Éducation de base et égalité des sexes

 

Les pays d'Afrique partagent leur expérience sur l'abolition des frais de scolarité

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ04-0338/Furrer
Dans le cadre de la campagne «Let’s Go to School» (« Allons à l'école »), au Kenya, deux fillettes de l'école primaire de Ruthimitu, à Nairobi, finissent de remplir un questionnaire à la suite d'une interview avec un enfant non scolarisé.

Par Nisha Chatani-Rizvi

NEW YORK, ETATS-UNIS, 5 avril 2006 – Les frais de scolarité ferment les portes de l'enseignement aux enfants les plus vulnérables du monde en développement. Dans les pays frappés par les conflits, la sécheresse, la famine et la pandémie VIH/SIDA, ces frais de scolarité sont particulièrement accablants pour ces enfants, alors même qu’ils ont besoin de la routine, de l'environnement sécurisant et des services que procure l'école.

Dans l'Afrique subsaharienne, les frais de scolarité absorbent généralement un quart du revenu d'une famille pauvre. Pour permettre une meilleure égalité des chances et faire que plus d'enfants puissent être scolarisés, certains pays – dont le Kenya, la Malawi, le Mozambique, la Tanzanie, l'Ethiopie et le Ghana – les ont abolis. Ils ont aussi commencé à partager leurs expériences dans ce domaine avec les gouvernements qui envisagent de prendre des mesures similaires.

A partir d'aujourd'hui et cela durant trois jours, des responsables de l'enseignement des pays qui ont déjà supprimé les frais de scolarité se réunissent à Nairobi, au Kenya, avec des représentants du Burundi et de la République démocratique du Congo (deux pays qui ont récemment accepté de supprimer les frais de scolarité) ainsi qu'une délégation d'Haïti (qui  envisage actuellement une réforme de son système scolaire). L'UNICEF, la Banque mondiale, USAID et d'autres organismes partenaires participent à cette rencontre ainsi que divers donateurs, ONG, universitaires, tous rassemblés sous la bannière de l’Initiative pour l'abolition des frais de scolarité.

Accéder plus facilement à l’école

« De nombreux pays de cette région ont déjà relevé le défi de l’abolition des frais de scolarité et font face aux conséquences que cela a entraînées, a dit M. Cream Wright, le Directeur de l'éducation à l'UNICEF. nous réunissons maintenant ces pionniers pour qu’ils partagent leurs expériences d’une décision qui n’a jamais semblé aussi prometteuse.»

Les différents interlocuteurs qui se rencontrent à Nairobi se préparent à mettre en place des lignes directrices pour les pays prêts à ouvrir les portes de l'enseignement élémentaire en abolissant les frais de scolarité. Le but est d'aider ces pays à développer un système d'enseignement qui soit à la fois complet, équitable et viable.

«Cette réunion sur l’Initiative pour l’abolition des frais de scolarité pourrait bien être un pas important pour le mouvement en train de se dessiner un peu partout aux plans mondial et national, et grâce auquel on augmentera considérablement le nombre d’enfants scolarisés, ce qui nous rapprochera de l’OMD qui consiste à parvenir à l’éducation primaire pour tous d’ici à 2015 », a ajouté M. Wright.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ04-0338/Furrer
La petite Jackline Wangari, 11 ans, fréquente une classe spéciale où les élèves suivent une formation en vue d'effectuer un sondage sur les enfants non scolarisés de Nairobi, au Kenya.

Mais avec 115 millions d'enfants dans le monde en âge d'être scolarisés et qui ne le sont pas, les efforts dans ce sens sont actuellement bloqués. « Le nombre croissant d'orphelins et d'enfants vulnérables, y compris ceux affectés par le VIH/SIDA ou ceux prisonniers du travail a la maison, fait qu'il est impératif de supprimer ces frais», a déclaré M. Wright. 

«De la parole aux actes»

Bien que l'expérience révèle une forte augmentation des enfants se scolarisant quand un pays passe  à l'école gratuite, la même progression est perçue comme facteur de désorganisation pour la qualité de l'enseignement. Elle pose un énorme défi à la totalité des infrastructures scolaires – des locaux à la taille des classes en passant par les fournitures et les installations sanitaires (quand elles existent).

Pour répondre à ces difficultés et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement de l'enseignement primaire pour tous d'ici les dix prochaines années, les programmes d'enseignement auront besoin d'un nouveau souffle et de s'élargir de façon significative. «Les initiatives audacieuses ont le vent en poupe, et l’abolition des frais de scolarité est une initiative qui est maintenant solidement installée dans le programme de développement mondial, c’est même devenu un point de ralliement pour les partenaires », a-t-il dit.

L’Initiative pour l’abolition des frais de scolarité, lancée en 2005 par l'UNICEF et la Banque mondiale, réunit des partenaires venus d'horizons très différents chargés de mettre en place ce calendrier de deux manières :

  • D'abord évaluer, analyser et maîtriser le savoir et l'expérience relatifs à l'impact de l'abolition des frais de scolarité et à la façon dont les pays font face aux retombées d'un accès plus large à l'enseignement. 
  • Ensuite, utiliser ces connaissances et cette expérience comme base pour offrir des lignes directrices et un soutien aux autres pays se préparant à la suppression des frais scolaires.

Ce programme a aussi pour but d'aider les enfants vulnérables qui risquent d'être privés d'un enseignement élémentaire de qualité leur permettant d'acquérir une instruction primaire.

« Nous devons passer de la parole aux actes, des promesses aux résultats, a dit M. Wright. Les promesses de l’abolition des frais de scolarité ne devraient plus échapper aux nombreux pays qui sont prêts à prendre une initiative aussi audacieuse ».

Avec la collaboration d'Anna Azaryeva.


 

 

Vidéo (en anglais)

La Directrice de l'éducation élémentaire auprès du Ministère de l'Education du Kenya, Mary Njoroge, discute des réussites et des échecs les plus importants liés à la suppression des frais de scolarité dans son pays.

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Vidéo (en anglais)

Le Secrétaire à l'Education du Kenya, George I. Godia, souligne qu’il est nécessaire que les communautés s’engagent davantage dans le processus de suppression des frais de scolarité.

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