Éducation de base et égalité des sexes

La scolarisation a doublé au Darfour malgré l’aggravation de la crise

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© UNICEF/HQ04-0240/Parker
Assise sur un morceau de bâche posé sur le sol, une élève assiste à un cours, avec d’autres enfants déplacés, dans une école de fortune au Darfour.

DARFOUR (Soudan), 3 mars 2005 – La scolarisation au Darfour a plus que doublé au cours des six derniers mois. Les enfants de moins de 18 ans représentent plus de la moitié des personnes déplacées au Darfour et l’UNICEF estime qu’il est essentiel de leur fournir une éducation pour stabiliser leur vie.

Malheureusement, la population touchée par le conflit a également doublé depuis août. Selon l’UNICEF, la crise du Darfour demeure l’urgence la plus complexe dans le monde. Elle se caractérise par une extrême insécurité, un vaste déplacement de population et une dépendance vis-à-vis de l’aide humanitaire.

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Une femme trie du grain récupéré qu’elle a ramassé sur le sol, après une distribution alimentaire dans le camp d’El Meshtel, au Darfour.

Des groupes de miliciens en maraude ont forcé des populations du Soudan à abandonner leurs villages et à s’enfuir vers des zones urbaines ou des camps du Tchad voisin. Selon les estimations actuelles, plus de 210 000 réfugiés restent au Tchad, alors que le nombre des déplacés du Darfour a atteint environ 2,4 millions, dont 1,4 million d’enfants de moins de 18 ans et 550 000 de moins de cinq ans. L’UNICEF attire l’attention sur la vulnérabilité de ces enfants à la violence, à la maltraitance, à la faim, à la maladie et à l’exploitation en cette période d’effondrement social et économique.

L’UNICEF croit que l’éducation est essentielle à la stabilisation et au retour à une vie normale des enfants pris dans ce conflit. « Nous estimons à l’UNICEF que l’éducation, dans une situation d’urgence, est absolument décisive non seulement pour donner aux enfants la chance de s’instruire mais aussi pour tenter de créer une situation de normalité. Afin d’attirer les enfants dans un centre, on les fait étudier, chanter et danser » a déclaré le représentant spécial de l’UNICEF au Soudan, M. Keith McKenzie. Les enfants trouvent dans les écoles un environnement de sécurité et de protection et ils peuvent en outre y recevoir un appui psychosocial.

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Plus de 210 000 réfugiés restent au Tchad alors que le nombre de personnes déplacées du Darfour a atteint environ 2,4 millions.

L’UNICEF s’est engagé à rétablir et à créer des activités d’enseignement pour 300 000 écoliers du primaire touchés par le conflit et pour 50 000 enfants des communautés d’accueil. Depuis fin février, environ 167 241 enfants touchés par le conflit ont été scolarisés au Darfour avec l’appui de l’UNICEF. « À peu près 30 pour cent des enfants en âge d’aller à l’école primaire sont scolarisés, ce qui est un résultat extraordinaire. Toutefois, il nous faut aussi atteindre les autres », a ajouté M. McKenzie.

Par ailleurs, l’UNICEF prévient qu’une sévère pénurie alimentaire pourrait survenir lors de l’actuelle saison sèche. Les 2,6 millions de personnes déplacées en raison du conflit risquent fort de manquer la saison des semailles, dans la mesure où elles vivent encore dans des camps. « Cela signifie que ces gens auront besoin d’une aide humanitaire pour les 18 prochains mois », a expliqué M. McKenzie.


 

 

Audio (en anglais)

3 mars 2005:
Le représentant spécial de l’UNICEF pour le Darfour M. Keith McKenzie parle des efforts accomplis par l’organisation pour ramener davantage d’enfants du Darfour à l’école.

Présentation multimédia (en anglais)

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