des sexes. Voici l'un de ces reportages.

Par Chris Niles

NEW YORK, États-Unis, 28 avril 2010 – Nicholas Kristof, auteur à succès, chroniqueur au New York Times et lauréat du Prix Pulitzer, a déclaré lors de la conférence de l’UNICEF que l’inégalité des sexes était le défi moral majeur du XXIe siècle.

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M. Kristof, qui a écrit le livre « Half the Sky: Turning Oppression into Opportunity for Women Worldwide (La moitié du ciel  : de l’oppression à l’occasion pour les femmes à travers le monde) en collaboration avec sa femme Sheryl Wudunn, a déclaré que la question de l’égalité des droits pour les femmes et les filles était tout aussi importante aujourd’hui que la question de l’esclavage aux XVIIIe et XIXe siècles.

Discrimination meurtrière
M. Kristof s’est exprimé hier lors de la conférence Adolescent Girls – Cornerstone of Society: Building Evidence and Policies for Inclusive Societies (Les adolescentes, la pierre angulaire de la société : témoignages et politiques en faveur des sociétés inclusives), organisée conjointement par l’UNICEF et le programme d’études supérieures en affaires internationales de la New School. M. Kristof s’est adressé aux délégués de la conférence et a expliqué que lorsque les ressources n’étaient pas suffisantes, les filles étaient privées de nourriture ou de soins médicaux au profit de leurs frères.

Cette discrimination tue, a ajouté M. Kristof. Le nombre de décès s’élève à deux millions par an, un bilan consternant.

« Au cours des cinquante dernières années, le nombre de femmes et de filles qui sont mortes à cause des discriminations est supérieur au nombre d’hommes morts dans toutes les batailles du XXe siècle, » a-t-il dit.

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© UNICEF/NYHQ2009-2291/Holt
Une fille prend des notes en classe, dans le collège d’Imdibir, en Ethiopie. L’UNICEF soutient le dialogue en classe au sujet des pratiques sociales préjudiciables, y compris les mutilations génitales féminines/excision. Les filles comme les garçons participent aux discussions.

Une épidémie des temps modernes

M. Kristof a souligné que la traite d’êtres humains, le manque d’éducation, et les mauvais soins maternels et en matière de procréation étaient les trois défis majeurs qu’il fallit relever pour que les femmes et les filles puissent vivre dans la société sur un pied d’égalité avec les hommes.

M. Kristof a brièvement expliqué que la traite d’êtres humains prenait des proportions énormes de nos jours. Il a rappelé que pendant la période de la traite des esclaves, environ 80 000 êtres humains étaient victimes du trafic par an. Aujourd’hui, le Département d’État des États-Unis estime à 800 000 le nombre de personnes (pour la plupart des femmes et des filles) qui passent à travers les frontières internationales tous les ans. Des milliers d’autres sont victimes de la traite à l’intérieur des frontières nationales.

À la différence des esclaves d’antan – qui représentaient chacun un investissement d’environ 40 000 dollars dans la monnaie d’aujourd’hui – les esclaves de notre siècle ne valent que quelques centaines de dollars aux yeux des exploiteurs. Ces derniers sont prêts à les mutiler et les tuer s’ils ne coopèrent pas.

« Ces esclaves sont tellement insignifiants qu’ils sont jetables, » a dit M. Kristof.

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© UNICEF/NYHQ2009-2335/Kamber
N’balou, 10 ans, dans le port où elle vit et travaille, à Conakry, en Guinée. Elle a été enlevée à Freetown, en Sierra Leone, victime de la traite d’enfants lorsqu’elle était très jeune.

L’autonomisation grâce à l’éducation

M. Kristof a souligné qu’il n’y avait « pas de remède miracle dans le domaine du développement » pour améliorer la situation des femmes et des filles.

Cependant, il a dit que l’éducation était l’une des meilleures façons pour faire sortir les femmes et les filles (et par extension les pays) de la pauvreté.

« L’un des leviers que nous pouvons utiliser pour stimuler le développement dans beaucoup d’autres secteurs (de la santé procréative à d’autres types de santé, de la marginalisation financière à la sécurité), c’est bien l’éducation, » a-t-il affirmé. « Vous en aurez sûrement plus pour votre argent si vous éduquez les filles plutôt que les garçons. »


 

 

Vidéo (en anglais)

29 avril 2010 : Nicholas Kristof, lauréat du Prix Pulitzer, auteur et chroniqueur au New York Times, évoque le « défi moral majeur » du siècle et propose le meilleur moyen pour l’affronter..
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