Zimbabwe

Appel pour une action accélérée : l’ONU et le gouvernement du Zimbabwe ont rendu public les résultats de l’enquête nutritionnelle

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Crebby Zuisasu prépare un repas pour son fils et les deux enfants de sa soeur, dans leur maison à Harare, capitale du Zimbabwe. La famille n’a pas les moyens de se payer plus d’un repas par jour.

HARARE, Zimbabwe, 30 juillet 2010 – Le gouvernement du Zimbabwe, les Nations Unies et le Conseil de l’alimentation et la nutrition du Zimbabwe (FNC) ont rendu public de nouvelles données sur le statut nutritionnel des enfants au Zimbabwe et ont révélé que plus d’un tiers des enfants du pays de moins de cinq ans souffraient de malnutrition chronique, et par conséquent de retard de croissance.

Lors du compte-rendu officiel des résultats de l’enquête nutritionnelle nationale au Zimbabwe, le Premier ministre Morgan Tsvangirai  a expliqué que la production alimentaire actuelle demeurait trop faible pour subvenir aux besoins nationaux. Des années de sécheresse continues et le ralentissement économique actuel au Zimbabwe ont eu des répercussions négatives sur l’approvisionnement alimentaire dans de nombreux foyers du pays.

Révélation des tendances

M. Tsvangirai a lui aussi souligné l’importance d’un appel pour une action accélérée dans le but d’inverser la tendance de la dénutrition chronique au Zimbabwe. Il a aussi parlé du besoin de maintenir à leurs bas niveaux les taux de malnutrition sévère aigüe, comme l’indique le rapport.

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Les délégués assistent au compte-rendu des résultats de l’enquête nutritionnelle nationale au Zimbabwe.

 « En tant que gouvernement, nous nous sommes mis d’accord pour donner la priorité à la nutrition au niveau national et sous-national car elle est essentielle au développement humain, social et économique, a déclaré le Premier ministre. Une malnutrition chronique constante, cela signifie que le Zimbabwe a peu de chances d’atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) numéro un des Nations Unies : réduire de moitié la pauvreté et la faim. »

L’enquête nutritionnelle nationale, qui a été réalisée en janvier 2010, a révélé le problème de plus en plus grave de la malnutrition chronique, ce qui pose des défis pour le Zimbabwe sur le long terme au niveau de la survie et du développement des enfants. L’enquête montre également un effondrement du taux d’allaitement maternel exclusif.

Cependant, les taux stables et relativement bas de la malnutrition sévère aigüe révélés par l’enquête ont été obtenus grâce aux programmes de sécurité alimentaire soutenus par la communauté internationale et aux mécanismes d’adaptation des habitants du Zimbabwe.

Des milliers d’enfants sont menacés

En réponse aux résultats de l’enquête, le représentant de l’UNICEF au Zimbabwe, le Dr. Peter Salama, a déclaré que le rapport montrait également que l’âge au cours duquel les enfants étaient les plus vulnérables à la malnutrition et aux infections était situé entre la période prénatale et les 24 premiers mois. Il a estimé que cette période présentait une occasion unique d’intervenir.

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Discours du Premier ministre du Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, lors du compte-rendu des résultats de l’enquête nutritionnelle nationale.

« Les données résultant de l’enquête fournissent des preuves irréfutables de la magnitude du problème de la malnutrition au Zimbabwe, » explique le Dr. Salama. « Des niveaux aussi élevés de malnutrition sont inacceptables. C’est le signe que nous avons non seulement relevé le défi d’atteindre nos objectifs de développement, mais aussi que ces niveaux vont ralentir la croissance économique. »

D’après les données de l’enquête, la prévalence générale de la malnutrition sévère aigüe est relativement basse dans tout le pays pour les enfants de moins de cinq ans (2,1 pour cent) ; cependant, les chiffres doublent parmi les bébés âgés de 6 à 18 mois. Cela suggère l’existence de problèmes inhérents aux pratiques alimentaires des nourrissons, notamment le manque d’accès à des aliments appropriés.

Les taux de malnutrition sévère aigüe présentés dans l’enquête nutritionnelle nationale montrent que des milliers d’enfants souffrant de malnutrition sévère risquent de mourir au Zimbabwe.

De plus, l’enquête a montré que seulement 8 pour cent des enfants de moins de deux ans recevaient le minimum nécessaire d’aliments complémentaires en termes de qualité et de diversité. Un grand nombre d’enfants au Zimbabwe vivent dans des ménages n’ayant aucun accès à l’eau potable et à des établissements d’assainissement améliorés, et peu d’accès à des services sanitaires et nutritionnels.

Donner la priorité à la nutrition

L’enquête nutritionnelle nationale du Zimbabwe, réalisée sur un échantillon de près de 40 000 personnes, a été conçue pour fournir des informations sur le statut de la nutrition au gouvernement et ses partenaires de développement, afin d’identifier les domaines de priorité et la prise de décision aux niveaux national et sous-national. Cette enquête est soutenue par le Ministère du développement international du Royaume-Uni, avec la collaboration de plusieurs partenaires, notamment l’Agence suédoise de développement international, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM), Hellen Keller International et la société civile. Elle permettra d’évaluer les progrès de la mise en place des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) au Zimbabwe.

« Il est grand temps que le FNC, l’organe coordinateur de l’analyse alimentaire et nutritionnelle et responsable des actions au Zimbabwe, reçoive un soutien pour revigorer ses politiques et ses actions multipartites, a déclaré George Kembo, le Directeur par intérim du FNC. Nous devons continuer à placer la nutrition au centre de nos actions de développement et orienter ces actions en fonction des résultats obtenus. »

Lors du compte-rendu des résultats, le gouvernement du Zimbabwe, les Nations Unies et ses partenaires ont lancé un appel à l’action, soulignant les interventions nécessaires pour lutter contre la malnutrition. L’une des actions clés est la promotion de l’allaitement maternel exclusif au cours des six premiers mois de vie et la poursuite de l’allaitement accompagnée d’une alimentation sûre, adéquate et complémentaire.


 

 

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