Éducation de base et égalité des sexes

Les femmes parlementaires à l’origine de changements capitaux dans la politique africaine

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Yeo
Joy Mukanyange, du Rwanda, a grandi comme réfugiée en Ouganda et a depuis servi son pays comme ambassadrice dans plusieurs pays.

Par Maria M. Nghidinwa et Gertrude Kitaburaza

NEW YORK, ETATS-UNIS, 22 juillet 2008 – Plusieurs pays d’Afrique sont à la pointe d’une tendance de plus en plus marquée, l’augmentation substantielle de la représentation féminine dans les parlements du monde entier.

Au vu des preuves de plus en plus grandes du rôle central joué par les femmes dans un pays en développement, de nombreux gouvernements africains ont institué des quotas pour augmenter le nombre de femmes parlementaires. Le phénomène s’accorde avec des initiatives similaires pour élargir l’accès à l’éducation et aux soins de santé à toutes les femmes et les filles.

Au Rwanda, les femmes ont commencé à jouer un rôle actif durant la période de reconstruction du pays faisant suite au génocide de 1994 dans lequel ont péri plus de 800 000 personnes. Quand le Gouvernement rwandais a ratifié une nouvelle constitution en 2003, il avait exigé que les femmes occupent au moins 30% des sièges du parlement.

Aujourd’hui, la représentation féminine au Rwanda dépasse largement ce nombre: le pays possède actuellement le pourcentage le plus élevé de femmes siégeant dans un parlement. Près de la moitié des membres du parlement rwandais sont des femmes alors que la moyenne mondiale est de 15%.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Yeo
Mme Kate Kamba de Tanzanie participe à la lutte pour les droits des femmes et des filles au sein de l’Assemblée législative d’Afrique de l’Est.

L’éducation est fondamentale

Joy Mukanyange, qui a grandi comme réfugiée en Ouganda et a depuis servi comme ambassadrice du Rwanda dans plusieurs pays affirme que c’est l’éducation qui lui a permis, à elle et à ses collègues du sexe féminin, de obtenir une représentation à parité ou presque au sein du gouvernement.

« Je ne serais pas où je suis – je dirais que même le Rwanda ne serait pas là où il est aujourd’hui – si nos parents n’avaient pas tant investi pour nous recevions une éducation, » déclare l’ambassadrice  Mukanyange.

Dans le pays voisin, en Tanzanie,  Mme Kate Kamba, membre de l’Assemblée législative d’Afrique de l’Est, affirme que les réalisations des femmes disposant d’un pouvoir politique aident les gens à comprendre les avantages de la parité des sexes au sein de la représentation parlementaire.

« Ce n’a pas été facile mais aujourd’hui même les hommes observent cela et se rendent compte qu’il est très important d’avoir à la fois des femmes et des hommes [à des postes-clés], » observe Mme Kamba, qui administre également d’une école en Tanzanie.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Yeo
Sylvie Kinigi, du Burundi, a été la première femme à devenir Première ministre d’une démocratie africaine.

Un rôle particulier pour les femmes

La plus grande représentation des femmes au sein des parlements africains rend plus facile le passage de législations concernant les femmes et les filles, particulièrement dans les domaines de la santé et de l’éducation, note Mme Kamba. En Tanzanie, les femmes détiennent actuellement 30% des sièges au parlement, ce qui correspond au but de tous les gouvernements défini par la quatrième Conférence mondiale sur les femmes de 1995.

Les femmes ont quelque chose à apporter en tant que responsables politiques, affirme l’ancienne Première ministre du Burundi, Sylvie Kinigi. Son mandat dans le gouvernement a permis aux gens de réaliser « qu’une femme est même capable de faire plus qu’un homme, avec une âme de mère et une forte volonté, au niveau le plus élevé de la politique, » affirme Mme Kinigi.

«Même aujourd’hui, je reçois des témoignages provenant non pas seulement de filles mais aussi d’hommes qui reconnaissent que les femmes peuvent apporter une différence en jouant un rôle fondé sur la valeur de tous les êtres humains, » ajoute-t-elle.

Encore beaucoup de travail à faire

Bien que Mme Kinigi, Mme Kamba et l’ambassadrice Mukanyange aient l’impression d’avoir accompli des progrès importants sur la scène politique, elles s’accordent à dire que beaucoup de travail reste encore à faire.

« Les femmes se trouvent vraiment toujours à un niveau très faible en terme d’économie, » affirme l’ambassadrice Mukanyange. « Il y a donc beaucoup de travail à faire dans ce domaine. La mentalité des gens ne change pas du jour au lendemain. »

Les trois femmes se trouvaient récemment à New York pour participer à une conférence de l’ONU sur les femmes parlementaires d’Afrique. La réunion insistait sur le rôle de plus en plus grand que les femmes jouent au sein des gouvernements partout sur le continent.


 

 

Audio (en anglais)

Juillet 2008 :
Les parlementaires Sylvie Kinigi, du Burundi, Mme Kate Kamba, de Tanzanie, et l’Ambassadrice Joy Mukanyange, du Rwanda, racontent comment elles ont  franchi les barrières séparant les sexes dans leurs pays.
AUDIO écouter

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
Recherche