Côte d'Ivoire

D'une case de paille à une salle de classe : progrès dans l'enseignement en Côte d'Ivoire

Image de l'UNICEF
© UNICEF video still
Des enfants jouent et chantent dans une école maternelle appuyée par l'UNICEF à Bondoukou, en Côte d'Ivoire.

Par Vincent De Fait

ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 26 mars 2010 – Dans une partie rurale du nord-est de la Côte d'Ivoire, trois nouvelles salles de classe ont révolutionné l'enseignement pour les enfants du secteur.

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Il n'y pas si longtemps, les cours se déroulaient dans une case faite de feuilles de bananes séchées qui nécessitaient chaque année des réparations fréquentes à cause du vent et de la pluie. « Nous disposons aujourd'hui de meilleures conditions de travail, » dit en souriant Kra Kofi, un enseignant. Dans le village de Tchafritedouo où il travaille, à 100 kilomètres de la capitale du département de Bondoukou, chaque jeune élève dispose d'une chaise, d'une table, d'une ardoise, d'un stylo et d'un cahier.

Kra Kofi n'avait pas prévu de devenir enseignant. Après avoir reçu en 2000 un diplôme de gestion à l'université, à Abidjan, il ne pouvait pas trouver d'emploi. Il était alors retourné dans son village où Christophe Gnangbo, un enseignant président de l'organisation non gouvernementale Soleil Levant, l'avait repéré.

A cette époque, se souvient Christophe Gnangbo, « il n'y avait pas, dans les écoles, assez de chaises pour les enfants et les enseignants s'étaient enfuis dans des zones plus sûres. Les enfants n'avaient plus accès à l'enseignement. J'ai proposé que nous tentions une expérience : les habitants des villages construiraient des salles de classe et, moi, je me chargerais de trouver les enseignants. » 

Collecte de fonds pour les écoles
Kra Kofi avait commencé à enseigner sans aucun livre, seulement avec un tableau noir. Les parents du village avait créé une caisse pour le payer environ 20 dollars par mois. Il n'était jamais facile de réunir l'argent.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video still
Un enfant ivoirien écrit sur un cahier dans un centre pour le développement de la petite enfance appuyé par l'UNICEF à Bondoukou.

« Au début, il y avait 80 élèves mais certains enfants ont abandonné leurs études, » dit Kra Kofi qui a été nommé directeur de l'école et travaille aujourd'hui avec deux autres enseignants bénévoles. L'UNICEF pourvoit l'école en fournitures par l'intermédiaire de Soleil Levant et a financé la construction de trois salles de classe à Tchafritedouo.

« Une partie des élèves qui avaient quitté l'école sont revenus, » dit Kra Kofi en remarquant que certains ont même réussi leur examen d'entrée au lycée, une première dans le village.

« Je n'ai pas eu la chance d'aller à l'école, » observe le responsable du comité de gestion de l'école du village, Guillaume Da. « En ville, je dois demander aux gens ce qui est écrit sur les panneaux parce que je ne sais ni lire ni écrire. Cela fait mal... Et je ne veux pas que cela arrive à mon fils, » ajoute-t-il.

Afflux dans l'enseignement
« Dans un village, une école change tout, » dit le Directeur régional de l'Éducation nationale, Charles Kambire, s’exprimant dans son bureau de la ville de Bondoukou. « Avant, quand une lettre arrivait, les gens devaient parcourir plusieurs kilomètres à pied avant de pouvoir trouver quelqu'un qui puisse leur la lire. »

Surtout, dit Charles Kambire, l'école apprend aux enfants des habitudes utiles et pratiques comme par exemple le lavage régulier des mains pour maintenir une bonne hygiène.
Bien loin de ses débuts modestes, Soleil Levant épaule aujourd'hui dans l'enseignement plus de 6000 enfants dans 84 villages. Mais l'ONG, appuyée par l'UNICEF, est toujours confrontée à de nombreux défis, à commencer par le recrutement des enseignants qui sont formés et payés par le gouvernement.

Il n'y a toujours pas assez d'enseignants en Côte d'Ivoire, par exemple, et les bénévoles ont besoin d'une formation pour être intégrés dans les équipes scolaires.
« Aujourd'hui, cela devient moins un problème pour les parents d'envoyer leurs enfants à l'école, » dit Charles Kambire, « mais il n'y a pas assez d'écoles. »


 

 

Vidéo (en anglais)

26 mars 2010 : le reportage d'Eva Gilliam, de l'UNICEF, sur les programmes destinés à faire augmenter les taux de scolarisation en Côte d’Ivoire.
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