Mozambique

Au Mozambique, l'UNICEF et ses partenaires se concentrent sur la prévention des abus sexuels sur les filles

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© UNICEF/NYHQ2010-1818/Noorani
Malgré la politique de tolérance zéro du Ministère de l'éducation envers les abus sexuels sur les enfants dans les écoles, Linda* a été provisoirement exclue de ses classes alors qu'aucune mesure n'a été prise contre son professeur.

Par Arild Drivdal

MAPUTO, Mozambique, 19 octobre 2011 – Quand Linda*, 16 ans, avait conclu un accord avec son professeur, un homme de quarante ans très respecté, pour échanger des rapports sexuels contre des bonnes notes, elle n'avait pas compris le caractère intrinsèquement abusif de la relation.

À la suite de ces abus sexuels répétés, elle est devenue enceinte et a donné naissance l'année dernière à une fillette.

La victime est punie

Malgré la politique de tolérance zéro du Ministère de l'éducation envers les abus sexuels sur les enfants, Linda a provisoirement été exclue de l’école tandis qu'aucune mesure n'a été prise contre son professeur.

Malheureusement, ce cas n'est pas unique. L'approbation tacite qui permet aux abus sexuels de se poursuivre rend difficile l'application des politiques en place. Alors que l'auteur des sévices continue de travailler comme auparavant, c'est la victime qui a été punie, l'opposé de ce que la législation et les politiques instaurées ont pour intention. 

Le Gouvernement du Mozambique et ses partenaires ont fait preuve d'un engagement important pour améliorer l'environnement protecteur des enfants et des femmes mais, comme le montre le cas de Linda, un plus grand travail doit être fait pour les lois et les politiques soient menées à terme et appliquées. 

Se concentrer sur la prévention

UNICEF Mozambique se concentre actuellement sur la prévention des sévices sexuels et de l'exploitation, encourageant une démarche d'ensemble pour modifier les normes sociales dominantes concernant la violence contre les enfants. Menées par le Ministère de l'éducation avec l'appui de l'UNICEF, les opérations de prévention ont entraîné le développement d'une stratégie de communication globale de la part du Gouvernement.

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L'approbation tacite qui permet aux sévices sexuels de se poursuivre rend difficile l'application des politiques qui sont en place.

Les initiatives de Communication pour le développement (C4D) et de défense ont été encouragées au plan national par le biais d'une série d'opérations visant à influencer les normes et les comportements sociaux et à promouvoir une culture de tolérance zéro contre la violence. Les actions portent sur la prévention des abus sexuels commis à l'encontre des filles.

Cette stratégie sert de cadre à la campagne médiatique nationale actuelle sur la « tolérance zéro envers les sévices sexuels à l'encontre des enfants » lancée en juin par le Ministère de l'éducation. La campagne a pour but de mieux sensibiliser le public au problème et d'inciter à des changements de normes de société et de comportements. Pour réaliser cela, la stratégie prône une approche à circuits et à niveaux multiples servant de support à l'autonomisation des enfants, des jeunes, des familles, des communautés et des prestataires de services avec les connaissances, les mentalités et les comportements requis pour remplacer une culture du silence par une culture de la tolérance zéro.      

Briser le silence

Des partenariats avec des personnalités influentes pour accroître la sensibilité aux droits des enfants par le biais des grands médias seront essentiels à cette opération de tolérance zéro. Actuellement, des matériaux pour l'Information, l'éducation et la communication (IEC) sont en cours de développement pour appuyer la campagne. Ceux-ci comprennent des messages d'intérêt public, des annonces à la télévision et à la radio qui ont été préparés avec la participation de personnalités influentes comme l'ex-Président Joaquim Chissano, l'ex-Premier ministre Luisa Diogo et deux artistes célèbres, Stewart Sukuma et Mingas.  
Des radios nationales diffusent actuellement les annonces et les messages de la campagne, en particulier le Réseau des radios communautaires, le Forum national de la radio communautaire (FORCOM) et Radio Mozambique (RM) qui offrent généralement des informations sur les problèmes sociaux et encouragent les comportements positifs à travers des débats et la participation des familles et des enfants.

La campagne a été mise en place en coordination avec les partenaires du Gouvernement, de la société civile, des organisations religieuses et du secteur privé.

*Son nom a été modifié afin de protéger son identité
 


 

 

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