Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

Transformer la vie des enfants handicapés grâce à une éducation inclusive

Par Lely Djuhari

NEW YORK, le 14 février 2013— Les enfants handicapés figurent parmi les plus vulnérables et les plus exclus du monde.  Leurs droits sont souvent violés.

Cachés à la maison ou placés dans des institutions spécialisées, ils sont souvent privés d’éducation. Beaucoup grandissent loin de leur famille. S’ils restent à la maison, les parents craignent les moqueries et les railleries à cause de la stigmatisation associée au handicap. En général on ne les voit pas en public, et ils n’ont pas non plus l’occasion de s’impliquer activement dans leurs communautés.

© UNICEF VIDEO
Février 2013 : la correspondante de l’UNICEF MP Nunan fait le point sur les efforts d’intégration des enfants handicapés au système scolaire.  Regarder dans RealPlayer

 

Le Rapport mondial sur le handicap de 2011 révélait qu’en 2004 le nombre d’enfants de moins de 14 ans souffrant de handicap modéré à grave représentait 5,1 pour cent de la population. 

Malgré les difficultés, de nombreux pays d’Europe centrale et orientale et d’Asie centrale, notamment l’Arménie, le Monténégro et la Serbie, ont introduit des politiques progressistes en matière d’éducation inclusive et lancé des campagnes de lutte contre la discrimination.

Ces efforts ont permis un changement des comportements et ils ont eu des effets positifs sur la vie des enfants handicapés.

L’UNICEF travaille avec les gouvernements afin d’appuyer les systèmes d’éducation, les familles et les enfants pour réduire les inégalités issues de l’exclusion sociale. « Imaginez un monde où tous les enfants sont intégrés, impliqués; où leurs talents sont valorisés et leur contribution reconnue », a dit Anthony Lake, le Directeur général de l’UNICEF. « C’est vers ce monde qu’avance  l’UNICEF ».

Siranoush Martirosyan, une Arménienne de 12 ans, est en fauteuil roulant. Elle explique qu’elle peut désormais aller à l’école N° 129 près de chez elle dans la capitale, Erevan. « Je suis bonne en dessin et en piano », dit-elle. « Je me sens comme les autres enfants dans cette école. J’aime être avec d’autres enfants, sortir avec eux pendant les vacances, m’amuser avec eux et participer aux activités
scolaires. »

Le nombre d’écoles spécialisées a baissé de moitié en Arménie, tandis que le nombre d’écoles inclusives est monté jusqu’à 100 depuis 2005, année d’introduction de l’éducation inclusive.

En Serbie, Zarica Kumanovic, la mère d’Aleksa qui va à l’école primaire de Vuk Karadzic, affirme : « Aleksa est satisfait et content, il vit dans un environnement sain avec des amis qui l’acceptent et des professeurs qui répondent à ses besoins en cas de nécessité ».

Les trois gouvernements ont récemment fait part de leurs progrès et difficultés lors d’un briefing en marge de la réunion du Conseil d’administration de l’UNICEF.

L’éducation inclusive implique de donner à chaque enfant la possibilité d’étudier au sein de l’école locale avec un appui suffisant pour atteindre son plein potentiel. Néanmoins, cela ne nécessite pas d’institutions ou de soins spécialisés, de matériel coûteux ni de compétences spécialisées. Cela signifie simplement que tous les élèves, y compris les élèves handicapés, doivent pouvoir bénéficier de services et d’approches personnalisés de l’apprentissage.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Armenia/2012
Siranoush, 12 ans, avec ses amies, dans son école inclusive accessible aux fauteuils roulants à Erevan, en Arménie. Les politiques progressistes en matière d’éducation inclusive et les campagnes de lutte contre la discrimination ont eu des effets positifs sur la vie des enfants handicapés.

Zarko Obradovic, le Ministre de l’éducation, des sciences et du développement technologique en Serbie, a affirmé : « Nous avons fait en sorte que tous les enfants puissent aller à l’école et nous avons créé et conçu des programmes personnalisés pour chaque élève ». 

Il a détaillé des innovations telles que le Réseau d’éducation inclusive. Le gouvernement, les enseignants, les psychologues scolaires, les pédagogues et les groupes de la société civile travaillent avec le Dispositif national de suivi qui suit les progrès en matière de réduction des inégalités dans l’éducation.

Près de 15 000 enseignants, soit un cinquième du total, ont maintenant été formés. Un tiers des écoles primaires serbes ont accru leur nombre d’élèves handicapés en CP en 2010.

Vesna Vucurovic, Ministre adjoint de l’éducation et des sports au Monténégro, a affirmé : « Nous avons effectué un travail de sensibilisation afin que tout le monde comprenne que l’éducation des enfants ayant des besoins spéciaux est essentielle pour leur développement futur ».

Dans ce pays, une campagne de sensibilisation de trois ans a permis d’atteindre 80 pour cent de la population. Parmi les personnes interrogées, une personne sur quatre affirme avoir changé de comportement et être plus tolérante quant à l’intégration des enfants handicapés dans les écoles ordinaires et la société.

L’Arménie a mis l’accent sur l’importance du passage stratégique d’un travail au niveau des écoles à un effort global en matière de politiques. « Le processus a débuté dans les écoles. Il était lent. Le ministère a réalisé qu’il fallait passer à l’échelle supérieure », explique Karine Harutyunyan, Ministre adjoint de l’éducation et des sciences en Arménie.

Elle a fait part des changements apportés au programme, désormais plus inclusif, et de la création d’un conseil spécial chargé de l’évaluation des besoins éducatifs des enfants handicapés.

L’UNICEF continue d’appeler les autres gouvernements et donateurs à appuyer les politiques en faveur du droit de tous les enfants à une éducation de qualité.

« Quand autant d’enfants que possible accèdent à une éducation de qualité, c’est bon pour la société puisque l’on enrichit la société en même temps » a affirmé le Président du Conseil d’administration de l’UNICEF et Représentant permanent de la Finlande auprès des Nations Unies, son Excellence M. Jarmo Viinanen.


 

 

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