Éducation de base et égalité des sexes

En Syrie, les classes des écoles sont surchargées d’enfants iraquiens dont les familles ont fui les hostilités

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À Damas, des enfants iraquiens prennent le chemin de l’école au début de la nouvelle année scolaire. Leurs familles ont fui les hostilités en Iraq et les écoles de Syrie sont aujourd’hui surpeuplées.

DAMAS, Syrie, 25 septembre 2008 – En Syrie, c’est le début de la nouvelle année scolaire mais un grand nombre d’élèves ne sont pas syriens.  Il s’agit d’Iraquiens dont les familles ont fui la guerre. Quand la vie des enfants est bouleversée, comme cela est arrivé à ces jeunes, l’école peut leur offrir la stabilité dont ils ont besoin.

Mais le système éducatif syrien connaît des difficultés. Durant la dernière année scolaire, plus de 50 000 jeunes Iraquiens faisaient leurs études dans les écoles syriennes. Et le ministère de l’Education s’attend cette année à une augmentation des nouvelles inscriptions.

Le Gouvernement syrien a ouvert les portes de l’enseignement à tous les enfants iraquiens mais le nombre considérable d’élèves concernés rend cet objectif difficile à atteindre.

Le défi des classes surchargées

Une école à proximité de Damas, dont la taille a récemment été multipliée par deux, utilise aujourd’hui un système de classes alternées. Celles du matin s’en vont à l’heure du déjeuner par une entrée tandis que celles de l’après-midi entrent par une autre.

« Le Rectorat a institué dans certaines écoles un système de classes alternées pour scolariser les enfants iraquiens mais cela n’a pas vraiment résolu le problème. Parfois, le nombre d’élèves par classe peut atteindre 50 à 55, » déclare le Directeur de la planification et des statistiques du ministère de l’Education, Abdulsalam Salameh.

Le système de classes alternées représente un problème pour les enseignants et le personnel administratif de l’école. A cause de ces classes aux effectifs surchargés, il est difficile d’améliorer la qualité de l’enseignement et de mettre en œuvre de nouveaux programmes scolaires. Les cours des écoles sont trop petites pour tous ces élèves et les installations sanitaires ne peuvent tous les accommoder.

Une autre difficulté provient du fait que les enfants syriens commencent à étudier l’anglais durant la première année de leur scolarité alors que les Iraquiens commencent bien plus tard. Cela crée un fort clivage en classe, causant des difficultés à la fois aux enseignants et aux élèves.

« Quand l’enseignant ralentit le rythme de la classe, cela a un grand impact sur la progression des cours, » affirme un proviseur, Mayas Ahmar.

Créer des écoles « amies des enfants »

Face à cette situation, l’UNICEF et l’Union Européenne ont apporté leur aide pour la modernisation des installations dans plus de deux cents écoles syriennes en leur procurant du matériel informatique, des bureaux et diverses fournitures. Durant l’été, de nombreux établissements ont été rénovés pour être mieux adaptés aux enfants.

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© UNICEF Syria/2008/Barakeh
Comme ces jeunes filles, plus de 50 000 enfants iraquiens poursuivent aujourd’hui leurs études dans des écoles syriennes.

« On est en train de réparer les toilettes, on veille à l’approvisionnement en eau potable et à rendre l’école plus attrayante pour les enfants. C’est un soutien très concret, » affirme l’Administrateur des programmes de l’UNICEF à Damas, Marc Lucet. 

Les enseignants et les autres membres du personnel participent aussi à des ateliers pour apprendre comment rendre leurs écoles mieux adaptées aux enfants. (Pour aider des pays comme la Syrie à améliorer la qualité de l’enseignement – une des priorités principales de l’UNICEF – l’organisme publiera cette année un nouveau manuel sur les écoles amies des enfants. Le manuel apportera aux gouvernements un cadre leur permettant de concevoir et mettre en place et des écoles amies des enfants.)

Malgré tous ces efforts, de nombreux jeunes réfugiés iraquiens, si loin de chez eux, ont du mal à maintenir une impression de retour à la normale.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage de Jane Howard, de l’UNICEF, sur les enfants iraquiens déplacés et les écoles surpeuplées en Syrie.
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