Éducation de base et égalité des sexes

Mobiliser des ressources pour l'éducation des filles durant la Commission de la condition de la femme

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© UNICEF/HQ08-0201/ Markisz
De gauche à droite : Liv Elin Indreiten, UNICEF; Ruthi Hoffman-Hanchett, World Vision; Mercy Tembon, Banque mondiale; Hilde Johnson, UNICEF; Jyotsna Jha, Secrétariat du Commonwealth et Cheryl Gregory Faye, UNGEI.

Par Elizabeth Kiem

NEW YORK, États-Unis, 26 février 2008 – La 52e session de la Commission de la condition de la femme se déroule actuellement à l’ONU. Consacré en priorité à la question du financement de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, le forum annuel s’est ouvert par un débat d’experts organisé par l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI), l’UNICEF, le Groupe de travail sur les filles et le Comité des ONG auprès de l’UNICEF.

Animé par la Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Mme Hilde Johnson, le débat a porté sur l’aspect économique de l’égalité des sexes en prenant pour exemple l’éducation des filles.

« Un faisceau d’évidences montre que les investissements réalisés par un pays en faveur de l’éducation des filles sont parmi les plus rentables qu’il puisse faire », a déclaré Mme Johnson dans son discours d’ouverture.

Environ 93 millions d’enfants d’âge scolaire ne fréquentent pas l’école à l’heure actuelle. La majorité d’entre eux sont des filles. Bien que les taux de scolarisation des filles à l’école aient beaucoup progressé ces dernières années, les filles plus âgées ne profitent pas de ces acquis. Les taux d’achèvement des études restent faibles et l’abandon scolaire est encore un problème.

Dans son discours, Mme Johnson a cité une jeune Cambodgienne de 14 ans nommée Taxi qui, quelques mois seulement avant de finir ses études, a quitté l’école pour gagner de l’argent afin d’aider sa famille.

« Il y a trop de filles comme Taxi » a-t-elle dit.

Réussites

La bonne nouvelle, selon les experts qui participaient au débat, est que de nombreux gouvernements prennent des mesures pour résorber les inégalités entre filles et garçons.

Le Dr Jyotsna Jha, conseillère auprès du Secrétariat du Commonwealth à Londres, a déclaré qu’en Inde et qu’en Afrique australe, on assiste de plus en plus à une « budgétisation qui tient compte de l’égalité des sexes » ou à une prise en compte de l’égalité des sexes dans les budgets du secteur national. Mais quelque 30 millions d’enfants ne sont pas inscrits à l’école primaire dans les pays du Commonwealth.

Pour soutenir la planification de politiques progressives, le secrétariat du Commonwealth vient de publier un livre intitulé : Gender in Primary and Secondary Education. Cet ouvrage s’ajoute aux travaux précédents qui donnaient des conseils pour intégrer l’égalité des sexes aux problèmes du VIH, de l’éradication de la pauvreté et de la protection sociale.

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La Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Mme Hilde Johnson, anime une table ronde organisée par l’UNGEI sur le « Financement de l’égalité des sexes dans l’éducation » à l’ONU en parallèle à la 52e session de la Commission de la condition de la femme.

Un autre participant a mis en avant la progression notable des financements globaux alloués à l’éducation des filles.

« L’importance de l’égalité des sexes est désormais reconnue », a déclaré le Dr Mercy Tembon, de la Banque mondiale, en constatant l’augmentation des fonds alloués par les donateurs et les gouvernements, ainsi que d’autres initiatives comme l’octroi de bourses, la suppression des frais de scolarité et les subventions monétaires.

Mme Tembon a fait valoir que beaucoup de progrès avaient été faits en Afrique. Au Burkina Faso, le gouvernement consacre 71 pour cent de son budget à l’éducation. En Guinée, les taux de scolarisation des filles ont quadruplé en cinq ans. Mais elle a ajouté que ces « efforts extrêmes » ne sont pas toujours suffisants pour combler un écart qui se creuse, notamment dans les régions où la population augmente à un rythme plus rapide que celui des financements.

L’UNGEI et l’Initiative de mise en oeuvre accélérée

De son côté, l’UNGEI s’est associée à l’ Initiative pour l'accélération de l'éducation pour tous (EPT) pour garantir qu’un volet consacré à l’égalité des sexes fasse partie des plans nationaux des pays qui y ont adhéré.

 « L’Initiative est le principal mécanisme de financement de l’éducation de base dans les pays en développement dont les ressources sont limitées », constate Cheryl Gregory Faye, de l’UNGEI. « Mais dans certains domaines techniques, cette Initiative a besoin d’un soutien supplémentaire, et l’égalité des sexes est de toute évidence le domaine où l’UNGEI peut offrir un avantage comparatif. »

Cette expertise a permis notamment à l’UNGEI et à ses partenaires de commencer à élaborer un cadre de travail pour formuler des plans d’éducation nationaux qui comprendront, en plus de l’égalité des sexes, les questions importantes du VIH/SIDA, du travail des enfants et des handicaps des enfants.

Mme Ruthi Hoffman-Hanchett, de World Vision, s’exprimant au nom de la communauté des ONG, a déclaré que la responsabilité du financement de l’éducation des filles revient au premier chef aux gouvernements. Elle a fait valoir que les ONG peuvent jouer un rôle de soutien important en offrant une assistance technique, en lançant des campagnes de mobilisation, en faisant des recherches et en recueillant des données, mais que les gouvernements sont ceux qui doivent rendre des comptes.

Mme Hoffman-Hanchett a prié les participants de ne pas considérer les filles comme des unités de production, mais comme des détentrices de droits, une idée reprise en écho par un membre du public : « Les filles doivent être célébrées pour ce qu’elles sont. » 

La Commission de la condition de la femme poursuit ses travaux jusqu’au 7 mars à l’ONU. Elle comprendra aussi des réunions de haut niveau sur les questions de la femme et du changement climatique, et du rôle des femmes dans la prévention des conflits.


 

 

Vidéo (en anglais)


Mme Mercy Tembon de la Banque mondiale parle des réussites qu’elle évoquera dans sa communication sur le financement de l’égalité des sexes dans l’éducation.
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Cheryl Gregory Faye, de l’UNICEF, parle du rôle de l’UNGEI au sein du partenariat chargé d’appliquer les processus de l’Initiative de mise en oeuvre accélérée de l’éducation.
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Mme Jyotsna Jha parle de l’intégration de l’égalité des sexes et de la publication d’un nouveau manuel du Secrétariat du Commonwealth sur cette question dans l’éducation.
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UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
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