Éducation de base et égalité des sexes

 

Podcast no 83 : Les filles qui font du codage informatique peuvent changer le monde – vers la parité des sexes dans le domaine de l’informatique

Au-delà des manuels scolaires – une série de podcasts sur l’éducation dans les situations d’urgence

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Une école de Port-au-Prince à Haïti. Alors que les efforts continuent pour donner aux filles l’égalité d’accès à l’éducation, développer leurs compétences en informatique est essentiel pour assurer qu’elles trouvent leur place et connaissent le succès dans un monde de plus en plus dominé par la technologie.

La Journée internationale de la fille a été célébrée le 11 octobre 2013; elle a été consacrée cette année à l’innovation en faveur de l’éducation des filles. Une utilisation intelligente et créative de la technologie, des politiques et des partenariats adaptés et, par-dessus tout, une participation active des jeunes eux-mêmes, sont indispensables pour surmonter les obstacles à l’apprentissage et au succès des filles.

L’UNICEF a parlé à Reshma Saujani, fondatrice de Girls Who Code, des moyens d’impliquer directement les filles dans ce domaine technologique pour leur permettre d’atteindre la parité des sexes dans les emplois informatiques.

NEW YORK, États-Unis, 10 octobre 2013 – Ce 11 octobre, l’UNICEF et ses partenaires du monde entier célèbrent la Journée internationale de la fille qui est consacrée à sensibiliser le public aux droits des filles et aux obstacles particuliers auxquels elles se heurtent un peu partout dans le monde. Avec le thème de cette année, « Innover en faveur de l’éducation des filles » on cherchait à montrer l’importance d’adopter des perspectives innovatrices et créatives pour faire avancer de manière décisive ce secteur de l’éducation.

Pour marquer cette journée, l’animateur de podcast Alex Goldmark s’est entretenu avec Reshma Saujani, fondatrice de Girls Who Code, une organisation à but non lucratif qui travaille à mettre en place la parité des sexes dans les emplois informatiques.

AUDIO : Pour écouter (en anglais)

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« Notre but est que les filles se rendent compte de l’importance de la technologie et que maîtriser le codage informatique est un savoir-faire dont elles auront absolument besoin au XXIe siècle, » déclare la fondatrice de l’organisation Girls Who Code, Reshma Saujani.

Une démarche en trois volets pour l’acquisition des compétences du XXIe siècle

Selon cette organisation, les filles constituent aujourd’hui 12 % des diplômés en informatique, un recul important par rapport à 1984 où ce chiffre se montait à 37 %. Mme Saujani pense que ce déclin a de multiples raisons et que celles-ci sont principalement liées aux barrières culturelles qui persistent dans nos sociétés. « Quand nous pensons à l’informatique, nous pensons à un type enfermé tout seul dans une pièce qui tapote sur un clavier d’ordinateur, » dit Mme Saujani.

Pour changer cette manière de voir les choses, son organisation oriente son travail sur trois axes – former les filles et leur donner des compétences informatiques, mettre ces filles en contact avec des sociétés de haute technologie, et les présenter à des « mentors » dans ce domaine. « Notre but est que les filles se rendent compte de l’importance de la technologie et que maîtriser le codage informatique est un savoir-faire dont elles auront absolument besoin au XXIe siècle, qu’elles veuillent devenir Beyoncé ou Barack Obama, » explique Mme Saujani.

Se concentrer sur la communauté, répondre à la demande d’emplois nouveaux

Mais quelle serait la différence si plus de filles s’investissaient dans l’informatique ?

Mme Saujani pense que la nature des produits qui sont mis au point par les filles est différente, qu’ils répondent plus fréquemment aux besoins de la communauté – que ce soit dans le domaine médical, dans celui de la mode, du droit ou autres. Elle renforce cet argument en donnant l’exemple de filles qui ont mis au point des applications qui permettent de distinguer des tissus malades des tissus sains, d’aider les parents à trouver des écoles où leurs enfants ne courront pas le risque de subir des brimades, de trouver les toilettes les plus proches dans une rue précise.

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Des écolières suivent un cours d’informatique dans une école indienne. Mme Saujani considère que l’Inde offre de riches perspectives de collaboration, ce pays étant un des ceux qui a fait le plus de progrès vers la réalisation de la parité des sexes dans l’informatique.

En outre, selon Mme Saujani, le Ministère du travail des États-Unis prévoit que d’ici 2020 le marché du travail offrira 1,4 million d’emplois de spécialistes en informatique – alors que les universités du pays ne produiront sans doute pas plus de 30 % des diplômés nécessaires pour répondre à cette demande.

« En tant que consommateurs et en tant que pays, nous perdons du terrain dans le domaine de l’innovation parce que nous n’avons pas assez de femmes dans ces spécialités. Je suis persuadée que c’est la question la plus importante de notre époque au plan national pour les États-Unis. Nous sommes dans une situation où la majorité de nos emplois seront dans des domaines en rapport avec l’informatique, et nous ne disposons actuellement que d’un tiers des talents nécessaires pour y pourvoir, » ajoute-t-elle.

Collaboration internationale, solidarité féminine internationale

Faisant des comparaisons avec divers autres pays, Mme Saujani fait remarquer que certains des défis auxquelles font face les filles existent dans le monde entier et qu’il existe de bonnes perspectives de collaboration avec des pays comme la Chine, l’Inde et le Viêt-Nam qui ont tous procédé à des études sur les moyens de remédier aux obstacles à la parité des sexes dans les emplois informatiques.

Parlant de la Journée internationale de la fille, Mme Saujani déclare que pour elle l’objectif de cette journée est de célébrer la contribution que des filles apportent à l’innovation, de mettre en valeur l’incroyable travail qu’elles font et d’offrir aux autres filles une source d’inspiration. « Donc, pour moi, il s’agit de solidarité féminine internationale et d’apporter un soutien aux filles qui ont décidé de se consacrer à changer le monde, » conclut-elle.


 

 

Photographie : Les questions de genre

Audio

Reshma Saujani, fondatrice de Girls Who Code, une organisation à but non lucratif qui travaille à mettre en place la parité des sexes dans les emplois informatiques, parle à l’animateur de podcasts Alex Goldmark des raisons pour lesquelles les filles doivent être des acteurs clés dans ce secteur. Ecoutez l'interview

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