Éducation de base et égalité des sexes

Au Libéria, la première génération de l’après-guerre fait son entrée à l’école

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ LIB2009-1699/Gordon
À Ganta, deuxième ville du Libéria, Salomie Kieah, 6 ans, se prépare avec l’aide de sa grand-mère pour la rentrée scolaire de cette année. Elle fait partie du premier groupe d’enfants de six ans à entrer depuis de nombreuses années en première année d’école primaire sans avoir connu la guerre.

Par Louis Vigneault

GANTA, Libéria, 11 septembre 2009 – Salomie Kieah fait partie des nombreux enfants de six ans qui entrent cette année à l’école. Après un dernier essayage pour ajuster son nouvel uniforme et un passage dans une papeterie pour acheter les fournitures nécessaires, Salomie est prête pour sa première journée à l’école primaire.

Salomie est née en 2003, quelques semaines après le rétablissement de la paix dans son pays ravagé par 14 années de guerre qui ont tué, blessé et déplacé des centaines de milliers de gens. Elle fait partie de la première génération d’écoliers du primaire à être né en temps de paix depuis de nombreuses années.

Mais la tante de Salomie elle, qui a aujourd’hui 18 ans, a été forcée de fuir avec sa famille pendant la guerre et manqué trois années d’école; elle essaye maintenant de rattraper ces années d’éducation perdues. Son histoire est l’histoire de nombreux jeunes Libériennes et Libériens; aujourd’hui seulement un élève sur trois est placé au niveau qui correspond à son âge.

Des ressources limitées
Ce décalage entre âge et niveau des écoliers est présent même dans les premières années du primaire. La plupart des condisciples de Salomie seront plus vieux qu’elle, en effet les enfants doivent déjà savoir lire et écrire pour entrer en première année – et très peu de parents ont les moyens d’envoyer leurs enfants dans une école préparatoire.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ LIB2009-2899/Gordon
Dans le système scolaire du Libéria, seulement un tiers des enfants se trouvent au niveau qui correspond à leur âge; quatorze ans de guerre ont provoqué le déplacement de la majorité de la population et empêché les enfants de poursuivre une scolarité normale. Ci-dessus, Salomie en route vers l’école.

La mère de Salomie vit aux États-Unis et envoie de l’argent pour payer son éducation dans une école privée. À 50 dollars par an, cette option est hors de portée pour la grande majorité des familles d’un pays où 84 pour cent de la population est au–dessous du seuil de pauvreté.

 Le Libéria impose désormais l’éducation primaire gratuite et obligatoire dans ses écoles publiques. Cependant, les ressources limitées de l’État ne permettant la construction que d’un nombre limité de nouvelles écoles, le système public a du mal à faire face à la masse des nouvelles inscriptions.

Selon David N. Kehzie, un responsable du district scolaire de Ganta, 8700 élèves étaient inscrits l’année dernière dans les écoles du district, un nombre encore plus élevé se présentera cette année et quatre nouvelles écoles seraient nécessaires pour accueillir ces nouveaux élèves.

« Nous devons continuer dans cette direction »
À Ganta, l’UNICEF et ses partenaires construisent une nouvelle école dans le cadre de l’initiative « Apprendre le long des frontières pour apprendre à vivre ensemble » qui met en place des interventions éducatives stratégiques destinées à favoriser l’évolution positive dans la période d’après-guerre au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone, à l’intérieur de ces pays comme entre eux.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ LIB2009-2965/Gordon
Salomie et les autres enfants qui ont six ans comme elle et qui entrent à l’école rêvent d’un avenir meilleur pour eux et le Libéria.

Dans quelques semaines, l’école publique « amie des enfants » de Ganta pourra offrir une éducation gratuite à environ 270 nouveaux enfants; de nouvelles salles de classe devront cependant éventuellement être construites pour pouvoir accueillir de nouveaux élèves.

La présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, a récemment lancé un appel pour obtenir un soutien et des investissements accrus de la communauté internationale dans le domaine de l’éducation.

« Aujourd’hui, les jeunes pensent qu’un avenir est possible et que leur sécurité est assurée, » a-t-elle déclaré au cours d’une conférence de presse tenue à Monrovia. « C’est la première fois depuis longtemps que des enfants de six ans vont entrer à l’école sans avoir connu la guerre, sans avoir eu à fuir, sans avoir eu à se cacher. Ces enfants considèrent que la vie au Libéria est normale. Nous devons continuer dans cette direction pour qu’ils puissent devenir adultes dans un environnement normal. »


 

 

Recherche