Éducation de base et égalité des sexes

L’histoire de Mamiwhe : faire progresser l’éducation des filles pour l’avenir du Libéria

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Mamiwhe Kpahgbor, 16 ans, a fait l'école secondaire de Monrovia, au Libéria, malgré les obstacles qui empêchent toujours de nombreuses filles d'accéder à l'éducation.

Par Sabine Dolan

MONROVIA, Libéria, 19 mars 2007 – En sortant de classe, Mamiwhe Kpahgbor, 16 ans, va au marché aider sa mère à vendre du poisson, ici dans la capitale du Libéria.MONROVIA, Libéria, 16 mars 2007 – En sortant de classe, Mamiwhe Kpahgbor, 16 ans, va au marché aider sa mère à vendre du poisson, ici dans la capitale du Libéria.

Derrière son étal, chaque jour, la mère de Mamiwhe, Elizabeth, s’échine à joindre les deux bouts et à faire vivre sa famille. Mais l’envoi de ses quatre enfants à l’école a toujours été prioritaire.

Dans un pays où seulement 25 pour cent environ des femmes sont alphabétisées, Mamiwhe est l’une des rares filles à avoir la chance d’arriver à faire des études secondaires. Dans tout le Libéria, seulement 28 pour cent des filles sont scolarisées dans le secondaire, contre 40 pour cent de garçons.

« À peu près 60 pour cent des femmes de 15 à 25 ans n’ont jamais été en classe ou ont abandonné leurs études avant la fin », déclare la Représentante de l’UNICEF au Libéria, Rozanne Charlton.

L’éducation perturbée par la guerre

À présent en 10ème année, Mamiwhe dit qu’elle aime les études. Comme la plupart des élèves, elle a ses matières favorites et celles qu’elle aime moins.

« J’adore l’école. Je marche bien en économie, c’est ma matière de prédilection, confie Mamiwhe, mais la physique me donne des problèmes. C’est très dur! »

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Mamiwhe avec des amies à l'extérieur de l'école secondaire de Monrovia.

La pauvreté (les trois-quarts de la population vit avec moins d’un dollar E.-U. par jour), les pratiques sociales et culturelles et la guerre civile ont toutes eu des conséquences catastrophiques sur l’éducation. La guerre a détruit ou gravement endommagé 75 pour cent de l’infrastructure éducative du pays.

Bien sûr, le conflit n’a pas seulement perturbé le système scolaire mais il a aussi traumatisé les enfants. « Mon père est tombé malade et il est mort pendant la guerre, on a été si malheureux », se rappelle Mamiwhe.

Les obstacles à l’éducation des filles

Bénéficier d’une éducation a été particulièrement difficile pour des filles à qui on demande de passer beaucoup de temps à aider aux travaux de la maison et qui sont traditionnellement victimes de discrimination.

Le problème de la maltraitance et de l’exploitation sexuelles constitue un autre obstacle auquel se heurtent les filles, alors que le mariage précoce ou les grossesses viennent souvent interrompre leur scolarité. Mamiwhe le sait bien ; certaines de ses camarades de classe ont abandonné leurs études parce qu’elles sont devenues enceintes et ne les ont pas reprises de peur qu’on ne leur fasse honte ou qu’on ne les tourne en ridicule.

« C’est pourquoi je veux faire avancer les choses » affirme-t-elle.

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Des filles adolescentes enceintes dans une clinique au Libéria. Le premier mariage et la grossesse sont deux facteurs qui interrompent ou terminent souvent l'éducation des filles.

Le travail à faire

Avec la fin de la guerre civile, on est en train de remettre le système éducatif sur pied , tout en gardant à l’esprit les besoins spécifiques des filles. En collaboration avec ses partenaires et le gouvernement, l’UNICEF a aidé le Libéria à élaborer un cadre national pour l’éducation des filles.

L’UNICEF aide également plus d’un million d’enfants à aller en classe. En 2006, l’organisation a fourni du matériel pédagogique de base et des fournitures scolaires à 400 000 enfants scolarisés dans 2 000 écoles publiques, formant en outre environ 500 instituteurs de l’enseignement public.

Pourtant, beaucoup de travail reste à faire pour traiter des problèmes urgents tels qu’une grave pénurie d’enseignants et de matériel pédagogique, le manque d’espaces pour l’enseignement et d’installations de base comme l’eau et l’assainissement dans les écoles.

L’éducation pour l’avenir

De retour dans le quartier de la 12ème rue à Monrovia, Mamiwhe dit qu’elle veut devenir architecte et qu’elle espère se marier lorsqu’elle y sera prête.

« Je veux me marier lorsque j’aurai 24 ou 25 ans », insiste-t-elle. « D’abord, je voudrais aimer l’homme que j’épouserai. Je voudrais que cet homme ait reçu, vous savez, une éducation. Beau ? Bien sûr, ça n’est pas la peine de poser la question, il doit être beau ! »

Alors que le Libéria est en reconstruction, Mamiwhe espère que son éducation lui permettra de faire avancer les choses pour son propre avenir et pour celui de son pays.

 


 

 

Vidéo (en anglais)

16 mars 2007 :
La correspondante de l’UNICEF, Sabine Dolan, raconte l’histoire d’une élève de 10ème année, Mamiwhe Kpahgbor, de Monrovia (Libéria).
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mars 2007 :
Les femmes au Libéria parlent de l'éducation des filles. La correspondante de l'UNICEF, Sabine Dolan, raconte.
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