Éducation de base et égalité des sexes

 

À la conférence « L’éducation ne peut attendre », les dirigeants de divers pays ont souligné la nécessité de financer l’éducation – spécialement dans les situations d’urgence

Un groupe d’intervenants, au nombre desquels figurait S.A.R. la reine Rania Al Abdullah de Jordanie, a débattu des arguments en faveur d’une action prioritaire de planification et de protection de l’éducation pour les enfants victimes d’une situation d’urgence ou d’un conflit.  Regarder dans RealPlayer

 

Par Pierette James

Au cours d’une réunion sur la question de l’éducation dans les pays touchés par un conflit, des dirigeants de divers pays du monde ont souligné que les enfants avaient besoin d’éducation  non pas « même » dans les situations d’urgence – mais « surtout » dans les situations d’urgence.

NEW YORK, États-Unis, 25 septembre 2013 - Des dirigeants de divers pays et des représentants d’organisations internationales et de la société civile se sont réunis à l’UNICEF le 23 septembre pour rappeler qu’il était urgent de renouveler les engagements pour venir en aide aux 28,5 millions d’enfants qui sont actuellement privés d’éducation dans des pays touchés par un conflit.

Cinquante pour cent des enfants non scolarisés à travers le monde vivent dans des pays dévastés par des conflits, par rapport à 42 % en 2008.

La conférence « L’éducation ne peut attendre », organisée pour la deuxième année consécutive pendant la réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies, a été présidée par l’Envoyé spécial pour l’éducation du Secrétaire général de l’ONU, Gordon Brown. Réunie pour soutenir le programme« Initiative mondiale pour l’éducation avant tout » lancé il y a un an par le Secrétaire général, cette conférence a appelé à une meilleure planification en prévision des situations d’urgence, pour que la priorité soit donnée à l’aide humanitaire destinée à l’éducation, et pour que l’éducation soit protégée des attaques en cas de conflit.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
L’Envoyé spécial pour l’éducation du Secrétaire général de l’ONU, Gordon Brown, préside les débats de la conférence « L’éducation ne peut attendre ».

L’éducation – spécialement dans les situations d’urgence

Soulignant la situation dramatique de millions d’enfants en République arabe syrienne, le Directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake, a ouvert la conférence en décrivant cette situation comme une « catastrophe », et il a déclaré que l’éducation ne devrait jamais être victime des conséquences d’une situation de crise.

Se référant aux mots de Malala Yousafzai, jeune militante de l’éducation, M. Lake a affirmé, « les enfants veulent prendre leurs livres et leurs stylos… et même dans les situations d’urgence, dans les plus terribles circonstances, nous devons les soutenir. Pour leur bien à eux, et pour notre bien à nous. »

S.A..R. la reine Rania Al Abdullah de Jordanie a fait une intervention passionnée, « cela me met en colère qu’en cas d’urgence l’éducation soit une priorité aussi faible et qu’elle soit si dramatiquement sous-financée… Notre message aujourd’hui, ce n’est pas que les enfants ont besoin d’éducation même dans les situations d’urgence. C’est qu’ils en ont particulièrement besoin dans les situations d’urgence. »

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a expliqué, « L’éducation ne peut attendre » est une campagne pour assurer que toutes les filles et tous les garçons aillent à l’école, quelles que soient les circonstances. »

La planification permet de sauver des vies

Mme Alice Albright, P.D.G. du Partenariat mondial pour l’éducation,  a déclaré pour sa part, « La planification sauve des vies. C’est très simple… Nous devons mettre en place des plans afin de ne pas échouer à long terme à aider nos enfants. »

Reconnaissant cette nécessité d’une planification, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a ajouté, « Il y a un investissement massif qui doit être engagé… Si nous ne nous occupons pas des besoins éducatifs et des enfants dès le départ, nous n’accomplissons pas notre tâche. »

Le Ministre norvégien du développement international, Heikki Eidsvoll Holmås, a souligné le rôle important que l’éducation joue dans les périodes de conflit pour donner aux enfants le sentiment d’un retour à la normale. Il a évoqué le succès de programmes comme celui des écoles comme zones de paix (Schools as Zones of Peace) mis en œuvre dans la République démocratique fédérale du Népal, programme qui a permis de faire augmenter la fréquentation de l’école et d’assurer la sécurité des enfants.

Les écoles ne sont pas des « champs de bataille »

La Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés auprès du Secrétaire général, Leila Zerrougui, a déclaré, « les attaques transforment les établissements d’enseignement en champs de bataille. Nous ne pouvons pas rester sans réagir… Nous devons faire de plus grands efforts de concert avec les élèves, les enseignants et les communautés pour assurer qu’un conflit ne signifie pas la fin de l’éducation pour les enfants. »

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© UNICEF 2013/Shi
S.A..R. la reine Rania Al Abdullah de Jordanie prend la parole au cours de la conférence. Elle a mis l’accent sur la nécessité d’augmenter le financement de l’éducation pendant les situations de crise humanitaire et les conflits.

S.E. Abdi Farah Saeed, Ministre de l’éducation du Puntland, Somalie, a pris la parole au nom du Ministre du développement humain et des Services publics de Somalie, S.E. le Dr Maryan Qasim, pour parler des défis auxquels son pays fait face. « Mes compatriotes lancent un appel à l’aide à la communauté internationale. Presque la moitié de notre population n’est pas scolarisée…Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une troisième génération…Il est temps d’intervenir. »

« Nous avons échoué dans notre mission »

En ce qui concerne la priorité à accorder à l’éducation, dont le financement est tombé de 2,3 % du montant de l’aide humanitaire en 2010 à 1,4 % en 2012, les intervenants ont tenu des propos très fermes.

La Directrice de Save the Children Norvège, Tove Wang, a déclaré, « Si vous considérez les choses globalement, nous avons échoué dans notre mission… Nous avons échoué dans nos efforts pour exposer le problème. Nous avons échoué à convaincre les bailleurs de fonds de l’importance critique de l’éducation en situation de crise. Les parents savent combien c’est crucial, et les enfants le savent aussi. »

« Nous devons agir et trouver de nouvelles solutions », a-t-elle ajouté.

L’Envoyé du Secrétaire général pour la jeunesse et Défenseur de la cause des jeunes, Chernor Bah, qui préside le Groupe consultatif de la jeunesse pour l'éducation mondiale, a rappelé qu’il était impératif d’agir avec rapidité – et de responsabiliser la communauté internationale en lui demandant de prendre des engagements concrets et de les respecter.

« Chaque fois que nous que n’atteignons pas nos objectifs… il y a un nom derrière ces chiffres. Il y a un avenir qui est perdu, a déclaré M. Bah. J’aurais pu être une statistique. C’est pourquoi cela est important. Nous sommes tous dans une position exceptionnelle pour réaliser des changements… pour changer le paysage comme nous ne l’avons jamais fait auparavant. »

Concluant les travaux de la conférence, M. Brown a insisté sur l’importance de l’espoir en déclarant, « c’est l’éducation et la mise en place de l’éducation pour les enfants qui est le début de l’espoir dans une situation de conflit. Je vous exhorte à assurer que d’ici l’année prochaine, nous ayons obtenu à titre de communauté internationale de meilleurs résultats. »

Lisez l’Appel à l’action (en anglais lancé par l’UNICEF, Save the Children, le Partenariat mondial pour l'éducation, le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'éducation dans le monde, le Réseau interinstitutionnel pour l'éducation dans les situations d'urgence (INEE), le Groupement de l'éducation, l’UNESCO, l’IIPE-UNESCO, la Coalition mondiale pour la protection de l'éducation contre les attaques, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et Plan International.

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Millennium Development Goal 2 is Achieve universal primary education. Among the key interventions necessary to ensuring that, by 2015, children everywhere, boys and girls alike, will be able to complete a full course of primary schooling, is to ensure safe and protective access to quality education in humanitarian emergencies.

Pour plus d’informations sur les progrès effectués en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMDs) et sur les obstacles restant à surmonter, veuillez lire le point sur les OMDs : Accélérer les progrès pour les enfants -- Vers un programme de développement de l'après-2015 pour tous les enfants (en anglais).


 

 

Photographie : L’éducation

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