Éducation de base et égalité des sexes

Au Cameroun, le nombre de filles à l’école augmente, grâce à un changement d’attitudes et l’accès à de l’eau salubre

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Les élèves de l’école de Mbang Mboum (Cameroun), ont maintenant accès à de l’eau salubre. Cela signifie que plus de filles seront en mesure de fréquenter l’école.

Par Gisèle Langue Menye

MBANG, MBOUM (Cameroun), 13 juin 2007 – Dans le village de Mbang-Mboum, la tradition empêche depuis longtemps les filles d’aller à l’école. Les filles et les femmes se chargent du travail domestique et les tâches essentielles qui leur sont dévolues, comme la corvée d’eau par exemple, sont plus importantes que leur éducation.

Aujourd’hui, cependant, on peut voir un groupe de filles et de garçons autour d’une pompe à eau installée juste à côté de l’école. Les enfants boivent l’eau de la pompe et s’en servent pour se laver les mains.

« On n’est plus obligés d’aller chercher de l’eau », affirme Aicha, 10 ans, debout devant la pompe. « Et comme les garçons et les filles ont maintenant chacun leurs latrines, nos parents acceptent d’envoyer plus de filles à l’école ».

Des croyances traditionnelles sur le rôle des sexes

Mbang-Mboum, un petit village situé à 50 km de Ngaoundéré, la capitale de la province d’Adamawa, ressemble à n’importe quelle autre communauté du Cameroun. En dépit de plusieurs initiatives prises par des parents en faveur de l’éducation et pour favoriser l’égalité des sexes au foyer et à l’école, une grande partie de la population continue d’adhérer aux croyances traditionnelles.

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Il y a de plus en plus de filles dans les classes du primaire au Cameroun mais elles ne sont toujours pas aussi nombreuses que les garçons.

Selon ces croyances, les filles doivent se marier tôt et la condition sociale des filles et des femmes est inférieure à celle des hommes.

Conséquence, on dit à la plupart des jeunes filles de se préparer à leur futur rôle de mère et d’épouse. L’éducation des filles n’est pas considérée comme importante et la majorité des filles reste à la maison pour s’occuper des corvées domestiques et des frères et sœurs plus jeunes.

Des écoles privées d’eau salubre

Le manque d’accès à de l’eau potable explique aussi les difficultés auxquelles se heurte la scolarisation des filles. Dans les régions rurales du Cameroun, où 44 pour cent seulement de la population a accès à de l’eau salubre, contre 86 pour cent des agglomérations urbaines, ce problème reste grave.

Même la province d’Adamawa, longtemps considérée comme le « château d’eau » du pays, souffre de cette pénurie. Un foyer sur deux seulement a accès à de l’eau potable et la plupart des écoles rurales de la province n’ont aucune source d’eau pour leurs élèves.

Et lorsque les écoles ne sont pas en mesure d’offrir de l’eau salubre et des moyens d’assainissement à leurs élèves, la santé et l’hygiène des filles s’en trouve compromis et la qualité de l’éducation en général en souffre.

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Le rôle d’épouse et de mère au foyer que la tradition impose à de nombreuses jeunes Camerounaises les empêche aussi de fréquenter l’école.

Partenariats pour l’éducation

Pour améliorer l’accès à l’eau salubre dans le nord du pays, l’UNICEF a forgé un partenariat avec le gouvernement et MTN, une société privée qui est la première société de téléphonie mobile du pays. Grâce à cette alliance, les écoles qui participent à l’Initiative des écoles adaptées aux enfants, écoles adaptées aux filles, obtiennent de l’eau et des installations d’assainissement.

Cette initiative a pour but d’améliorer l’accès à une éducation de qualité des groupes les plus vulnérables dans 6 des 10 provinces du Cameroun. Le programme, qui touche quelque 300 écoles, offre une formation aux enseignants, du matériel pédagogique, comme des manuels scolaires, et divers équipements, des meubles par exemple. Il prévoit aussi la création de réseaux d’adduction d’eau et des installations d’assainissement pour améliorer l’hygiène.

Le trou de sonde creusé près de l’école de Mbang Mboum pour acheminer de l’eau salubre est un exemple de ces installations.

A la fin de 2007, environ 1 300 enfants de six écoles différentes bénéficieront de cette initiative. Il reste toutefois 118 écoles qui ont besoin d’eau potable dans le cadre de la même initiative.

« Un grand pas en avant »

« Notre but, c’est que ce partenariat permette d’amener tous les enfants à l’école et que la santé de nos enfants s’améliore », affirme M. Yaya Aboubakar, un spécialiste de la communication chargé de la mobilisation des parents pour qu’ils soutiennent l’éducation de leurs enfants à Mbang Mboum et s’engagent derrière cet objectif.

« Nous pouvons déjà dire que depuis la création des puits, la fréquentation des filles s’est améliorée », ajoute-t-il.

M. Aboubakar note que, pour la première fois, aucune des filles inscrites pour l’examen final à l’école du village n’a abandonné l’école. Pour l’année en cours, 23 élèves – dont 14 filles – se sont inscrits.

« C’est un gros pas en avant, constate M. Aboubakar, nous espérons maintenir cette tendance positive et la reproduire dans d’autres régions du pays ».


 

 

Vidéo (en anglais)

La correspondante de l'UNICEF Natacha Ikoli parle des efforts pour instruire les filles du Cameroun en fournissant de l'eau potable dans les écoles et en abordant les comportements sociaux liés au sexe.
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