En bref : Guinée-Bissau

En dépit des événements tragiques subis, le Japon maintient son appui aux écoles de la Guinée-Bissau

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© UNICEF Guinée-Bissau/2011/Shibuya
Un élève de deuxième année applaudit joyeusement à l’école primaire Nhala à Buba, Guinée-Bissau, au moment de recevoir des livres scolaires dans le cadre d’une distribution de l’UNICEF soutenue par le gouvernement du Japon.

REGION DE BUBA, Guinée-Bissau, 11 avril 2011 – L’excitation est à son comble à l’école primaire Nhala lorsque les élèves apprennent qu’ils vont recevoir des livres scolaires. La distribution de livres, qui fait partie d’un important programme de l’UNICEF que soutient le gouvernement du Japon, est la première organisée depuis 2004 dans cette nation fragile de l’Afrique de l’Ouest plongée dans l’instabilité politique et la pauvreté.

« Nous allons enfin pouvoir voir les mots sur papier », s'écrie Suleimane Camara, 11 ans, à l’idée de recevoir des livres pour la quatrième année de primaire. « Nous allons pouvoir rapporter nos devoirs à la maison et devenir intelligents ! »

L’UNICEF distribue près de 1,1 million de livres aux écoles primaires publiques du pays,  grâce à une subvention de 9 millions de dollars accordée par le gouvernement du Japon.
Le projet vise à améliorer l'accès à l’éducation en offrant des manuels scolaires, en construisant des salles de classe et en travaillant à l’alphabétisation. Le projet a également pour but de réduire la mortalité infantile et post-infantile grâce à la construction de centres de santé, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) et des activités pour l’eau, l'assainissement et l'hygiène.

L’appui capital du Japon

Classée à la 164e place, sur 169, à l'indice 2010 du développement humain, la Guinée-Bissau a du mal à se remettre du conflit armé de 1998-1999 qui avait entraîné une décennie d'instabilité politique, d'insécurité, de non-respect des lois et de stagnation économique. De nombreux bailleurs de fonds internationaux s’étaient retirés du pays.

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Sachiko Takeda, du ministère des Affaires étrangères du Japon, donne un livre à un élève de l’école primaire Justado Vieira à Bissau, Guinée-Bissau. Le Ministre de l’éducation nationale, de la culture, de la science, de la jeunesse et des sports Artur da Silva (à droite) et le représentant de l’UNICEF en Guinée-Bissau regardent la scène.

Dernièrement, des grèves d’enseignants et d’agents de santé, décidées pour protester contre le non-paiement des salaires, se sont traduites par des journées scolaires perdues pour les élèves et l’absence de soins de santé. Dans ce contexte, le récent soutien du Japon, en collaboration avec l'UNICEF, s’est révélé particulièrement important.

Une cérémonie marquant le lancement de la distribution des manuels à la mi-mars a commencé par une minute de silence à la mémoire des victimes du séisme et du tsunami au Japon. Le ministre de l'Éducation nationale, de la Culture, des Sciences, de la Jeunesse et des Sports, M. Artur da Silva, a souligné l'importance de l’appui du Japon dans le développement du secteur de l'éducation en Guinée-Bissau.

« Il importe de bien prendre soin de ces livres et d’en faire le meilleur usage possible », a-t-il déclaré. « Ils sont à notre disposition grâce au sacrifice et aux efforts des Japonais qui tenaient à ce qu’ils parviennent aux enfants de la Guinée-Bissau ».

« Je peux mieux étudier »
À l’école primaire de Sanconha dans la région de Tombali, Aminata Sane, une élève de 13 ans, est heureuse d’étudier dans un complexe de salles de classes reconstruit récemment avec l’appui du Japon.

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Aminata Sane, 13 ans, étudie dans une salle de classe récemment rénovée à l’école primaire de Sanconha à Quinara, Guinée-Bissau.

« Avant, il y avait des trous dans les murs de notre salle de classe, c’était donc difficile de se concentrer. Mais maintenant avec la nouvelle salle de classe, je peux mieux étudier », dit Aminata.

« Quand j'ai entendu parler des terribles catastrophes au Japon, j'ai été très triste, ajoute-t-elle, et je vais prier pour que Dieu les aide aussi ».

De nouvelles possibilités

Il n’y a pas que les enfants qui profitent de ce projet, les personnes qui s’occupent d’eux aussi. N'Sumdeua Pigue, 37 ans, finit le cours d'alphabétisation de trois mois organisé dans la région d’Oio et soutenu par le Japon. Cette mère de quatre  enfants s’occupe également toute seule de trois neveux. Son mari est au chômage depuis plus de six ans.

« Le petit revenu que je tire de la vente d’eau froide doit nourrir neuf personnes, donc je dois travailler tous les jours sur le marché à partir de 7h30 du matin jusqu'au soir », dit Mme Pigue.

Lorsqu'on lui demande pourquoi elle a suivi ce cours d'alphabétisation, elle répond en pleurant : « Je suis une mère-orphelin et je n’ai jamais eu l'occasion de fréquenter l'école. J'avais honte de ne pas savoir lire ou écrire ». Mais maintenant que Mme Pigue a terminé la formation, elle est à même de lire la destination du toka-toka (minibus) sans avoir à demander au chauffeur à chaque fois.

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© UNICEF Guinée-Bissau/2011/Monteiro
N’Sumedeua Pique, une jeune fille qui suit des cours d’alphabétisation soutenus par le Gouvernement du Japon, vend de l’eau au marché pour gagner de quoi faire vivre sa famille.

« Regardez, je peux même écrire une lettre maintenant », dit-elle, en montrant fièrement à un visiteur quelques lettres fraîchement écrites.

Beaucoup de chemin à faire

Par ailleurs, pour veiller à la qualité des écoles de la Guinée-Bissau, 77 inspecteurs de l'Éducation nationale ont reçu des motos de l'UNICEF.

« Avant, nous ne pouvions visiter que les écoles accessibles, quand on arrivait à se faire amener quelque part ou s’il y avait un toka-toka qui passait ce jour-là », constate l'inspecteur Julho Inhen Yara, dans la région de Quinara. « Maintenant, avec ces motos, nous serons en mesure de visiter toutes les écoles et de faire notre travail. »

Toutefois, il reste beaucoup de chemin à faire. Maintenant que le problème de l’éducation a été abordé, il importe que les enfants apprennent bien pendant qu’ils sont à l’école. Cela exigera des efforts d’ensemble axés sur une démarche adaptée aux enfants - y compris la formation d’enseignants, le développement des capacités des conseils d’école et la réforme des programmes d’enseignement.

« L'éducation est l'avenir de notre pays », dit un autre inspecteur, Mario Fernandes, de la région de Tombali. « Forts d’une éducation, les enfants seront en mesure de faire de bons choix à l'avenir. Au lieu de céder et de rejoindre les forces armées en désespoir de cause, ils pourront faire leurs propres plans et gagner de l’argent. L’éducation est la clé de notre avenir économique et de la paix ».

Venício de Carvalho, Francisco Muniro Conté, Virginia Monteiro et Patirica Rosa ont contribué à cette histoire.


 

 

Écoles « amies des enfants »

Apprendre plus sur Ecoles amies des enfants et une éducation de qualité (site web en anglais)

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