Éducation de base et égalité des sexes

Où sont passées les écolières du Tadjikistan ? Une nouvelle enquête soutenue par l’UNICEF explique …

Image de l'UNICEF
© Aga Khan Foundation

30 avril 2004, Dushanbe – Des responsables du Ministère de l’Éducation, des enseignants, des représentants d’une association de parents et d’instituteurs, des organisations non gouvernementales (ONG) et des écoliers ont assisté à une conférence de deux jours (27 et 28 avril) tenue à l’Institut central de la formation en cours d’emploi de Dushanbe, au Tadjikistan.

La conférence se proposait d’examiner les résultats d’une enquête qualitative sur l’éducation des filles et d’identifier les moyens d’améliorer la situation des écolières au Tadjikistan.

Dans ses remarques liminaires, la responsable du Bureau de l’UNICEF au Tadjikistan Yukie Mokuo a dit aux participants que l’étude avait été réalisée pour remédier à l’état alarmant de l’éducation des filles au Tadjikistan.

« Dans le passé, le Tadjikistan enregistrait de bons résultats scolaires à la fois pour les filles et les garçons. Mais la situation change, et nous sommes alarmés par le fait que près de 20 pour cent des filles ne finissent pas les neuf années d’instruction obligatoire », a dit Mme Mokou.

« C’est la raison principale qui a poussé l’UNICEF à soutenir la réalisation de cette étude, qui examine les facteurs qui empêchent les filles d’aller à l’école ou de finir les neuf années d’instruction obligatoire », a-t-elle précisé.Principaux résultats de l’étude

Les informations recueillies dans l’étude ont été définies de telle sorte que toutes les personnes impliquées dans l’éducation des filles, à l’école et à maison, soient concernées. Les enquêteurs ont  effectué des entrevues de groupe et des interviews individuelles, et ont fait des observations dans les écoles, les foyers et les quartiers des filles qui n’étaient plus scolarisées. D’autres interviews informelles ont été réalisées avec des responsables des pouvoirs publics locaux et plusieurs dirigeants communautaires.

Pendant la conférence, Niloufar Pourzand, coordinateur de programmes de l’UNICEF, a présenté les principaux résultats de l’étude, qui sont les suivants :

  • quarante pour cent de filles ne croient pas que l’éducation améliorerait leur qualité de vie
  • cinquante-sept pour cent des parents pensent qu’il est plus important d’éduquer les garçons que les filles
  • le nombre de filles qui abandonnent l’école augmente proportionnellement au niveau d’études

Ces trois facteurs importants expliquent la baisse de la fréquentation scolaire des filles et le fait qu’elles ne finissent pas le nombre d’années d’instruction obligatoire.

Les nombreuses raisons pour lesquelles les filles sont laissées pour compte

Au Tadjikistan, plus de 80 pour cent des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté et la majorité d’entre elles ont du mal à assumer le coût de l’éducation de tous leurs enfants, mais selon l’étude, ce n’est pas la raison principale derrière la baisse de la fréquentation scolaire des filles.

Une analyse de l’étude a révélé que la plupart des familles préfèrent financer l’éducation de leurs fils plutôt que de leurs filles, surtout lorsqu’elles sont confrontées à des difficultés économiques.

La socialisation des garçons et des filles à l’école et à la maison est une autre raison qui conduit les filles à être exclues de l’école. Par exemple, dans de nombreuses familles tadjikes, les fils portent le nom de la famille et devront s’occuper de leurs parents lorsqu’ils seront vieux, tandis que les filles se marieront et s’occuperont de leur mari et de leurs enfants. Par conséquent, les parents tendent à investir davantage dans leurs fils, notamment dans leur éducation, compte tenu du rôle qu’ils joueront plus tard dans leur vie.

Selon les résultats de l’étude, la socialisation des filles et des garçons qui a lieu à la maison est renforcée en classe par les enseignants.

L’étude montre aussi la place importante qu’occupe la religion chez de nombreuses familles tadjikes, ainsi que son influence sur les décisions concernant l’éducation des filles. Les écoles religieuses ou une classe animée par un enseignant religieux ou bihatun sont souvent la solution retenue pour instruire les filles, surtout parce qu’elles sont gratuites ou ne requièrent que des cadeaux que la famille à les moyens de faire. Les classes des bihutan sont axées sur la lecture du Coran et permettent d’acquérir certaines aptitudes à la vie quotidienne que les familles jugent précieuses pour préparer les filles au mariage.

L’UNICEF continue d’améliorer l’état de d’éducation des filles au Tadjikistan

Pendant la conférence de deux jours, plusieurs recommandations ont été soumises pour améliorer l’état de l’éducation des filles au Tadjikistan, et l’UNICEF, selon Mme  Mokuo, continuera à coopérer avec le Ministère de l’Éducation et travaillera avec des ONG, les parents, les enseignants et les écoliers pour faire revenir les filles à l’école.

En outre, le Programme de pays pour 2005-2009 s’efforcera d’améliorer les informations disponibles sur les filles qui risquent d’abandonner l’école, de mobiliser le soutien des dirigeants locaux et des femmes de la communauté, de renforcer la convivialité et la pertinence des cadres d’apprentissage à l’école et de renforcer l’engagement des parents à soutenir leurs filles.


 

 

UNGEI

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