Lesotho

Au Lesotho, parvenir à atteindre toutes les femmes enceintes avec des services de santé afin d’éliminer les infections pédiatriques au VIH

Image de l'UNICEF
© UNICEF Lesotho/2011/Mohale
Pregnant women participate in the launch of the 'Mafao' programme in Lesotho. 'Mofao', also known as 'Mother-Baby Packs', are packages of antibiotics and other health supplies needed to keep mothers and their babies healthy.

Par Malume Mohale

PHELINDABA, Lesotho, 30 mai 2012 - Thato* et son mari Thabang Peli* vivent tous deux avec le VIH. Ils sont en bonne santé grâce à la thérapie antirétrovirale qu’ils prennent régulièrement. Et grâce aux thérapies préventives, leurs deux fils, âgés respectivement de 5 ans et de 9 mois, sont nés séronégatifs

Soutien aux femmes enceintes vivant avec le VIH

Quand Thato était enceinte de son premier enfant, sa belle-mère, Mathabang Peli*, a insisté pour qu’elle aille à la clinique anténatale. C’est pendant une consultation anténatale, sa belle-mère à ses côtés, qu’elle a appris sa séropositivité au VIH.

« J’accompagne tout le temps ma belle-fille à la clinique et m’assoie avec elle quand les infirmières donnent leurs consultations pour la mère et l’enfant », explique Mathabang Peli.

Thato a commencé un cours sur les médications et les services conçu pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant du VIH (PTME). Mathabang Peli  l’a soutenue, s’assurant qu’elle prenait ses médicaments à temps. « Je sais que si elle  donne naissance à des enfants en bonne santé la lignée de notre famille sera préservée »,  explique-t-elle.

Les grossesses de Thato ont également été facilitées par Matlohang Qhobela, une agente de santé communautaire qui travaille pour Mothers2Mothers, une ONG qui assiste les mères séropositives. Matlohang Qhobela  est responsable de l’organisation des groupes de travail chargés d’enseigner aux femmes enceintes vivant avec le VIH des connaissances vitales importantes, comme savoir si et comment annoncer leur statut sérologique  à leurs partenaires et à leurs familles.

« Il y a des cas où les femmes parfois doivent cacher leur séropositivité et leurs médicaments à leurs partenaires et à leurs familles de peur d’être perçues négativement », raconte Matlohang Qhobela.

Réduire la transmission de la mère à l’enfant

Au Lesotho, la transmission de la mère à l’enfant est la seconde transmission la plus commune après les rapports sexuels hétérosexuels. Une enquête sentinelle menée en 2009 au Lesotho a révélé qu’environ 27,7 pour cent des femmes enceintes qui viennent en consultation anténatale en clinique sont déjà infectées au VIH. Selon le Ministère de la santé et du bien-être social, sur les 55 000 nourrissons qui naissent chaque année au Lesotho, 15 235 sont nés de mère séropositive, et en l’absence de toute intervention pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant, on estime que chaque année 6094 nouvelles infections pédiatriques au VIH se produiront.

Comme Thato, beaucoup de femmes du Lesotho ont appris pour la première fois leur statut sérologique pendant la grossesse, ce qui traduit un manque total de connaissances sur le VIH et un faible usage des services de dépistage. Pour répondre é cette situation, les stratégies de santé publique au Lesotho sont centrées sur l’amélioration de la santé des femmes enceintes séropositives et la réduction de la transmission du virus à leurs enfants pendant la grossesse, le travail, l’accouchement et l’allaitement. Ces services fournissent également une occasion de mettre en oeuvre des approches intégrées hautement qualitatives et centrées sur la famille pour la prévention et le traitement du VIH/SIDA, qui se concentrent non seulement sur la mère mais aussi sur l’enfant et l’ensemble de la famille.

Des soins pour toutes les femmes enceintes

Une telle approche est contenue dans les « Mofao », également connues sous le nom de trousses pour la mère et l’enfant, qui sont constituées d’autres fournitures médicales nécessaires pour garder les mères et leurs bébés en bonne santé. Les femmes qui reçoivent cette trousse quittent la clinique avec des instructions claires sur quel médicament prendre et quand, ainsi que sur lesquels donner à leur enfant après la naissance. C’est grâce à la « Mofao » que les mères comme Thato ont pu préserver leur enfant du virus du VIH.

 Avec le soutien de l’UNICEF, la trousse a été récemment améliorée afin d’aider toutes les femmes enceintes sans considération de leur statut sérologique. Les traitements sont maintenant contenus dans des boites d’emballage de trois couleurs différentes, et sont distribuées à toutes les femmes enceintes qui viennent en consultation  anténatale dans les cliniques du pays. Les femmes enceintes positives au VIH reçoivent la trousse  qui contient les traitements antirétroviraux, tandis que les femmes enceintes séronégatives reçoivent la trousse contenant des micronutriments et des tablettes de vitamine A. Depuis janvier 2011, environ 40 000 trousses « Mofao » ont été distribuées dans les établissement de santé publique qui fournissent  des services de PTME.

Selon la responsable de la santé de l’UNICEF, Blandinah Motaung, les trousses « Mofao » sont particulièrement essentielles aux femmes qui ont des difficultés pour revenir en consultation anténatale à la clinique. La première visite est la période la plus importante pour des interventions de PTME appropriées. Avec 91,8 pour cent de femmes qui viennent au moins une fois en consultation anténatale, tandis que 71 pour cent viennent au moins quatre fois, la trousse « Mofao » est une stratégie qui met les médicaments de la PTME à la portée d’un plus grand nombre de mères, même à celles qui sont désavantagées par la difficulté du terrain ou qui vivent dans des zones difficiles d’accès », explique Blandinah Motaung.

*Les noms ont été changés pour protéger les identités


 

 

Campagne contre le SIDA

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