Éducation de base et égalité des sexes

« Diffuser la nouvelle » de l’éducation des filles

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© UNICEF/Botswana/2006
Le projet « Diffuser la nouvelle » offre un environnement protégé permettant aux filles de partager leurs expériences dans la recherche d’éducation au Botswana.

GABORONE, Botswana, 8 décembre 2005 – Pour Boipelo Semere, 21 ans, une étudiante en troisième année de l’Université du Botswana, le diplôme de droit qu’elle va bientôt obtenir n’est qu’un élément de sa réussite.

« J’ai été favorisée dans la vie », dit Boipelo. « J’ai eu ma mère avec moi, j’ai toujours disposé d’un uniforme d’écolière, j’ai toujours eu ce dont j’avais besoin. Mais qu’en est-il pour d’autres enfants dans ce pays ? »

Avec un groupe de jeunes dévoués à cette cause, Boipelo contribue à répondre à cette question en animant une série de discussions sur le thème de l’éducation des filles. Le projet s’intitule « Diffuser la nouvelle », par référence au désir des enfants de partager leurs expériences et au pouvoir qu’a le récit de générer un changement social.

«  Diffuser la nouvelle » offre aux étudiants une opportunité exceptionnelle de discuter des défis, puis de contribuer à trouver des solutions sous la houlette d’autres jeunes adultes, et de les proposer à des femmes exerçant un métier qui peuvent servir de modèles.

« Comme nous sommes des jeunes, les étudiants nous écoutent davantage », explique Onalenna Otlaadisa, bénévole de 21 ans. « Nous contribuons à ce que ces questions soient abordées au grand jour ».

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© UNICEF/HQ01-0211/Pirozzi
Des enfants à l’école primaire de Lentswe dans le village de Mochudi.

Le projet bénéficie du soutien de la branche botswanaise du Mouvement pour l’éducation des filles, une initiative de base qui encourage l’égalité dans l’éducation partout en Afrique. Cette initiative dispose d’un bon nombre de points forts, dont celui de savoir s’adapter à divers contextes tout en maintenant l’idéal de changement grâce à la participation de l’enfant.

Au Botswana, où le nombre de filles inscrites à l’école dépasse légèrement celui des garçons, la branche locale s’appelle le Mouvement pour l’éducation des filles/garçons.

Pourtant, bien qu’au Botswana plus de 80 pour cent des enfants aillent à l’école, la discrimination en fonction du sexe continue à saper les efforts en vue d’assurer une éducation pour tous. La violence dont les femmes et les filles sont victimes est très répandue ; les problèmes de non scolarisation des filles continuent à être un fléau du système scolaire et ce sont souvent les filles qui doivent supporter le plus gros des difficultés occasionnées par l’épidémie du VIH/SIDA. Plus de 37 pour cent de la population est séropositive, ce qui multiplie le nombre des orphelins et augmente les responsabilités des filles au foyer – les privant souvent de la possibilité d’aller en classe et de faire de bonnes études.

« Ces questions touchent à la fois les filles et les garçons. Mais lorsqu’il y a beaucoup d’orphelins, les filles sont forcées de prendre soin de la famille. Les élèves ont besoin d’être guidés et nous pouvons le faire », dit Kenanao Phele, un autre étudiant à l’université, qui travaille sur ce projet.

« Dans presque toutes les écoles que nous visitons, nous voyons des orphelins », ajoute Banabotlhe Kesianye, qui figure comme bénévole dans ce mouvement depuis quatre ans. « Parfois, ils comptent sur d’autres élèves simplement pour obtenir un uniforme ».
Grâce à « Diffuser la nouvelle », des enfants sont encouragés à partager leurs espoirs et leurs craintes de manière confidentielle. Ceci est particulièrement important en raison de la fréquence de la violence dont les filles sont victimes et du manque d’« espaces protégés » dans bien des écoles.

« Lorsque nous parlons avec des élèves, un bon nombre d’entre eux sont vraiment ravis de dire ce qu’ils pensent », raconte une bénévole de 20 ans, Rebecca Nyangavesi. « Ceci aide les filles, en particulier celles qui subissent des sévices. Nous sommes là pour les aider et nous ne révélons jamais leurs noms. Pour elles, il est formidable d’être en mesure de parler sans crainte de subir un interrogatoire ou d’être punies. Nous sommes la voix de ceux qui ne peuvent se faire entendre ! »

Le 10 décembre,  les conclusions du projet « Diffuser la nouvelle » vont être annoncées, lors du lancement du Mouvement pour l’éducation des filles/garçons, dans la mesure où il participe à l’Initiative des Nations Unies pour éducation des filles.


 

 

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
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