Éducation de base et égalité des sexes

L'UNICEF aide les enfants à surmonter les barrières linguistiques dans les écoles de la RDP lao

Image de l'UNICEF
© UNICEF RDP Lao/2009
Chapa Sutcha, 9 ans, en compagnie de camarades de classe à l'école primaire où elles apprennent le lao.

Par Simon Ingram

VILLAGE DE TAMY, République démocratique et populaire lao, 2 mars 2010 – Dans la famille de M. Sutcha, riziculteur, le petit déjeuner est copieux : il comprend du poisson grillé cuit sur le feu, une motte de riz gluant et des oignons verts ajoutés à une sauce pimentée. C'est le type de nourriture dont a besoin la fille aînée de M. Sutcha, Chapa, 9 ans, pour la journée d'école qui l'attend.  

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La conversation autour de la table basse qui sert aux repas dans la maison familiale en bois sur pilotis se déroule en akha, une des douzaines de langues qui constituent le complexe mélange linguistique et ethnique qu'est le Laos d'aujourd'hui. Il s'agir de la langue dominante dans cette région montagneuse isolée proche de la frontière chinoise. 

Mais quand Chapa et ses camarades pénètrent dans le petit bâtiment scolaire située en dehors du village de Tamy, elles doivent passer au lao, la langue officielle du pays qui est utilisée pour l'ensemble du programme des écoles primaires. Pour la plupart des enfants akhas, le lao est aussi distant que l'anglais ou le français et la difficulté de son apprentissage peut complètement dissuader les parents d'envoyer leurs enfants à l'école.

Une chance pour faire des études

Cette barrière linguistique est un défi auquel le gouvernement lao a dû faire face, particulièrement dans des endroits comme Tamy. L'école du village est l'une des 1100 d'écoles appliquant une méthode soutenue par l'UNICEF destinée à améliorer la qualité de l'enseignement primaire en RDP lao. Un des principes essentiels de cette approche « écoles de qualité » est qu'aucun enfant, y compris ceux qui ont des origines autochtones, ne devraient manquer la chance de faire des études.

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© UNICEF RDP Lao/2009
Chapa Sutcha, 9 ans, est le seul enfant de sa famille à actuellement aller à l'école.

Selon Bunthieng Keovanglart, le conseiller de district pour l'enseignement responsable de l'école de Tamy, le pragmatisme est la meilleure façon de s'assurer que les enfants autochtones surmontent en classe les barrières linguistiques. 

« Bien sûr le lao est la langue officielle de l'école, » dit Bunthieng Keovanglart. « Mais les langues autochtones sont très importantes dans la classe, particulièrement pour les élèves de première et seconde année car ces enfants ne parlent pas du tout lao. Les professeurs doivent avoir au moins une connaissance de base de la langue locale avant de pouvoir commencer à enseigner dans des écoles comme celle de Tamy. »

L'importance d'être bilingue

C'est dans ce contexte que des enseignants bilingues comme Mme Sano, l'un des trois membres permanents du personnel de l'école, sont un atout important. Cette enseignante de 26 ans est elle-même Akha et n'a pas commencé à apprendre le lao avant d'être adolescente. Avec les connaissances qu'elle possède dans les deux langues, elle est capable d'aider des élèves comme Chapa à gagner la confiance pour parler, lire et écrire en lao qui sera essentielle pour elle afin d’élargir son éventail de possibilités en dehors du cadre de la communauté.  

« Si quelqu'un comprend le lao, il peut voyager dans tout le pays pour faire des études ou travailler, » explique Mme Sano. « Mais toute personne qui ne sait pas parler le lao est incapable de communiquer avec les autres. Alors, elle doit rester dans son village d'origine ou travailler dans les champs. »

« J'aime aller à l'école »

Une des dernières caractéristiques de l'école de Tamy, introduite dans le cadre de l'approche « écoles de qualité », sont les petites cases en bambou pour la lecture installées dans la cour de récréation. Des groupes d'enfants s'y réunissent après les cours pour lire et chanter ensemble des chansons en lao. Le cadre est à la fois informel et d'un grand soutien et Chapa affirme aujourd'hui que le lao est à l'école son sujet préféré. 

« J'aime aller à l'école, » dit-elle. « Les professeurs sont gentils et j'y ai beaucoup d'amis. »

Son père affiche aussi un optimisme nouveau sur son avenir : « Nous ne souhaitons pas seulement qu'elle termine l'école primaire mais qu'elle aille aussi plus tard à l'école (secondaire) du district. De cette façon, elle aura un bon avenir. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Mars 2010 : le reportage du correspondant de l'UNICEF Simon Ingram sur les programmes de l'UNICEF destinés à aider les enfants à surmonter les barrières linguistiques en RDP lao.
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