Éducation de base et égalité des sexes

L’histoire de Denise : une modeste subvention apporte des connaissances d’une valeur inestimable aux jeunes du Mozambique

Image de l'UNICEF
© UNICEF Mozambique/2008/Yeo
Denise Milice, 16 ans, fondatrice d’un groupe pour l’autonomie des jeunes au Mozambique, se trouvait à New York pour la session 2008 de la Commission de la condition de la femme.

Par Sonia Yeo

NEW YORK, ETATS-UNIS, 17 mars 2008 – La 52ème session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU, qui s’est achevée récemment à New York, pourrait n’avoir été qu’une réunion annuelle de plus des Nations Unies au cours de laquelle sont pris des engagements pleins d’ambition mais qu’on oublie aussitôt… jusqu’à la prochaine réunion où, encore une fois, ils seront pris. 

Avec Denise Milice, 16 ans, du Mozambique, c’est une histoire bien différente. Elle était venue à New York pour la première fois l’an dernier afin de participer à la 51ème session du Comité alors axée sur le thème de l’élimination de la discrimination et de la violence contre les filles.

Lors de la réunion, Denise avait été choisie comme lauréate d’une bourse de 100 dollars par The Grail, une ONG internationale, pour démarrer dans son pays un « programme de retour ». La subvention a été rendue possible par Mary Purcell Grant Task Force du Groupe de travail sur les filles, faisant partie du Comité des ONG auprès de l'UNICEF, qui a aussi payé pour son voyage à la Commission.

Elle a par la suite été réinvitée à New York pour la 52ème session du Comité afin de rendre compte des résultats obtenus l’an dernier.

« Je dois briser le silence »
« Je pense que c’était très motivant, », explique Denise. « Sans ces 100 dollars, je serais retournée au Mozambique et je serais restée à ne rien faire. Mais avec ces 100 dollars, je me suis mise à réfléchir et je me suis dit, allez, je dois faire quelque chose. Je dois briser le silence. »

Le projet de Denise était de créer une organisation de jeunes donnant aux filles et aux garçons une formation et des compétences qui les rendraient capables de prendre en toute autonomie des décisions éclairées sur leur santé de procréation. Elle leur offrirait aussi un soutien psychologique et leur permettrait de prendre la tête des efforts accomplis contre la discrimination et la violence envers les filles.

Jusqu’à présent, le programme a touché 45 filles et garçons de diverses écoles de la capitale du Mozambique, Maputo. Il devrait se poursuivre au cours de l’année prochaine et s’étendre aux  banlieues.

Les jeunes ont besoin d’être mieux informés
Un jour, Denise a rencontré sa cousine, ex-membre du groupe, et s’est rendu compte que son ventre avait augmenté de taille. La grossesse précoce est un des thèmes discutés par le groupe et Denise en est restée stupéfaite.

« Quand vous rencontrez quelqu’un qui a un minimum d’éducation et qui fait partie d’un groupe soudé qui a évoqué des questions pertinentes comme la grossesse précoce et non désirée, c’est réellement choquant et attristant, » dit-elle. « Vous commencez à remarquer que le travail que vous avez fait n’est pas efficace. Nous avons commencé à nous demander où nous avions échoué. »

Denise s’interroge sur la façon dont les conversations sur la sexualité ont été abordées.

« Peut-être devrions-nous choisir de leur donner toutes les informations et leur permettre ensuite de faire leurs propres choix, » dit-elle. « Peut-être devons-nous travailler de jeunes à jeunes. »

Mobiliser les garçons et les parents
Denise s’efforce de mobiliser les garçons lors des sessions de formation du groupe. « L’an dernier, j’ai appris que nous ne pouvions pas parler de l’autonomisation des filles avec les filles seulement. Nous devons faire participer les garçons et les hommes à ce processus, » affirme-t-elle.  

Les parents soutiennent le programme, dit-elle, parce qu’ils trouvent souvent difficile de parler à leurs enfants de certains sujets.

« Les parents se plaignent du fait qu’ils veulent parler avec leurs enfants mais que parfois ils ne savent pas comment commencer », explique Denise. « Dans notre programme, nous mettons l’accent sur l’importance de la relation entre les parents et leurs enfants. Quand nous avons un bon dialogue,  je pense que c’est mieux ».


 

 

Audio (en anglais)

Denise Milice, 16 ans, s’entretient sur UNICEF Radio du groupe pour l’autonomie des jeunes qu’elle a créé au Mozambique.
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