Éducation de base et égalité des sexes

Protéger et éduquer les enfants affectés par les crues au Mozambique

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Des enfants déplacés par les inondations au Mozambique attendent d’être enregistrés au camp de Chupanga, près de la ville de Caia, dans la province de Sofala.

Par Thierry Delvigne-Jean

PROVINCE DE SOFALA, Mozambique, 20 février 2007 -  Orlando et sa famille sont parmi les premiers à être arrivés au camp de  Chupanga, près de la ville de Caia, dans la province de Sofala (Mozambique), peu après le début des inondations.

« Je suis venu avec ma femme et mon fils d’un an il y a une semaine » affirme-t-il à Lisa Doherty, responsable de l’éducation à l’UNICEF, qui est en train d’évaluer les conditions de vie dans le camp.

D’autres habitants du camp se placent autour de lui pour raconter à leur tour leurs histoires. Une grande partie des personnes déplacées sont abritées dans des petites tentes faites de bâches de plastique fournies par l’UNICEF. Les tentes sont alignées avec soin sur un grand terrain.

Environ 3 000 personnes déplacées par les inondations sont venues chercher un abri au camp de Chupanga et on enregistre chaque jour de nouveaux arrivants. Ils font partie des quelque 86 000 personnes – dont la moitié sont des enfants – qui ont dû fuir la montée des eaux et ont été évacués ces dernières semaines, après que la rivière Zambezi fut sortie de son lit et eut inondé les deltas de 16 districts dans quatre provinces.

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Lisa Doherty, responsable de l’éducation à l’UNICEF, au centre, avec un tee-shirt bleu, parle avec des dirigeants et habitants du camp de Chupanga pour personnes déplacées, dans la province de Sofala (Mozambique).

Des besoins prioritaires

Au bout d’un chemin de terre, des centaines de nouvelles personnes attendent de se faire inscrire. Certaines personnes font la queue, d’autres sont assises par terre. Tout le monde a l’air fatigué et semble avoir hâte de trouver un endroit où se reposer. Beaucoup de ces personnes n’ont pas mangé un vrai repas depuis qu’elles ont fui.

Lisa Doherty traverse la foule et parle brièvement avec un groupe de femmes qui attendent avec leur bébé. Elle parvient finalement à une tente où les responsables du camp ont installé leur quartier général.

La liste des besoins à satisfaire en priorité est longue. Les nouveaux arrivants ont besoin de tentes, de bâches de plastique et de moustiquaires contre le paludisme. Il faut aussi de nouvelles  latrines, des bidons, et des cuvettes pour faciliter l’accès des milliers d’habitants du camp à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement.

Lisa Doherty s’inquiète également du nombre d’enfants du camp qui ne vont plus à l’école. L’école locale est trop petite pour accueillir les centaines de nouveaux élèves et il n’y a pas assez de fournitures scolaires pour tout le monde.

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Des tentes faites de bâches de plastic fournies par l’UNICEF au camp de Chupanga.

Des fournitures pour les écoles locales

Heureusement, plusieurs tentes – chacune assez grande pour servir de classe – sont arrivées à Caia. Lisa Doherty explique aux responsables du camp qu’ils recevront une tente à installer près de l’école actuelle, ainsi que du matériel d’enseignement pour les élèves et les enseignants

Mais s’assurer que tous les enfants qui ont été affectés par les crues peuvent retourner vite à l’école ne sera pas une tâche facile.

Outre les tentes reçues pour de nouvelles classes temporaires, l’UNICEF distribue du matériel pédagogique à des milliers d’enfants et leurs enseignants dans le cadre de son intervention d’urgence pour le Mozambique. Le matériel pédagogique distribué jusqu’à présent comprend : 

  • 25 000 trousses d’apprentissage, chacune contenant des fournitures de base, cartable, livres, stylo et gomme 
  • 2 000 trousses scolaires avec suffisamment de fournitures pédagogiques et matériel de jeux pour une classe entière 
  • 800 trousses pour enseignants, avec du matériel pédagogique.

« Une approche groupée » pour surmonter les obstacles

« Les zones affectées par les inondations sont également celles qui sont le plus durement éprouvées par l’épidémie du SIDA dans le pays », constate la Représentante de l’UNICEF au  Mozambique Leila Pakkala. « Les familles et communautés sont donc moins bien placées pour trouver une solution aux problèmes qu’entraînent des catastrophes naturelles comme celle-là ».

Les provinces de Sofala et Manica ont les taux de prévalence du VIH les plus élevés dans le pays et le  plus grand nombre d’enfants orphelins et vulnérables. L’UNICEF, de concert avec les autorités locales, s’efforce d’identifier ces enfants dans les camps et de veiller à ce qu’ils soient protégés contre d’éventuels mauvais traitements.

Dans ce contexte, l’UNICEF collabore avec le gouvernement, d’autres institutions des Nations Unies et des organisations non gouvernementales à la mise sur pied d’une « approche groupée » multisectorielle, dans le cadre de laquelle l’UNICEF prend la tête des efforts portant sur la nutrition, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, et la protection de  l’enfant.


 

 

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