Éducation de base et égalité des sexes

Ouvrir les portes de l’école aux filles et aux enfants défavorisés au Bangladesh

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2006/Nettleton
Une classe de deuxième année en cours à l’École primaire publique Kamargaon, où le taux d’inscription des filles est exceptionnellement élevé. Au Bangladesh, des initiatives nouvelles aident les enfants défavorisés à accéder aux écoles.

Par Steve Nettleton

NARSHINGDI, Bangladesh, 16 août 2006 – Dans un labyrinthe de cabanes faites de tôle ondulée, de bois et de chaume, Morzina Begum et ses parents vivent dans une case d’une seule pièce, partageant la cuisine et les toilettes avec plusieurs autres familles.

Il n’y a guère d’opportunités dans ce quartier très pauvre, situé à la périphérie de la ville de Narshingdi. Comme la plupart de ses voisins, la famille de Morzina lutte pour joindre les deux bouts. Sa mère reste au foyer, alors que son père ne parvient pas à trouver un travail régulier.

Des familles dans tout le Bangladesh souffrent du même environnement économique, qui force souvent les parents à marier leurs filles au tout début de leur adolescence, celles-ci abandonnant l’école. Les quartiers défavorisés ont des taux de scolarisation inférieurs de 20 pour cent à la moyenne nationale.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2006/Nettleton
Correction du travail d’une élève de deuxième année à l’École primaire publique Kamargaon.

Progrès réalisés et défis à relever

Bien que les circonstances soient difficiles, Morzina est décidée à continuer le cycle scolaire. « Je veux trouver du travail », dit-elle, lorsqu’on lui demande ce qu’elle va faire si elle parvient à terminer ses études. « Je veux aider mes parents ».

Morzina est en cinquième année à l’École primaire publique Kamargaon, qui constitue un exemple de réussite dans la scolarisation des filles. Cette école compte actuellement davantage de filles que de garçons.

Au niveau du pays tout entier, on a constaté l’apparition d’une tendance similaire. Le Bangladesh est arrivé l’an dernier à la parité filles-garçons dans l’enseignement primaire, avec un taux de scolarisation des filles de 86 pour cent, contre un taux de 82 pour cent des garçons.

Cependant, tous ne profitent pas de ces progrès. Dans le pays, plus de 3 millions d’enfants restent non scolarisés, notamment les enfants handicapés, ceux qui appartiennent à une minorité et ceux qui vivent dans les bas-quartiers des villes. Un tiers des élèves du primaire abandonnent l’école avant la cinquième année et seulement la moitié environ de ceux qui terminent l’école primaire acquièrent les connaissances minimales du programme d’enseignement national.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2006/Nettleton
Il y a davantage de filles que de garçons dans la classe de cinquième année de Morzina, à l’école primaire publique Kamargaon, qui constitue un exemple remarquable des progrès réalisés en matière de parité filles-garçons au Bangladesh.

« Il leur faut une chance »

L’UNICEF travaille avec le gouvernement à l’amélioration de la qualité de l’éducation, à la mise en œuvre de nouvelles méthodes d’enseignement et à la promotion d’initiatives en vue de scolariser les enfants défavorisés. L’organisation dirige également des campagnes de sensibilisation à une éducation de qualité et à l’égalité filles-garçons, en ayant recours à des évènements et aux grands moyens de communication, notamment des films d’animation sous forme de séries pour la télé dont l’héroïne est une fille qui s’appelle Meena.

L’UNICEF a en outre apporté son soutien à une étude révolutionnaire qui analyse la situation en matière d’éducation des enfants défavorisés au Bangladesh. Les conclusions de l’étude seront utilisées dans le cadre d’un nouvel appui au programme technique, en vue d’améliorer l’accès à l’éducation, ainsi que l’égalité dans l’éducation et la qualité de l’éducation.

Pour le père de Morzina, une bonne éducation est le moyen d’échapper à la pauvreté.

« Je veux qu’ils aient une éducation meilleure que la mienne », dit-il en parlant de ses enfants. « Je veux qu’ils étudient deux fois plus que moi. Ce sont des enfants. Il leur faut une chance. Laissons-les bâtir leur propre avenir. »


 

 

Vidéo (en anglais)

11 août 2006 :
Le correspondant de l’UNICEF, Steve Nettleton, décrit les initiatives en matière d’éducation pour les filles et les enfants défavorisés au Bangladesh.
 VIDEO  haut | bas

Obtenez des vidéos de qualité professionnelle chez The Newsmarket

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
Recherche