Égypte

Dans l'Egypte rurale, l'enseignement parvient jusqu'aux filles dans une école amie des enfants

Par Alissa Shapiro

LE CAIRE, Egypte, 16 août 2010 – Yusriya, 13 ans, porte avec fierté la couronne que lui a faite son professeur. Un sourire confiant traverse son visage alors qu'elle commence en classe son exposé sur l'assainissement.

VIDEO - Le reportage de la correspondante de l'UNICEF Nina Martinek sur le programme d'écoles amies des enfants qui touche les filles de l'Egypte rurale.

 

Chaque matin, Yusriya est la première dans la classe, rassemblant les badges qui portent les noms de ses camarades et les leur distribuant alors qu'ils se mettant en rang au début des cours.

Changer les mentalités

« L'école est un endroit où j'adore être, » dit Yusriya. Selon ses professeurs de l'école Al-Soulieman, la jeune fille, qui se trouve en quatrième année, est un leader né : elle participe, travaille dur et encourage les autres élèves. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Yusriya, 13 ans et élève d'une école dans le sud de l'Egypte rurale, est la première personne de sexe féminin de sa famille à faire des études.

Pourtant, ici dans l'Egypte rurale du sud, Yusriya n'avait récemment qu'une faible chance de seulement aller à l'école. Elle vit juste à une rue de l'école Al-Soulieman où des familles de métayers comme la sienne parsèment les vastes terres. Dans cette région rurale, à quatre heures et demi de la capitale, Le Caire, très peu d'adultes font des études, quasiment aucun d'eux étant des femmes. La mère de Yusriya et ses sœurs aînées n'avaient pas le droit d'aller à l'école, pas plus que les membres de sa famille de sexe féminin plus âgés. Mais cela a changé quand l'école Al-Soulieman, voici quatre ans, a ouvert avec l'appui de l'UNICEF.

Le but de l'école est d'apporter un enseignement d'excellente qualité aux enfants dans cette région éloignée. Dans le cadre du programme de l'UNICEF les « Ecoles amies des enfants », l'établissement place les besoins et des droits de l'enfant au premier plan de ses activités. Comme une grande partie des écoles publiques égyptiennes se trouvent loin de villages des zones rurales comme celui de Yusriya, l'UNICEF apporte son aide pour faire parvenir plus près l'enseignement avec des écoles constituées d'une seule salle. Et comme les familles gardent traditionnellement leurs filles au foyer tandis que leurs fils se rendent à pied à l'école – parfois à des heures de distance pour l'aller comme pour le retour – celles-ci, spécialement, sont recrutées pour le programme.

En outre, des spécialistes travaillant sur le terrain visitent dans la région les communautés qui ne disposent pas d'écoles, collaborant avec les familles pour les aider à en créer une.

Voix égales

Envoyer les filles à l'école est une notion nouvelle dans cette partie de l'Egypte. Pour mieux sensibiliser la population et donner aux filles une voix égale, les nouvelles écoles sont fondées sur un enseignement démocratique. Chaque élève a la possibilité d'exprimer ses idées et ses opinions. Ils reçoivent le choix de leurs sujets d'études et de la façon d'étudier et se voient offertes de nombreuses chances de prendre l'initiative et de s'exprimer en face de leurs camarades de classe.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Yusriya, 13 ans (à gauche), en compagnie de camarades de classe à l'école Al-Soulieman dans le sud de l'Egypte. L'école est constituée d'une salle de cours amie des enfants épaulée par l'UNICEF.

A présent, Yusriya veut être médecin. Elle désire aider sa famille et sa communauté et elle n'est pas non seulement optimiste mais a la conviction qu'elle y parviendra. 

Quand on lui demande combien d'années il lui faudra pour atteindre son but, Ysuriya sourit : «Dix ans, » répond-elle, imperturbable. Elle sait que la plus grosse difficulté – commencer tout d'abord à aller à l'école – a déjà été surmontée.


 

 

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
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