Madagascar

Distribution de Plumpy'doz pour lutter contre la malnutrition dans des zones reculées du sud de Madagascar

Image de l'UNICEF
© UNICEF Madagascar/2011/Corbett
Dans le sud de Madagascar, l’agent de santé de communauté Francoise Soamaniry mesure le tour de bras de Fairson, qui est âgé d’un an. Le tour de bras est un indicateur de la situation nutritionnelle de l’enfant.

Par Christine Corbett

ITAMPOLO, Madagascar, 14 octobre 2011 – Il est 7h30 du matin, dans le village d’Itampolo, sur la côte sud-ouest de Madagascar, une zone reculée. Devant le dispensaire du village, Tilda Rainivomalala, 35 ans, se trouve dans un groupe de femmes et d’enfants qui attendent à l’ombre d’un manguier. Elle est la mère de 10 enfants, et elle a amené aujourd’hui au dispensaire Mahatratse, 1 an, et Momoni, 4 ans, afin qu’on examine leur situation nutritionnelle.

« Au village, l’agent sanitaire de la communauté nous a parlé du dépistage », précise Tilda Rainivomalala. « Je suis venue, car je veux en savoir davantage sur la santé de mes enfants ».

La malnutrition constitue un défi permanent pour Madagascar, qui se situe au sixième rang dans le monde parmi les pays ayant les plus mauvais taux de malnutrition, avec 50 pour cent d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’un retard de croissance.

Dans le Sud semi-aride, où des pluies ou des inondations imprévisibles affectent les récoltes, la situation est marquée par des pics répétés de malnutrition aiguë, en particulier durant la période annuelle de soudure pendant laquelle les vivres se font rares.

La prévention de la malnutrition

Au dispensaire d’Itampolo, près de 600 enfants devraient être contrôlés dans le cadre d’une campagne de distribution de Plumpy’doz bénéficiant de l’appui de l’UNICEF. Cette campagne vise 20 000 enfants du sud du pays, parmi les plus vulnérables.

Les enfants présentant des signes de malnutrition vont recevoir une thérapie supplémentaire. Ceux âgés de 6 à 36 mois qui ne présentent pas encore de signes de malnutrition seront inclus dans un programme de soins leur permettant de recevoir des rations de Plumpy’doz – un complément alimentaire riche en vitamines et éléments minéraux conçu pour prévenir la malnutrition chez les enfants.

« Avant qu’un enfant ne commence à présenter des signes de malnutrition, il existera déjà des carences significatives en vitamines et éléments minéraux dans leur alimentation », explique le Dr Leonide Rasoahenikaja, nutritionniste de l’UNICEF. « Le Plumpy’doz fournit ces vitamines et éléments minéraux, et peut donc prévenir la malnutrition chez l’enfant. Utilisé en tant que complément alimentaire, le Plumpy’doz complète les apports nutritionnels et aide l’enfant à grandir et à développer une immunité contre les maladies ».

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© UNICEF Madagascar/2011/Corbett
Dans le sud de Madagascar, l’agent de santé de communauté Francoise Soamaniry mesure le tour de bras de Fairson, qui est âgé d’un an. Le tour de bras est un indicateur de la situation nutritionnelle de l’enfant.

Des soins prodigués aux plus vulnérables

Pour Voatiana Vaha, une mère de six enfants, âgée de 32 ans, c’est une occasion primordiale d’obtenir de tels soins pour ses enfants. « Ici, notre plus gros problème est le manque d’argent. Je n’ai pas de terres à cultiver, et je dois donc trouver de l’argent par d’autres moyens », explique Voatiana Vaha.

« J’achète du poisson chez les pêcheurs et je le revends à d’autres acheteurs », ajoute-t-elle. « Lorsque la mer est calme, je peux gagner un peu d’argent, mais lorsqu’elle est agitée, les pêcheurs ne sortent pas, je n’ai rien à vendre et je ne peux pas acheter assez de nourriture pour ma famille ».

Dans le Sud de Madagascar, c’est un défi d’atteindre les communautés isolées par la distance et le manque de routes. Mais pour réduire les taux de malnutrition élevés du pays, l’UNICEF cible les enfants les plus vulnérables dans ces zones difficiles d’accès.

En luttant contre l’insécurité alimentaire, en améliorant l’approvisionnement en eau et l’assainissement, et en soutenant les services de santé, l’UNICEF œuvre pour empêcher la situation nutritionnelle d’empirer. La campagne de distribution Plumpy’doz s’inscrit dans cette stratégie plus large de réduction des taux de malnutrition. 

Il faut assurer plus de soutien

L’identification précoce des enfants souffrant de malnutrition constitue un aspect clé de ce travail. En avril, dans le sud de Madagascar, l’UNICEF a travaillé avec ses partenaires pour contrôler 260 000 enfants, dans le cadre d’un effort destiné à assurer la détection précoce et une thérapie efficace de la malnutrition aiguë sévère.

Toutefois, l’instabilité politique et le déclin économique actuels que connaît Madagascar font qu’un bon nombre de centres alimentaires manquent de plus en plus de personnel qualifié, ainsi que des aliments et du lait thérapeutiques utilisés pour traiter la malnutrition – ce qui rend le travail de l’UNICEF indispensable.

« L’UNICEF lance un appel pour davantage de soutien de la part de la communauté internationale », dit Bruno Maes, le représentant de l’UNICEF à Madagascar, « afin d’assurer la poursuite de ce programme essentiel pour la survie et le développement des enfants dans un contexte où la crise socio-politique a de graves conséquences sur le fonctionnement du système de santé ».


 

 

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