Éducation de base et égalité des sexes

L’Ambassadrice itinérante Angélique Kidjo se rend auprès de mères-enfant en Tanzanie

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© UNICEF Tanzanie/2009/Badi
Dans le Centre de formation professionnelle de Temeke, Angélique Kidjo passe un moment de détente avec l’un des enfants.

Par Jacqueline Namfua

DAR ES SALAAM, Tanzanie, 20 janvier 2010 – Angélique Kidjo, la chanteuse ouest-africaine et ambassadrice itinérante de l’UNICEF, s’est récemment rendue en Tanzanie afin d’insister sur l’importance des questions de l’éducation des filles, et en particulier des grossesses précoces, qui ont forcé beaucoup d’entre elles à abandonner l’école.

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« Je me sens très triste lorsque je vois ces filles jeunes qui deviennent mères à un âge où ça n’est pas facile – même à 30 ans ça n’est pas facile, » a expliqué Angélique Kidjo en s’asseyant face à un groupe de mères qui sont des enfants, au Centre de formation professionnelle de Dar es Salaam.

Une seconde chance

En Tanzanie, sur quatre filles de moins de 18 ans, l’une d’elles a déjà eu un premier enfant. La plupart de ces filles allaient en classe lorsqu’elles sont devenues enceintes.

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Catherine allaite sa fille, Melissa, tout en écoutant attentivement les conseils de Mme Kidjo, au Centre de formation professionnelle de Temeke.

Encore récemment, en Tanzanie, les élèves enceintes étaient automatiquement renvoyées et on ne les encourageait pas à réintégrer l’école après l’accouchement. Après des années de pression de la part de l’UNICEF et de ses partenaires, la politique d’éducation et de formation a fait l’objet d’une révision cette année afin de permettre une réintégration des filles après leur accouchement. Même avant cette révision, quelques filles parvenaient à revenir dans le circuit éducatif grâce à des initiatives telles que le Centre de formation professionnelle de Temeke.

Catherine, 16 ans, est l’une de ces filles. Elle se trouvait en troisième année du collège lorsqu’elle a dû abandonner l’école, parce qu’elle était enceinte.

« Je voulais entrer au Centre de formation professionnelle pour progresser, mais, pour moi, c’est très difficile, car je n’ai personne chez moi pour s’occuper de ma fille, » a-t-elle expliqué. « Je vais essayer de suivre les conseils d'Angélique Kidjo, de continuer à étudier et de ne plus avoir d’enfant tant que mes études ne sont pas achevées. »

Casser le cycle

Angélique Kidjo s’est également déplacée dans une communauté voisine, où elle a parlé de l’importance de l’éducation avec des pères, des mères, des dirigeants communautaires et certaines mères enfants qui n’avaient pas été en mesure de retourner à l’école malgré la révision de la politique.

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Angélique Kidjo partage des expériences et des conseils avec des mères qui sont des enfants et qui ont décidé de ne pas retourner en classe après l’accouchement.

Angélique Kidjo leur a dit que tout enfant avait le droit d’aller à l’école pour se forger un meilleur avenir, mais que, pour ce faire, il fallait collaborer à cet effort.

« Cela ne relève pas seulement de la responsabilité du gouvernement ou de l’UNICEF – nous ne pouvons pas y parvenir seuls. Les parents, les enseignants et la communauté doivent coopérer pour faire en sorte que la totalité des garçons et des filles soient scolarisés et n’abandonnent pas l’école », a-t-elle déclaré.

Protéger et comprendre

Elle a en outre souligné que les parents devaient apprendre à leurs filles comment se protéger elles-mêmes et les aider à mesurer les conséquences d’une grossesse précoce.

« Le changement est entre nos mains : nous, les femmes, nous pouvons y arriver si nous restons focalisées sur ce but, » a affirmé Angélique Kidjo en s’adressant à la communauté.

« Je vois les progrès réalisés, encore qu’il reste beaucoup de travail à faire, mais vous savez quel est le problème, ce qui est la première étape vers une solution. » Le représentant de l’UNICEF en Tanzanie, Heimo Laakkonen, a dit que la visite d'Angélique Kidjo venait à point nommé.

« Le message qu’elle a transmis aux mères qui sont des enfants lors de sa visite va se propager, nous l’espérons, à toutes les communautés, dans tout le pays, » a-t-il déclaré. « Nous espérons aussi que cela va encourager toutes les mères qui sont des enfants à retourner à l’école pour y acquérir des connaissances utiles qu’elles pourront utiliser afin d’avoir un avenir meilleur pour elles-mêmes et leurs enfants. »


 

 

Vidéo (en anglais)

19 janvier 2010 : L’Ambassadrice itinérante de l’UNICEF Angélique Kidjo se rend en Tanzanie afin de bien marquer l’importance de l’éducation des filles et d’aborder le problème des grossesses précoces.
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