En bref: Guatemala

Le lancement du livre «Mirame» jette la lumière sur les défis auxquels doivent faire face les filles autochtones

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© UNICEF Guatemala/2007/Chevigny
Dora Alonzo, 15 ans, membre du Parlement des enfants du Guatemala, s’exprimant lors du lancement de «Mirame», un livre issu d’un programme conjoint entre l’UNICEF et La Defensoria de la Mujer Indigena.

Par Blue Chevigny

CIUDAD DE GUATEMALA, Guatemala, 22 août 2007 – Dora Alonzo, 15 ans, portait une magnifique robe jaune, rose et bleue tissée à la main. «Nous sommes des filles : nous aimons jouer, nous aimons rire, nous aimons chanter, nous aimons profiter de la vie » a-t-elle déclaré la semaine dernière, au Musée des Enfants de Ciudad de Guatemala, devant une assistance où se trouvaient de nombreuses jeunes filles comme elles.

Le rassemblement du 14 août  marquait la publication de «Mirame: Situación de la Niña Indígena en Guatemala » («Regarde-moi : la situation des filles autochtones au Guatemala »), un livre composé de photographies et d’un large éventail d’informations sur les réalités de la vie des filles autochtones de ce pays d’Amérique Centrale.

Dora fait partie de l’immense communauté Maya du Guatemala qui, avec les groupes Xinca et des Garifuna, moins importants, représentent plus de 40% de la population du pays. Elle est également membre du Parlement des Enfants du Guatemala et représente l’état de Quiche.

«Notre culture et notre langage sont une partie d’un système de connaissances, d’idées, de technologies et de valeurs qui ont été élaborées et transmises à travers des générations» a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de lancement du livre.

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Manuel Manrique, le Représentant de l’UNICEF au Guatemala en train de présenter le nouveau livre sur la vie des filles autochtones, «Mirame».

Une triple discrimination

«Mirame» est le résultat d’un programme conjoint entre UNICEF Guatemala et La Defensoria de la Mujer Indigena (DEMI), une ONG dont la mission est de promouvoir les droits des femmes et des filles autochtones.

«En général, les populations autochtones font l’objet d’une discrimination, les enfants d’une double discrimination et les filles autochtones d’une triple discrimination» a expliqué sur UNICEF Radio Manuel Manrique, le Représentant de l’UNICEF au Guatemala, après s’être exprimé lors de la cérémonie de lancement.

«Si vous passez en revue le cycle de vie de la naissance jusqu’à l’âge de 18 ans, la situation des filles autochtones est pire que celle des autres, a-t-il ajouté. Les femmes autochtones alimentent les taux de mortalité maternelle les plus élevés du pays et les filles autochtones sont les enfants qui passent le moins de temps à l’école.»

En fait, les populations autochtones du Guatemala sont affectées par des indices plus mauvais que pour l’ensemble de la population en termes d’éducation, de santé, d’alimentation et de protection. Pour les filles, la disparité est même encore plus grave.

Dans un pays où les taux de pauvreté sont parmi les plus élevés de la région – et où un sondage co-parrainé  par l’UNICEF et le quotidien Prensa Libre a fait état d’une vaste majorité affirmant que la discrimination y est répandue – il est impossible de parler des malaises sociaux sans considérer la vie des autochtones.

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© UNICEF Guatemala/2007/Arteaga
Des jeunes filles autochtones comme celles présentent au forum de Panajachel au Guatemala, n’ont pas d’accès à une éducation, à des services de santé, de nutrition et à un avancement économique.

Diversité et respect

Teresa Zapeta, avocat de la DEMI et co-auteur de «Mirame» s’est exprimée lors du lancement du livre en kakchiquel, sa langue maternelle, et en espagnol. Elle a affirmé qu’elle espérait diffuser son message autour de la planète.

«Nous aimerions, par nos actions dans ce pays et particulièrement en tant que femmes autochtones, coopérer avec les autres pays du monde, a déclaré Teresa Zapeta. Nous devons reconnaître que, en tant qu’être humains, nous sommes différentes.  Et à l’intérieur de cette différence, chacune d’entre nous a ses propres droits. Et nous devons défendre ces droits, être respectées et vivre dès l’enfance avec la connaissance de ces droits.»

Le vice-président du Guatemala, Eduardo Stein Barillas, s’est également exprimé lors du lancement de « Mirame », évoquant l’engagement du gouvernement actuel en faveur des problèmes d’éducation, de santé et de promotion des filles. Avec les élections nationales et locales qui ont lieu au Guatemala au début du mois de septembre, l’UNICEF espère porter l’attention de tous les candidats sur l’amélioration des conditions de vie des enfants avec une attention spéciale sur celles des filles autochtones.

«S’employer à rendre les choses meilleures»

Dora était débordante de joie  une fois achevées les communications de la journée. Mais malgré son enthousiasme, elle a fait part d’inquiétudes concernant les difficultés auxquelles doit faire face la fille autochtone moyenne de son pays. 

«On devrait tenir compte de nous toutes. S’ils nous remarquent, très souvent les Latino-Américains pratiquent une discrimination à notre égard simplement à cause de la façon dont nous nous habillons, qui est très belle et que nous pratiquons depuis des siècles »  a-t-elle affirmé.

«En tant que population, habitantes d’un pays, nous voulons compter de façon à ce que notre pays puisse se développer correctement, a poursuivi Dora. Si chacune s’unit, nous aurons la force de continuer à nous employer à rendre les choses meilleures.»


 

 

Audio (en anglais)

Le reportage de la correspondante d’UNICEF Radio, Blue Chevigny, sur l’engagement de l’UNICEF au Guatemala dans le but d’améliorer l’éducation, l’alimentation et la santé des filles autochtones.
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