En bref : Niger

Une campagne en faveur de l’allaitement maternel exclusif fait de gros progrès dans le Niger rural

Par Bob Coen

La Semaine mondiale de l'allaitement maternel de cette année, du 1er au 7 août, met l'accent sur le rôle des professionnels de la santé. Voici une histoire dans une série consacrée à ce sujet.

GIDAN NAWA, Niger, 6 août 2010 – Ce village poussiéreux du Niger est le théâtre d’une révolution tranquille. Vous pouvez voir partout – dans les cours des logements familiaux, sous le grand arbre de la place du village, même près du puits où elles viennent chercher l’eau – des femmes en train d’allaiter leurs enfants.

VIDÉO (en anglais) : Le correspondant de l’UNICEF, Bob Coen, évoque le travail en cours au Niger en faveur de l’allaitement maternel exclusif.

 

Là où auparavant on donnait aux nourrissons de l’eau, des jus ou des mélanges à base d’herbes, il y a de plus en plus de femmes qui décident à présent d’allaiter exclusivement au sein leurs enfants pendant les six premiers mois.

Des enfants en meilleure santé

Akuma Yaduza, une mère de six enfants, n’a pas nourri exclusivement au sein ses cinq premiers enfants. C’est la première fois qu’elle essaye l’allaitement maternel exclusif.

« Ma voisine l’a fait avec son enfant, j’ai donc décidé d’essayer aussi, » a dit Mme Yaduza, tout en allaitant son fils de sept mois, Aba. « J’ai remarqué une grosse différence, » a-t-elle ajouté. « Il n’a jamais été malade et je n’ai jamais eu à l’amener au dispensaire. Pas de diarrhée, pas de vomissement. Absolument rien. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Au Niger, davantage de mères décident d’allaiter exclusivement au sein leurs enfants pendant les six premiers mois, ce qui améliore de façon spectaculaire les chances de survie du bébé.

Mme Yaduza et toutes les mères de ce village ont été encouragées à pratiquer l’allaitement maternel exclusif dans le cadre d’une campagne organisée par l’UNICEF et ses partenaires. D’un bout à l’autre du Niger, des agents de santé et des sages-femmes dans les dispensaires ruraux, ainsi que des militants communautaires dans les villages, aident à apprendre aux mères les avantages de l’allaitement maternel.

« Il protège l’enfant contre bien des dangers auxquels sont exposés un nourrisson et un jeune enfant dans un pays comme le Niger, où on se heurte à de si graves problèmes avec la diarrhée, le manque d’eau potable et la pauvreté générale, » a déclaré le Chef de la santé de l’UNICEF, Mickey Chopra, ajoutant que, parmi les taux de mortalité chez les jeunes enfants les plus élevés dans le monde, le Niger occupait la 13e place. « Par conséquent, » a observé M. Chopra, « l’allaitement maternel exclusif est probablement aussi important ici que partout ailleurs dans le monde – le fait que le [lait maternel] soit lui-même un antibiotique n’étant pas le moindre de ses avantages. »

Une situation d’urgence alimentaire permanente

Le colostrome, le premier lait qu’une femme sécrète immédiatement après l’accouchement, contient une grande quantité d’anticorps, qui aident le nourrisson à lutter contre les maladies. La prévention de la maladie et le renforcement du système immunitaire de l’enfant constituent des priorités urgentes au Niger, où la situation d’urgence alimentaire permanente menace cette année près de 400 000 enfants d’une malnutrition aiguë sévère.

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Akuma Yaduza avec son fils de sept mois, Aba, qui a bénéficié d’un allaitement maternel exclusif.

« Il a été prouvé scientifiquement que l’allaitement maternel exclusif pouvait réduire la mortalité infantile d’un taux allant jusqu’à 13 pour cent », a dit le représentant au Niger de l’UNICEF, le Dr Guido Cornale. Mais pour parvenir à ces résultats et faire encore mieux, il est important d’accélérer l’adoption de stratégies et de normes nationales relatives à l’alimentation et aux jeunes enfants, y compris la loi sur la commercialisation des substituts du lait maternel.

En dépit des grands progrès réalisés dans bon nombre de villages, moins de 15 pour cent des bébés nigériens de moins de 6 mois bénéficient exclusivement de l’allaitement maternel. Afin d’améliorer ce chiffre, l’UNICEF et le ministère de la Santé publique ont lancé une nouvelle campagne nationale qui coïncide avec la Semaine mondiale de l’allaitement maternel de cette année.

Cette campagne de trois ans comprend des ateliers multimédias, des entrevues et des débats à la radio et à la télévision, des films, des productions théâtrales et même une chanson écrite à cette occasion. L’objectif est de faire en sorte qu’on donne à chaque enfant au Niger ces bases simples et essentielles pour être en bonne santé dans le futur.


 

 

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