Éducation de base et égalité des sexes

Arménie : aménager des écoles que les enfants aimeront fréquenter

Image de l'UNICEF
© UNICEF Arménie/2008
Un groupe de soutien par les pairs de l’école « amie des enfants » du village de Lernadzor, province de Syunik, Arménie.

Des experts en éducation d’Europe centrale et orientale et de la Communauté d’États indépendants se rencontreront du 24 au 27 avril à Genève pour débattre de la manière d’assurer une éducation de qualité à toutes les filles et à tous les garçons grâce à des écoles « amies des enfants ». Nous présentons ci-dessous, un article concernant la région qui fait partie d’une série de reportages consacrés à ce sujet.

Par Emil Sahakyan

PROVINCE DE SYUNIK, Arménie 17 avril 2009 –Situé à 200 km de Yerevan, la capitale de l’Arménie, le village d’Ishkhanasar dans la province de Syunik donne une triste image de la pauvreté rurale qui règne dans le pays.

Ce village compte aujourd’hui 250 habitants, la plupart très pauvres et originaires de l’Azerbaïdjan qu’ils ont fui pour se réfugier en Arménie à la suite du conflit du Nagorno Karabakh.


Des conditions dangereuses
L’école du village est située dans un vieux bâtiment de l’époque soviétique qui abritait autrefois un club de loisirs pour les membres des fermes collectives et qui porte toujours le nom de Lénine. Vu les conditions qui règnent à l’intérieur et qui sont bien éloignées du modèle de l’école « amie des enfants », il n’est pas surprenant que l’école compte seulement 40 élèves.

Cette école présente au contraire des conditions dangereuses pour les enfants. Murs et plafonds qui s’effritent, absence de chauffage en hiver, installations sanitaires inadéquates et manque du minimum de fournitures scolaires contribuent à en faire un endroit dangereux, non seulement pour les enfants mais également pour les enseignants.

« J’étais en train de donner une leçon d’histoire aux enfants quand j’ai soudainement entendu un craquement et tout de suite après un grand fragment de mur est tombé juste à quelques pas de moi, » raconte le directeur de l’école, Ara Davtyan.

Une différence considérable
À quelques kilomètres d’Ishkhanasar, la situation est très différente. L’école du village voisin de Shaki a été rénovée et est bien entretenue avec l’aide des élèves comme des enseignants. Elle compte environ 200 élèves et joue un grand rôle dans la vie sociale du village.

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© UNICEF Arménie/2008
Cette école du village d’Ishkhanasar, dans la province de Syunik, donne une triste image de la pauvreté rurale qui existe en Arménie.

Ce n’était cependant pas le cas avant 2007, lorsqu’un projet-pilote d’écoles « amies des enfants » a été lancé dans la province de Syunik par l’UNICEF, le syndicat des enseignants de Goris et l’organisation non gouvernementale Enseignants de Kapan.

« La première fois que nous avons entendu parler de cette initiative, nous avons hésité à y participer, » raconte Rima Sargsyan la directrice adjointe. « Mais cela valait la peine de prendre un risque et de participer au projet, car cela nous a aidés à identifier nos forces et nos faiblesses et à nous mettre sur la bonne voie. »

Satisfaire aux normes de l’école « amie des enfants »
Les bases du projet ont été posées en 2006 quand le ministère de l’Éducation et des sciences, soutenu par l’UNICEF, a mis au point un plan-cadre pour les écoles « amies des enfants » qui a défini les exigences auxquelles une école devait satisfaire pour avoir droit à cette appellation.

Ces écoles créent un environnement qui favorise la motivation et la capacité d’apprendre des enfants. Le personnel de l’école est amical et accueillant, se préoccupe de la santé et de la sécurité des élèves ainsi que de leurs besoins émotionnels. Les écoles « amies des enfants » reconnaissent et encouragent les progrès que les enfants font au cours de leurs études en créant une culture qui a pour objet de répondre aux besoins individuels de chaque enfant.

Le projet-pilote mené en Arménie a permis à sept écoles d’atteindre les normes définies, de recevoir le label « amie des enfants » et d’être récompensées par des prix spéciaux.
« Le projet a aidé les écoles à mieux s’organiser et à améliorer la qualité des leçons, il a servi d’outil d’auto-évaluation efficace et de moyen de mobiliser la collectivité autour des questions de l’éducation et des droits de l’enfant, » explique Alvard Poghosya, le responsable de l’éducation de l’UNICEF.

L’espoir d’un petit village
En 2008, l’UNICEF –en coopération avec le ministère de l’Éducation et des sciences, d’ONG partenaires et des sections locales de l’Institut d’éducation – a élargi le projet d’école « amie des enfants » aux provinces arméniennes de Shirak et de Lori. Les partenaires ont commencé par une action de sensibilisation au projet menée auprès des administrateurs scolaires, des enseignants, des parents et des enfants eux-mêmes.

Le résultat de cette campagne est qu’environ 80 pour cent des écoles de ces provinces mettent actuellement au point des plans qui leur permettront d’introduire ces normes.

L’UNICEF se prépare cette année à évaluer les progrès accomplis depuis l’introduction en Arménie du concept d’école « amie des enfants ». Un plan d’action identifiant les mesures à prendre pour  élargir la portée du projet à travers le pays fera suite à cette phase d’évaluation. L’UNICEF a commencé à diffuser au niveau international le manuel « École amie des enfants », un guide pratique qui aidera les différents pays à concevoir et à mettre en place les écoles « amies des enfants » les plus appropriés à leurs propres conditions.

Contemplant ses pauvres salles de classe, le directeur de l’école du village d’Ishkhanasar affirme que les autorités provinciales ont promis de commencer en 2009 la construction d’un nouveau bâtiment – l’espoir pour ce petit village que son école sera aussi un jour une école « amie des enfants ».


 

 

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