Barbade

La Barbade tente de changer les mentalités et d'instituer une discipline positive dans les écoles

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Une élève pose sa tête sur son bureau dans une classe de la Barbade où les châtiments corporels constituent une norme sociale profondément enracinée. L'UNICEF est à pied d'œuvre pour apporter aux enseignants et aux parents de nouvelles méthodes de discipline.

BRIDGETOWN, La Barbade, 4 juin 2010 – Au-delà des plages dignes d'un paysage de carte postale de la Barbade une polémique fait rage, divisant une grande partie de cette petite île : faut-il oui ou non continuer d'utiliser les châtiments corporels pour punir les enfants.  

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Cette pratique, qui consiste à frapper l’enfant avec une canne ou à le fouetter,  remonte à des générations. Elle est répandue à la fois dans les foyers et les écoles malgré les preuves qui montrent que battre les enfants nuit à leur développement.

« Cela ne marche pas »

Alors que les châtiments corporels sont en progression, la mauvaise conduite chez les jeunes de la Barbade ne régresse pas. Les enseignants, les directeurs d'école et les représentants du gouvernement s'empressent de faire remarquer que les écoles sont en fait en train de perdre le contrôle de leurs élèves.

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Un atelier de travail appuyé par l'UNICEF permet aux enseignants de la Barbade d'apprendre à instituer de nouvelles méthodes de discipline comme alternative aux châtiments corporels.

« Toutes les études - toutes les études internationales et régionales, des études que nous avons faites avec les enfants eux-mêmes, se prononçant sur le châtiment corporel et la façon dont la discipline est pratiquée dans les écoles - montrent que cela ne marche pas, » dit Tom Olsen, le Représentant de l'UNICEF pour la Barbade et les Caraïbes orientales.

Malgré cette simple réalité, les châtiments corporels restent  profondément enracinés dans la société de la Barbade. 

Forte opposition

Le Dr Idamay Denny, une haute responsable du ministère de l'Éducation de la Barbade, dit que l’abandon de cette pratique se heurte à une vive opposition. Pour un grand nombre de personnes, le châtiment corporel est lié au sentiment de fierté issu d'une forte identité nationale. 

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Des adolescents en train de suivre des cours dans une classe de la Barbade.

« Nous devons montrer à la population que d'autres façons d'exercer la discipline peuvent fonctionner, » dit-elle.

Winter Pilgrim fait la classe à des enfants de 10 et 11 ans. Il dit qu'il était un adepte convaincu du châtiment corporel jusqu'à ce que cela crée une division entre lui et sa propre fille qui était devenue turbulente et distante. Il se souvient du jour où il a été convoqué à son école.

« Le professeur m'a dit qu'elle avait peur de moi, » dit Winter Pilgrim. « Tout ce qui a été fait par le passé n'est pas nécessairement bien, » ajoute-t-il.

Autres stratégies

Déterminé à rétablir ses rapports avec sa fille, Winter Pilgrim est allé à un atelier de travail appuyé par l'UNICEF qui lui a permis d'appliquer d'autres stratégies pour élever les enfants. Les nouvelles  méthodes de discipline qu'il emploie donnent la priorité au fait « d'être le maître » de ses propres actions. Et au lieu de simplement infliger une punition pour mauvaise conduite, elles définissent  ce qu'il faut attendre des enfants et ce qui constitue un comportement correct. Pour les enfants, il devient plus facile de bien se conduire. 
L'atelier de travail fait partie d'un plan se déroulant sur trois années mené par l'UNICEF et le Gouvernement de la Barbade pour s'attaquer aux principales difficultés que pose l'abolition des châtiments corporels dans l'île.

« C'est très loin de la façon dont je faisais les cours avant, » dit Winter Pilgrim. Il dit que, aujourd'hui, ses élèves sont plus disciplinés, plus détendus et plus conscients de leurs propres actes. Même leurs facultés d'apprentissage se sont améliorées.

« J'ai découvert que le rapport entre la classe et moi-même était devenu bien meilleur  » dit Winter Pilgrim. « Je peux en fait obtenir davantage d'eux. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage à la Barbade du correspondant de l'UNICEF Thomas Nybo sur les actions menées pour éradiquer les châtiments corporels des écoles.
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