Timor-Leste

Au Timor-Leste, l’UNICEF et le gouvernement joignent leurs efforts en faveur des enfants pour reconstruire le système éducatif

Par Steve Nettleton

LACLUBAR, Timor-Leste, 13 mai 2011 – Tout en haut, le long de l’épine dorsale montagneuse du Timor-Leste (l’un des pays les plus pauvres d’Asie), les enfants du village isolé de Laclubar sont en route pour l’école. Derrière le cadre tranquille de ce lieu, niché sous une voûte de hauts arbres, se cache un passé tragique, dont les effets commencent à peine à s’estomper.

VIDÉO : 13 mai 2011 – Reportage de l’UNICEF sur les efforts menés par le Timor-Leste pour reconstruire le système éducatif.  Regarder dans RealPlayer

 

Grâce à une coopération à la fois locale et internationale, Madalena Soares, 13 ans, peut aller à l’école. Madalena n’est pas seulement une élève ; elle joue aussi un rôle de chef de file en tant que présidente du bureau des élèves de son école. Sa salle de classe n’est pas idéale : le sol est en terre et les murs sont en bambou cousu. Mais la plupart des autres salles sont en meilleur état.

L’école et la communauté de Madalena à Batara, Laclubar, ont beaucoup souffert à la suite du référendum en faveur de l’indépendance vis-à-vis de l’Indonésie en 1999. À l’époque, la milice pro-indonésienne avait riposté en mettant la province à feu et à sang, obligeant des centaines de milliers de Timorais à prendre la fuite.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Madalena Soares, 13 ans, dans son école à Laclubar. Le Gouvernement du Timor-Leste fait équipe avec l’UNICEF pour reconstruire l’intégralité de son système éducatif.

Reconstruire à partir de zéro

« En 1999, tout le monde, y compris les enfants, était éparpillé », a expliqué Fernanda de Almeida, ancienne directrice de l’école primaire publique de Batara. « Nous étions dans les montagnes (élèves et parents). Quand nous sommes rentrés, de nombreux élèves ne sont pas retournés à l'école ». Les bâtiments de l’école à Laclubar étaient en ruines, sans toit, bureaux ou chaises.

Un groupe de responsables des écoles locales a pris les choses en main et a entrepris de restaurer l'école. Ils ont demandé à d'autres anciens professeurs de retourner en classe et ils ont mobilisé la communauté pour donner un coup de main du mieux qu’elle pouvait.

« Les parents ont également contribué en fournissant des chaises, des tables et d’autres objets nécessaires au bon fonctionnement de l’école », se souvient Raimundo Soares, ancien président de l’Association des parents et enseignants à l’école primaire publique de Batara. « La communauté a montré un très grand intérêt et un vrai désir de reconstruire les écoles parce qu’elle veut quelque chose de bien pour ses enfants ».

Dans le nouveau pays, la situation de l'éducation était désastreuse. Dans la capitale, Dili, une grande partie de la population avait fui et de nombreux bâtiments scolaires avaient été incendiés.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Les élèves se mettent en rang pour recevoir leur repas scolaire, à Laclubar, au Timor-Leste. En plus des matières générales, les enfants apprennent la tolérance et le respect mutuel.

João Câncio Freitas, le ministre de l’Éducation du Timor-Leste, a annoncé que 80 pour cent des infrastructures avait été brûlées ou détruites à la suite du référendum. « À l’époque, 80 pour cent des enseignants étaient des Indonésiens ou des Timorais qui avaient décidé de rejoindre l'Indonésie. Les élèves sont partis précipitamment, et nous avons donc dû partir de zéro », a-t-il dit.

Enseigner la tolérance

Confronté à cet énorme défi, le gouvernement du Timor-Leste a fait équipe avec l'UNICEF pour reconstruire l’intégralité de son système éducatif. En collaboration avec l'UNICEF et ses partenaires, il a développé un nouveau programme d'études, continue à remettre en état les écoles et forme des milliers d'enseignants.

Une partie de sa stratégie au Timor-Leste consiste à rendre les écoles des lieux où l’on enseigne non seulement les connaissances de base, mais aussi la tolérance, le respect mutuel et la capacité à vivre en harmonie avec les autres.

« Un élément du programme d'études comprend l’éducation pour la paix, l'éducation civique et les droits de l'homme, de sorte que la prochaine génération connaîtra les principes fondamentaux des droits de l'homme et saura comment travailler ensemble et s’entraider », a déclaré Annette Nyquist, spécialiste de l'Éducation à l'UNICEF.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Des élèves à l’école de Laclubar, au Timor-Leste. Les efforts menés en faveur des enfants ont conduit les parents et les communautés locales à s’impliquer davantage dans la promotion de l’éducation.

Cette approche globale suit le modèle des écoles amies des enfants de l'UNICEF, dont le but est de fournir une éducation de qualité. Il s’agit, entre autres, d’encourager les enfants et la communauté à s'impliquer davantage dans le processus éducatif.

L’école primaire publique de Batara est l’une des près de 40 écoles à travers le Timor-Leste ayant mis en oeuvre le programme des écoles amies des enfants. Ici, les enseignants apprennent à créer un environnement d'apprentissage plus inclusif, où les élèves se sentent plus libres de participer en cours.

« L’éducation est essentielle »

Pour les enfants, les parents et les responsables de la communauté, les efforts de remise sur pied du système éducatif permettent d’atteindre les communautés les plus marginalisées, telle que Laclubar.

« L’éducation ne sert pas seulement à éduquer les populations, mais aussi à leur donner des compétences pour (…) se préparer à faire partie du processus de développement, a déclaré Mr. Freitas. L’éducation est essentielle pour un pays comme le nôtre ».


 

 

Recherche