Éducation de base et égalité des sexes

Au Bénin, un atelier de travail s'attaque aux difficultés rencontrées lors de l'élimination des frais de scolarité

Image de l'UNICEF
© UNICEF bénin/2009/Demeocq
Au Bénin, l'annonce en 2006 de l'abolition des frais de scolarité à l'école maternelle et primaire avait abouti à des classes surchargées et à une pénurie d'enseignants.

COTONOU, Bénin, 29 juin 2009 – Quatre ans après le lancement de l'Initiative pour l'abolition des frais de scolarité (IAFS), 40 représentants du Congo, du Mali, du Togo et du Bénin ont participé la semaine dernière à Cotonou à un atelier de travail de cinq jours afin d'évaluer les résultats du programme et de partager leurs expériences.  

 L'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale, où se trouvent les pays participants, ont le taux net moyen de scolarisation le plus faible par rapport à n'importe quelle autre région du monde.  

 Au Bénin, l'annonce en 2006 de l'abolition des frais de scolarité pour à la fois l'école maternelle et primaire avait été l’occasion de se réjouir. La déclaration avait permis à plus de 150 000 enfants supplémentaires d'avoir accès à l'enseignement.

A cause de cela pourtant,  les classes étaient devenues surchargées et les écoles s'étaient trouvées à cours de fournitures indispensables comme des bancs ou du matériel pédagogique et avaient eu du mal à assurer les repas scolaires. 

Pénurie d'enseignants
Lors du discours d'ouverture de l'atelier de travail de l’IAFS, le ministre de l'Enseignement maternel et primaire, Félicien Chabi Zacharie, a affirmé que son pays était aujourd'hui confronté à une pénurie aussi bien d'enseignants que de fournitures.

« Nous avons actuellement besoin de 6000 enseignants pour s'occuper des écoliers du pays, » a-t-il déclaré.

Le Bénin n'est pas le seul pays à devoir faire face à de tels défis. De nombreux pays d'Afrique sont actuellement en train de procéder à l'abolition des frais de scolarité, réduisant ainsi les obstacles financiers à l'éducation. Le but est de favoriser l'équité lors de l'entrée à l'école maternelle et primaire, ce qui ouvre la voie à la réalisation de l’Objectif du Millénaire pour le développement no.2 : l'accès de tous à l'enseignement primaire.

Solutions possibles
L'atelier de travail de Cotonou a passé en revue les modèles possibles et viables pour les écoles sans frais scolaires, dont l'approche du Kenya dans laquelle les écoles ont la responsabilité de la gestion de leurs propres ressources. Les écoles du Kenya ouvrent leurs propres comptes en banque avec des fonds reçus du gouvernement et gèrent toutes les dépenses liées à l'enseignement au niveau de l'école.

Les pays participants ont également échangé leurs solutions personnelles pour faire face à la pénurie d'enseignants :

  • Au Congo, le gouvernement prévoit d'embaucher des enseignants à la retraite et de retarder la mise à la retraite de centaines d'autres en activité;
  • Au Mali, 13 nouvelles écoles pour la formation d'enseignants ont ouvert;
  • Au Bénin, le Gouvernement a décidé de former et de payer plus de 10 000 enseignants au niveau des communautés locales;
  • Au Togo, des commissions responsables de la gestion des manuels scolaires ont été mises en place au niveaux national, départemental et local.

Des défis subsistent
L'UNICEF et la Banque mondiale ont lancé conjointement l’IAFS en 2005 afin d'apporter un soutien technique aux pays lors de la préparation et du passage à l'abolition des frais de scolarité. Cependant, de nombreux défis restent à relever.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Bénin/2009/Gnahoui
Des représentants officiels assistent à la cérémonie de clôture de l'atelier de l'Initiative pour l'abolition des frais de scolarité qui s'est déroulé au Bénin.

« Personne ne dit que c'est facile mais nous ne pouvons pas laisser les difficultés nous décourager, » affirme la Responsable de l'éducation pour l'UNICEF Dina Craissati. « Au contraire, nous collaborons aujourd'hui avec les pays non seulement pour répondre aux besoins urgents résultant des décisions d'abolition des frais de scolarité mais aussi pour profiter de ces difficultés pour engager des réformes des systèmes plus que nécessaires dans le domaine de la qualité de l'enseignement. »

L'atelier de travail de la semaine dernière était organisé par l'UNICEF, ses bureaux d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest et le bureau de pays du Bénin. Un fort soutien  a été apporté par des experts de la Banque mondiale, les ministères de l'Éducation du Togo et du Kenya, l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique, l'UNESCO, l'Institut international de planification de l'éducation et tous les partenaires impliqués dans le domaine de l'enseignement.


 

 

Recherche