Petite enfance
Investir en faveur des jeunes enfants pour briser le cycle de la pauvreté
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| © UNICEF/HQ00-0567/LeMoyne |
| Son bébé sur le dos, une femme sourit dans un camp pour personnes déplacées situé près de la ville de Keren, à 90 km au nord-ouest d'Asmara (Érythrée). |
Les filles et les garçons des familles pauvres sont ceux qui souffrent le plus de handicaps physiques, de difficultés d'apprentissage et de problèmes dont l'origine remonte à la petite enfance.
Les bébés et les enfants de moins de cinq ans des familles pauvres courent non seulement des risques plus élevés de mourir, mais ceux qui survivent sont très souvent victimes de malnutrition, de maladies, de retards de croissance, de mauvais traitements et de négligence. Du fait que les parents pauvres sont généralement moins instruits et n'ont pas accès à des services sociaux de qualité, leurs enfants sont mal préparés à entrer à l'école et y réussissent moins bien. Par conséquent, un engrenage intergénérationnel de pauvreté et d'inégalité se perpétue - à une échelle massive dans le monde, puisque 2,8 milliards de personnes sont pauvres, vivant avec moins de 2 dollars par jour, et que 1 milliard d'entre elles vivent dans la pauvreté absolue avec moins de 1 dollar par jour.
La condition nécessaire pour briser ce double engrenage de pauvreté et d'inégalité est de garantir à tous les enfants pauvres un bon départ dans la vie - afin qu'ils puissent échapper à la pauvreté, à un travail mal payé et à toutes les autres failles du système d'aide sociale. Des preuves tangibles montrent que les enfants des familles et des communautés les plus pauvres et les plus désavantagées - comme les enfants les plus désavantagés et exclus vivant sans famille - sont ceux qui bénéficient le plus d'un bon départ dans la vie. Les interventions précoces réduisent les disparités et aident surtout les plus pauvres.
De la même façon, en raison de préjugés sexistes profondément enracinés dans de nombreuses régions, les filles sont moins bien protégées que les garçons pendant la petite enfance. Elles reçoivent, par exemple, une alimentation et des soins de santé de moindre qualité. (Selon les estimations, il y aurait de 60 à 100 millions de femmes en moins dans le monde en raison de la discrimination sexiste et de la préférence marquée des sociétés pour les garçons.)
Cette discrimination continue souvent à l'adolescence et à l'âge adulte, où des pratiques telles que le mariage précoce ou la mauvaise qualité des soins de santé entraînent des taux élevés de mortalité maternelle. Les conséquences sont doublement tragiques car les chances d'un jeune enfant de survivre et de se développer en bonne santé diminuent considérablement lorsqu'il est privé des soins de sa mère. Cela perpétue le cycle de mortalité infantile et de perte de potentiel de croissance durant la petite enfance. Et pour chaque femme qui meurt, une trentaine sont atteintes de problèmes graves et débilitants qui limitent souvent leur capacité à s'occuper de leurs enfants.
Pour briser l'engrenage des inégalités dont souffrent les filles et les femmes, il faut commencer par garantir à chaque fillette un bon départ dans la vie. Les filles bénéficient tout particulièrement des interventions précoces qui stimulent leur développement physique, cognitif et psychologique, notamment dans les sociétés où la discrimination à leur égard est forte. Au Népal, par exemple, les enfants des familles désavantagées qui ont suivi un programme préscolaire non conventionnel ont vu leurs chances d'aller à l'école augmenter de 20 % par rapport aux enfants qui ne l'avaient pas fait. Mais pour les filles, le résultat a été encore plus net - la probabilité qu'elles aillent à l'école a augmenté de 36 pour cent.
La petite enfance
Les enfants régulièrement stimulés par leurs parents et tuteurs et qui sont entourés d'affection seront mieux nourris et en meilleure santé que les enfants qui ne bénéficient pas de tels soins.
L'affection et l'éveil à un très jeune âge contribuent à la formation des voies neurologiques qui favorisent l'apprentissage, une meilleure santé et un comportement équilibré durant toute la vie. En particulier, l'affection et l'éveil précoces à l'âge où le cerveau se développe ont un effet bénéfique sur le système immunitaire et les mécanismes de contrôle du stress.
Lorsque sa santé et son statut nutritionnel s'améliorent, un enfant dispose d'une énergie accrue qui lui permet de mieux apprendre.
Les interventions en faveur de la santé et de la nutrition, comme la prévention des troubles dus à la carence en iode et de l'anémie ferriprive, ont des conséquences positives sur le développement du cerveau d'un enfant, et donc, sur son apprentissage et son développement social et émotionnel.
De même, il est prouvé que la violence et la négligence dont souffrent un bébé ou un jeune enfant ont des effets nuisibles sur la composition chimique de son cerveau et la façon dont il se structure.















