Éducation de base et égalité des sexes

Évaluation rapide d'espaces d’apprentissage

Image de l'UNICEF
© MoEST/2006/Goss
Des enfants participent à une classe en plein air à Lakes State, Sud-Soudan, et sont pris en photo par une équipe de l’Évaluation rapide des espaces d’apprentissage.

Le tsunami dévastateur qui a frappé l'Asie du Sud en 2004 a englouti des villages entiers, balayant les maisons et les familles dans les profondeurs impitoyables de l'océan. Il a également détruit des informations précieuses : documents, statistiques et recherches sur les communautés et leurs citoyens. Même avant le tsunami, les statistiques sur l'éducation dans la province d'Aceh en Indonésie étaient  fragmentaires. Lorsque les eaux se sont retirées, même ces statistiques n’étaient plus que des souvenirs.

Soucieux de commencer le processus de relèvement et d'évaluer l'état du système éducatif à Aceh après la crise, l'UNICEF a établi un partenariat avec le Ministère de l'éducation de la province d'Aceh pour enquêter dans la région. Il a visité toutes les écoles primaires qui avaient survécu à la catastrophe, inspecté les établissements scolaires et interrogé les directeurs et les enseignants les plus qualifiés.

Il en a résulté une base de données statistiques sur l'éducation dans la région baptisée « Évaluation rapide d’espaces d'apprentissage » (RALS). Grâce à RALS, l'UNICEF a pu prendre des mesures de suivi spécifiquement adaptés aux besoins éducatifs de la région, comme la fourniture de matériel éducatif et la construction de salles de classe et installations temporaires. Ce processus a ensuite été répété dans tous les districts touchés par le tsunami en Indonésie et dans d'autres pays qui tentent de se remettre de catastrophes naturelles ou de conflits armés, comme l'Afghanistan et le Libéria.

Dans les 48 à 72 premières heures suivant une situation d'urgence, l'UNICEF et ses partenaires arrivent habituellement sur place pour effectuer une évaluation transectorielle des besoins. Dans le secteur de l'éducation, ils évaluent le nombre total d'enfants qui fréquentent l'école, l'état physique des écoles et  la disponibilité des matériels éducatifs. Au cours des six semaines suivantes, ils effectuent des Évaluations rapides des espaces d'apprentissage (RALS) pour déterminer ce qui est nécessaire pour faire fonctionner les écoles, même si les classes sont logées dans des installations temporaires. Les zones plus touchées sont évaluées en premier, si elles sont accessibles.

Cette évaluation, habituellement effectuée par du personnel recruté sur place, note le nombre, l’âge et le sexe des enfants affectés, identifiant ceux qui risquent d’être vulnérables suite à leur déplacement forcé ou parce qu’ils ont été séparés de leurs parents. La localisation, le sexe et les qualifications des enseignants sont également enregistrés, ainsi que l'état des installations existantes. Des inspections menées sur place permettent d’évaluer le nombre et l'état des salles de classe, la disponibilité de l'électricité, du mobilier, des fournitures et du matériel récréatif, la présence d’eau et de moyens d'assainissement, la présence éventuelle de mines terrestres, et la possibilité de mettre en route des programmes d'alimentation scolaire. On évalue également toutes ressources qui pourraient être disponibles dans les communautés avoisinantes.

Si l'UNICEF travaille dans une situation de conflit, il met au point des accords officiels avec les parties belligérantes pour assurer la sécurité de son personnel et celle du personnel des organisations partenaires.

Des RALS ont également été menées dans les situations d’après-conflit. Dans le Sud-Soudan, ravagé par deux décennies de guerre civile, l'UNICEF a évalué des milliers d'espaces d'apprentissage - dont beaucoup d'entre eux de simples « écoles de brousse », composées de quelques bancs sous un arbre.

Bien que les mines terrestres et des flambées de conflits armés aient quelquefois interrompu complètement le projet, des équipes d’assesseurs de RALS se sont déployées en neuf mois sur un territoire de plus de 600 000 kilomètres carrés, marchant parfois jusqu'à trois jours, utilisant des vélos pour passer dans des zones sans routes, traversant des marécages et grimpant dans des collines très vallonnées pour atteindre les communautés éloignées.

L'UNICEF estime que l’on peut mieux subvenir aux besoins des citoyens d’une région lorsque l’on comprend mieux leurs besoins de base. Même dans les pires crises, l'UNICEF s'engage savoir où chaque enfant se trouve et à veiller à ce que lui ou elle ait accès à une éducation de qualité.


 

 

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